Retraite et expatriation
Prendre sa retraite à Anguilla quand on est français : séjour, fiscalité de la pension et santé
L’essentiel
Les pages officielles lues ne décrivent aucun visa retraité à Anguilla : un Français y entre sans visa selon le portail des visas du gouvernement, puis un séjour durable passe par le statut de belonger (quinze années de résidence) ou par le programme de résidence par investissement, qui commence à 150 000 dollars américains. Aucune convention fiscale ni de sécurité sociale ne lie la France et le territoire : la pension française reste imposable en France selon le droit interne, par retenue à la source pour un non-résident. Il n'existe pas de formulaire S1 ; la santé repose sur la CFE (offre retraités) ou sur une assurance privée avec évacuation, aucun régime public d'assurance maladie obligatoire n'ayant été identifié.
- Statut de belonger par la résidence : quinze années de séjour, 200 EC$ de frais de dossier (environ 66 €).
- Résidence par investissement : à partir de 150 000 dollars américains (environ 133 750 €) pour un demandeur seul, sans obligation de présence (portail Select Anguilla).
- Pension de vieillesse locale à 65 ans avec 500 semaines de cotisations, pension minimale de 165 dollars par semaine (Social Security Board).
- Retenue à la source sur une pension française de non-résident : abattement de 10 %, puis 0 %, 12 % et 20 % selon des tranches de revenu fixées chaque année (impots.gouv.fr).
- Taux minimum d'imposition d'un non-résident : 20 % jusqu'à 29 579 € de revenu net imposable, 30 % au-delà, sauf taux moyen plus favorable.
- Offre retraités de la CFE : cotisation selon le pays et l'âge, sans questionnaire de santé, pour les titulaires d'une pension du régime de base français.
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Droit de séjour du retraité
Les pages officielles consultées (Département de l’immigration, portail des visas, office du tourisme) ne décrivent ni visa ni titre de séjour propre aux retraités. Un Français est classé « visa non requis » par le portail des visas du gouvernement à la date de consultation ; l’office du tourisme exige un passeport valable au-delà du départ et des billets de retour ou de continuation. La durée de séjour d’un visiteur n’a pas été lue : une prolongation se demande avec le formulaire 1-1 (150 EC$, soit environ 50 €, tarif indiqué sur la page officielle), et le visiteur quitte l’île à l’expiration de la période prolongée. Pour un projet de résidence, le Département de l’immigration (264 497 3994, immigration@gov.ai) est l’interlocuteur.
Trois voies d’installation durable ressortent des sources lues. Le statut de belonger s’obtient par filiation, par cinq années de mariage avec un belonger ou par quinze années de résidence ; la dernière voie demande un affidavit notarié sur le temps passé à Anguilla, deux témoignages, un casier judiciaire, un certificat de santé et des justificatifs d’activité. Le resident stamp s’adresse aux personnes mariées à un Anguillais ou à un belonger. Le programme de résidence par investissement, présenté sur le portail Select Anguilla lié depuis le site du gouvernement, prévoit un droit de résider pour 150 000 dollars américains versés à un fonds de développement, plus 50 000 dollars par personne à charge, ou pour un investissement immobilier de 750 000 dollars pour une famille de quatre personnes ; des frais de vérification de 7 500 dollars par adulte et des frais de traitement s’y ajoutent, et l’approbation est annoncée en trois mois. Le conjoint et les enfants jusqu’à 26 ans en études à temps plein peuvent être inclus.
Le portail présente aussi un statut fiscal de « High Value Resident » (75 000 dollars américains par an, un bien d’au moins 400 000 dollars, 45 jours de présence au minimum) réservé à des personnes prêtes à ne plus être résidentes fiscales ailleurs. Ces programmes relèvent d’un choix patrimonial important : les conditions détaillées se vérifient auprès de l’organisme officiel avant tout engagement.
Fiscalité de la pension française sans convention
La liste BOFiP des conventions fiscales en vigueur ne comprend pas Anguilla, et l’entrée consacrée au Royaume-Uni ne mentionne aucune extension à un territoire. La liste BOFiP des accords d’échange de renseignements en matière fiscale mentionne un accord du 30 décembre 2010, entré en vigueur le 15 décembre 2011, relatif à l’échange de renseignements ; il ne remplace pas une convention de non-double imposition. Le domicile fiscal reste défini par l’article 4 B du CGI (foyer ou lieu de séjour principal, activité professionnelle, centre des intérêts économiques) ; un seul critère suffit à être domicilié en France.
Pour un retraité devenu non-résident, impots.gouv.fr indique que les revenus de source française sont imposables en France, sous réserve de la convention conclue avec l’État de résidence, et que les retraites sont de source française lorsque la caisse de retraite est établie en France. Aucune convention n’existant ici, aucun texte lu ne limite cette imposition. La caisse de retraite applique une retenue à la source : après un abattement de 10 %, selon un barème de 0 %, 12 % et 20 % dont les tranches sont révisées chaque année ; les deux premières tranches sont libératoires et la retenue à 20 % s’impute sur l’impôt. La pension se déclare chaque année en ligne. Sans l’option du taux moyen, l’impôt d’un non-résident ne peut être inférieur à 20 % jusqu’à 29 579 € de revenu net imposable, puis à 30 % ; le taux moyen s’applique si le taux de l’impôt calculé sur le revenu mondial est plus favorable. Les seuils changent chaque année.
