Oman · Travailler et économie
Travailler en Oman quand on est français : permis, contrat, salaire, impôt et protection sociale
L’essentiel
Un Français travaille en Oman avec un permis de travail et un visa de travail de deux ans demandés par son employeur, dans le cadre du Code du travail promulgué par le décret royal n° 53/2023. Le contrat, rédigé en arabe, prévoit au plus 40 heures par semaine, 30 jours de congés payés après six mois et une indemnité de fin de service. Le salaire minimum de 325 OMR concerne les salariés omanais du secteur privé ; le niveau de rémunération d'un étranger se négocie au contrat. L'impôt sur le revenu des personnes physiques, de 5 % au-delà de 42 000 OMR par an, s'appliquera à compter du début de 2028, et la convention fiscale franco-omanaise organise la répartition des droits d'imposition.
- 2 ans : durée de validité du visa de travail, délivré à partir de 21 ans avec un permis de travail et un parrain employeur (police royale d'Oman).
- 40 heures par semaine au plus (6 heures par jour pendant le Ramadan pour les salariés musulmans) : durée du travail prévue par le Code du travail.
- 325 OMR par mois : salaire minimum des Omanais du secteur privé, soit 225 OMR de salaire de base et 100 OMR d'indemnités ; aucun plancher légal pour les travailleurs migrants.
- 5 % au-delà de 42 000 OMR par an : impôt sur le revenu des personnes physiques, applicable au début de 2028 ; environ 99 % de la population n'est pas concernée (autorité fiscale).
- 1 % de la masse salariale : cotisation de l'employeur à chacune des trois branches ouvertes aux non-Omanais (accidents du travail, maladie, maternité).
- 473,4 millions d'euros : échanges commerciaux franco-omanais en 2022, en hausse de 53,7 % (France Diplomatie).
Repères économiques : Oman
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +2,4 %
- Inflation
- 1,0 %
- Taux de chômage
- 3,3 %
- PIB par habitant
- 19 947 $
- Population
- 5,5 millions
- Change
- 1 € = 0,431 OMR
- rial omanais, monnaie arrimée au dollar
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Droit au travail, permis de travail et visa
Le Code du travail (décret royal n° 53/2023) impose à tout travailleur non omanais d’obtenir un permis de travail avant d’exercer. L’employeur sollicite l’autorisation de recruter auprès du ministère du Travail, qui n’accorde la licence que si aucun Omanais ayant les qualifications, l’expérience ou les compétences techniques requises n’est disponible (Organisation internationale du travail, fiche de décembre 2023). Les plans d’omanisation, qui fixent des proportions de nationaux dans chaque entreprise, orientent donc l’offre d’emplois ouverte aux étrangers.
La police royale d’Oman délivre le visa de travail à un candidat de 21 ans ou plus, pour deux ans, en entrées multiples, sur la demande d’un employeur parrain ; le métier indiqué doit correspondre à celui du permis de travail. Les agences de recrutement ne peuvent pas facturer de frais aux travailleurs, l’employeur ne peut pas conserver le passeport sans l’accord écrit du salarié, et aucun permis de sortie n’est exigé pour quitter le pays. Depuis 2020, un travailleur peut changer d’employeur sans l’autorisation du premier après avoir accompli un contrat de deux ans, selon la fiche de l’Organisation internationale du travail ; les règles de transfert détaillées relèvent d’une décision ministérielle, à vérifier avant de signer.
Les formalités d’installation (examen médical, résidence, famille) sont décrites dans la page vivre en Oman, et le guide travailler à l’étranger aide à préparer le départ côté français.
Contrat, durée du travail, congés et préavis
Le contrat est rédigé en arabe en deux exemplaires ; s’il est établi dans une autre langue, une copie en arabe y est annexée. Il peut être conclu pour une durée déterminée de cinq ans au plus ou pour une durée indéterminée. La période d’essai est de trois mois au maximum pour un salarié payé au mois, avec un préavis de sept jours pendant cette période. Ensuite, la rupture « pour un motif légitime » suppose un préavis écrit de 30 jours pour un salarié mensualisé.
- Durée du travail : huit heures par jour et 40 heures par semaine au plus, hors une heure de repos ; au plus six heures de travail continu ; pendant le Ramadan, six heures par jour ou 30 heures par semaine pour les salariés musulmans. Deux jours de repos consécutifs par semaine.
- Heures supplémentaires : majoration de 25 % du salaire de base de jour et de 50 % de nuit ; 100 % les jours de repos et fériés, ou repos compensateur ; 12 heures de travail par jour au plus au total.
- Congés : 30 jours de congés payés après six mois de service, avec un billet d’avion aller-retour vers le pays d’origine à la charge de l’employeur, congé maladie jusqu’à 182 jours par an à taux dégressif, congé de maternité de 98 jours et congé de paternité de sept jours.
- Paiement du salaire : au moins une fois par mois, par virement bancaire dans le cadre du système de protection des salaires, dans les sept jours suivant l’échéance ; les retenues sont limitées (cinq jours de salaire par mois pour une sanction disciplinaire, 25 % du salaire mensuel pour un dommage causé au matériel).
- Travail en plein soleil : interdit de 12 h 30 à 15 h 30 du 1er juin au 31 août.
En cas de litige, le ministère du Travail tente une conciliation ; sans accord sous 30 jours, l’affaire est portée devant le tribunal de première instance. Un salarié qui estime son licenciement abusif dispose de 30 jours pour saisir le ministère.