Côté local, la liste des impôts de l’Inland Revenue Department ne comprend aucun impôt sur le revenu des personnes physiques (GST, Universal Social Levy, taxe foncière, taxe sur l’hébergement, licences) ; la situation individuelle se confirme auprès de l’IRD (264 497 8334). L’administration française rappelle de vérifier aussi les obligations du pays de résidence, qui peut exiger la déclaration de l’ensemble des revenus. Un retraité qui n’est plus résident fiscal en France ne paie ni CSG, ni CRDS, ni Casa, selon le CLEISS ; une cotisation d’assurance maladie reste retenue sur les pensions des personnes rattachées à un régime français.
Pour percevoir sa pension à l’étranger, le guide toucher sa retraite à l’étranger détaille les démarches.
Accès aux soins du retraité : pas de S1, deux voies principales
Le formulaire S1 existe pour les pays de l’Union européenne et assimilés ; Anguilla n’en fait pas partie, et le CLEISS ne recense aucune convention. Le CLEISS indique qu’il appartient au retraité de vérifier auprès des institutions locales dans quelle mesure le régime local prend en charge ses soins, et qu’il peut adhérer volontairement à la CFE ou souscrire une assurance privée. Aucun régime public d’assurance maladie obligatoire n’ayant été identifié dans les sources locales lues, ces deux options sont les voies usuelles. L’offre retraités de la CFE a une cotisation qui dépend du pays, de l’âge et de la situation familiale, sans questionnaire de santé : elle couvre uniquement les soins à l’étranger, et les soins en France restent pris en charge par le régime obligatoire français. Le guide assurance maladie du retraité à l’étranger et la page remboursements des soins à Anguilla détaillent les cas.
Le territoire offre des soins publics via la Health Authority of Anguilla et le Princess Alexandra Hospital, mais les cas complexes sont transférés à l’étranger (plus de 400 patients sur un an, rapport annuel de la Health Authority). Une assurance qui prend en charge l’évacuation est donc l’élément central du dispositif. Lors d’un séjour temporaire en France, la prise en charge concerne les titulaires d’une pension française justifiant d’au moins 15 ans d’assurance en France ; le conjoint qui accompagne n’est pas couvert et doit souscrire sa propre assurance, et une hospitalisation de plus d’un mois suppose une reconnaissance préalable.
Pensions locales et protection sociale du territoire
Le Social Security Board sert une pension de vieillesse à 65 ans aux assurés ayant payé 500 semaines de cotisations, avec un capital forfaitaire dès 150 semaines pour ceux qui ne remplissent pas la condition de la pension, et une pension minimale de 165 dollars par semaine (la page ne précise pas la devise). Un Français qui n’a pas cotisé à Anguilla n’en tire aucun droit, et le CLEISS précise que, sans convention, les périodes d’assurance locales ne comptent pas pour la pension française. La politique nationale de protection sociale de 2018 relève qu’il existe un régime de pension pour les fonctionnaires, mais que le secteur privé n’est pas tenu d’en établir. Le Board liste aussi une pension non contributive de vieillesse (NCOAP) dont les conditions n’ont pas été lues.
Coût de la vie et logement
Le département des statistiques publie un indice des prix trimestriel. Le discours budgétaire du gouvernement relève une baisse des prix, soutenue par la suppression de la taxe sur les biens et services (GST) sur les produits alimentaires fin 2024 puis par une réforme de cette taxe en août 2025. Les loyers, les prix de l’immobilier et le panier de dépenses d’un retraité ne sont pas publiés dans les sources consultées : ces données ne sont donc pas données ici. Le coût de l’assurance santé, déterminant pour un retraité, varie selon l’âge, l’assureur et le contrat.
Pour un propriétaire, la taxe foncière est calculée à 0,075 % de la valeur du bien, estimée par le service du cadastre et payée à l’Inland Revenue Department. Un non-belonger autorisé à louer sa villa paie un droit de 6 750 EC$ (environ 2 229 €) pour les 2 000 premiers pieds carrés. Les conversions de cette page reposent sur le cours de référence de la BCE, qui varie chaque jour, et sur la parité de 2,70 EC$ pour 1 dollar américain qui ressort d’un procès-verbal du Conseil exécutif d’Anguilla. Les chiffres du PIB et du change figurent dans le bloc « Repères économiques » ci-dessus.
Où s'installer quand on est retraité
Les sources officielles consultées ne classent pas les quartiers. Les repères viennent des services publics : The Valley concentre l’administration, la sécurité sociale et le ministère de la Santé ; les points d’entrée sont l’aéroport Clayton J. Lloyd et le terminal de ferries de Blowing Point ; chacun des six districts (West End, South Hill, Welches, East End, The Valley, North Hill) dispose d’un abri cyclonique. La proximité des soins compte pour un retraité : le Princess Alexandra Hospital est l’hôpital public de l’île et la HAA assure plus de 1 300 visites à domicile sur un an auprès de personnes âgées (rapport annuel).
Le climat est tropical, avec une température moyenne mensuelle de 80 °F (environ 27 °C) selon le gouvernement. Les conseils de France Diplomatie pour Sainte-Lucie situent en région le risque d’ouragans violents de juin à fin novembre. Le Département de la gestion des catastrophes publie la liste des abris et un guide de préparation, et la ligne d’urgence est le +1 264 497 5666. La langue des démarches est l’anglais. L’ambassade de France à Sainte-Lucie (+1 758 455 60 60) est compétente pour Anguilla ; l’inscription au registre des Français établis hors de France est valable cinq ans.
Retour définitif en France
Service-public indique qu’un adhérent CFE peut conserver certaines prestations d’expatrié pendant les trois mois qui suivent son retour, sous conditions. Un retraité qui revient s’installer en France sans activité justifie de trois mois consécutifs de résidence avant l’ouverture de ses droits à la protection universelle maladie (formulaire S1106). Voir la page retour en France.
Options de séjour durable : repères officiels
| Option | Condition principale | Frais ou repère |
|---|---|---|
| Séjour de visiteur | France : visa non requis ; passeport valable au-delà du départ ; billets de retour ou de continuation | Prolongation : formulaire 1-1, 150 EC$ (environ 50 €), tarif indiqué sur la page officielle |
| Belonger par la résidence | Quinze années de résidence ; affidavit notarié, casier judiciaire, certificat de santé | 200 EC$ (environ 66 €), non remboursables |
| Belonger par le mariage | Cinq années de mariage avec un belonger | Formulaire de demande par mariage ; frais non lus |
| Resident stamp | Être marié à un Anguillais ou à un belonger | Frais indiqués sur la page officielle : 50 à 300 EC$ selon l'étape |
| Résidence par investissement | 150 000 USD à un fonds (environ 133 750 €) ou 750 000 USD immobilier pour une famille de quatre | Vérification : 7 500 USD par adulte ; traitement : 3 000 USD pour une famille de quatre ; aucune présence obligatoire |
| High Value Resident | Paiement annuel de 75 000 USD (environ 66 875 €) ; bien d'au moins 400 000 USD | 45 jours de présence au minimum par an ; fin de la résidence fiscale ailleurs |
Sources : Département de l'immigration, portail des visas, Select Anguilla. Conversions indicatives au cours de la BCE et à la parité de 2,70 EC$ pour 1 USD.
Questions fréquentes
Existe-t-il un visa retraité à Anguilla ?
Les pages officielles lues ne décrivent aucun visa retraité. Un Français est classé « visa non requis » pour les séjours de visiteur ; un séjour durable passe par le statut de belonger (quinze années de résidence), le resident stamp (conjoint d'un belonger) ou le programme de résidence par investissement. L'immigration confirme la voie adaptée.
La pension française est-elle imposée à Anguilla ?
Aucun impôt sur le revenu des particuliers ne figure dans la liste des impôts de l'Inland Revenue Department ; la situation se confirme auprès de l'administration locale. En France, la pension d'un non-résident reste imposable : retenue à la source de 0 %, 12 % ou 20 % par tranches, ou taux minimum de 20 % puis 30 % à la déclaration, aucune convention fiscale n'existant avec Anguilla.
Le formulaire S1 est-il valable à Anguilla ?
Non. Le formulaire S1 concerne l'Union européenne et les pays assimilés. Pour un retraité, le CLEISS recommande de vérifier la prise en charge locale, d'adhérer volontairement à la CFE ou de souscrire une assurance privée.
Peut-on toucher une pension locale sans avoir travaillé à Anguilla ?
La pension de vieillesse du Social Security Board suppose 500 semaines de cotisations (150 semaines pour un capital forfaitaire) et 65 ans. Un Français qui n'a pas cotisé sur place n'y a pas droit ; les périodes locales ne comptent pas non plus pour la pension française sans convention.
Quelle est l'offre de la CFE pour les retraités ?
Cotisation variable selon le pays, l'âge et la situation familiale (montants à jour sur cfe.fr), sans questionnaire de santé, pour les titulaires d'une pension du régime de base français. Elle couvre les soins à l'étranger ; les soins en France restent pris en charge par le régime obligatoire français.
Que devient la couverture santé au retour en France ?
Un adhérent CFE conserve certaines prestations pendant trois mois sous conditions. Sans activité, trois mois consécutifs de résidence en France sont nécessaires avant l'ouverture des droits à la protection universelle maladie, selon service-public.
Les autres guides : Anguilla
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