Niveaux de salaire et salaire minimum
Le salaire minimum en vigueur s’élève à 325 OMR par mois pour les Omanais du secteur privé, dont 225 OMR de salaire de base et 100 OMR d’indemnités ; il ne s’applique pas aux travailleurs migrants, le Code du travail prévoyant qu’une décision ministérielle fixe le salaire minimum après consultation du comité de dialogue et approbation du Conseil des ministres (Organisation internationale du travail, décembre 2023). Pour un cadre français recruté localement, la rémunération résulte donc de la négociation : salaire de base, indemnité de logement, scolarité des enfants, billets d’avion et couverture santé figurent au contrat.
Un repère officiel sur les rémunérations visées pour les cadres étrangers vient du regroupement familial : la police royale d’Oman mentionne un salaire mensuel minimal de 600 OMR pour faire venir son conjoint et ses enfants de moins de 21 ans. Les sources officielles consultées ne publient pas de grille de salaires par métier ; les offres se comparent en additionnant salaire de base et avantages, avant impôt et avant cotisations.
Impôt sur le revenu et convention fiscale franco-omanaise
L’autorité fiscale d’Oman présente la loi sur l’impôt sur le revenu des personnes physiques (décret royal n° 56/2025) : le taux est de 5 % du revenu imposable, pour les personnes dont le revenu total annuel dépasse 42 000 OMR, et la loi entre en vigueur au début de 2028 ; ses règlements d’application doivent être publiés dans l’année qui suit sa publication au journal officiel. Environ 99 % de la population n’est pas concernée. Est considérée comme résidente toute personne qui séjourne 183 jours ou plus dans l’année, omanaise ou non ; les non-résidents sont imposés sur leurs seuls revenus de source omanaise. Les salaires, les pensions de retraite, les loyers de bâtiments résidentiels et les revenus d’une activité indépendante figurent parmi les revenus visés, et l’employeur retient et reverse l’impôt sur les salaires.
La convention fiscale franco-omanaise du 1er juin 1989 (en vigueur depuis le 1er août 1990, modifiée par avenants de 1996 et de 2012) répartit les droits d’imposition. Elle précise que les salaires d’un résident ne sont imposables que dans son État de résidence, sauf si l’emploi est exercé dans l’autre État ; elle prévoit une exception lorsque le séjour ne dépasse pas 183 jours dans l’année, que l’employeur n’est pas résident de l’État d’activité et que la charge du salaire n’est pas supportée par un établissement stable. Son article 4 règle les conflits de résidence (foyer d’habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité), et son article 2 l’étend à tout impôt établi par Oman sur le revenu total ou sur des éléments de revenu. La situation personnelle (domicile fiscal, revenus conservés en France) se vérifie sur impots.gouv.fr ou auprès du service des impôts des particuliers non-résidents.
Cotisations sociales, protection sociale locale et régime français
Le Fonds de protection sociale indique que les travailleurs non omanais sont exclus du régime de pension principal, mais couverts par trois branches : accidents du travail et maladies professionnelles, congés de maladie et congés de maternité. Les travailleurs ne cotisent pas ; l’employeur verse 1 % pour chacune. L’indemnité de fin de service reste régie par le droit du travail et sera à terme gérée par un régime de prévoyance à cotisations fixes à la charge de l’employeur, dont les dates d’application sont annoncées par le Fonds. En attendant, un travailleur qui ne relève pas de la loi de protection sociale et n’a pas d’épargne d’entreprise équivalente peut recevoir une indemnité d’un mois de salaire de base par année de service (Organisation internationale du travail, décembre 2023).
Il n’existe pas de convention de sécurité sociale entre la France et Oman : le pays ne figure pas dans la liste du CLEISS. Un salarié envoyé par son employeur français peut être détaché pour 3 ans renouvelables une fois et rester affilié au régime français, avec remboursement des soins dans la limite des prestations françaises sur factures acquittées (formulaire S 3125c). Les trimestres de retraite acquis à l’étranger ne se totalisent pas avec les trimestres français : le guide trimestres travaillés à l’étranger détaille les options, dont l’assurance volontaire. Voir aussi la page remboursements des soins en Oman.
Indépendants, investisseurs et télétravail
Le cadre du travail salarié est le plus documenté. Pour une activité indépendante, la voie passe par une société ou un enregistrement commercial et par une résidence liée à l’investissement : le programme de résidence dorée, lancé le 31 août 2025 à Salalah, offre une résidence de dix ans renouvelable aux investisseurs et à leur famille, par la création d’une entreprise, l’achat d’un bien dans un complexe touristique intégré, l’achat d’obligations ou d’actions publiques, un dépôt bancaire ou la création d’une société employant plus de 50 Omanais (agence d’information officielle d’Oman). Le revenu d’une activité indépendante est imposable à partir de 2028 au-delà du seuil, avec une déduction de 15 % du revenu brut ou des dépenses réelles justifiées.
Les sources officielles consultées ne décrivent pas de visa spécifique au télétravail. Un Français qui travaille à distance pour un employeur étranger s’informe auprès de la police royale d’Oman sur le titre de séjour adapté à la durée de son séjour ; le guide visas nomades numériques et la page assurance nomade digital complètent la préparation.
L'économie omanaise : secteurs, monnaie et perspectives
Les hydrocarbures structurent l’économie : France Diplomatie indique qu’en 2022, 65 % des importations françaises en provenance d’Oman étaient liées au secteur pétro-gazier, et que les échanges commerciaux avaient atteint 473,4 millions d’euros (+53,7 %). Au premier trimestre 2026, le produit intérieur brut s’élevait à 10,3 milliards d’OMR à prix courants, et la valeur ajoutée des activités pétrolières reculait de 11,7 % par rapport au premier trimestre 2025 (centre national de statistique, bulletin de juillet 2026). Le bloc « Repères économiques » de cette page présente la croissance, l’inflation et le chômage actualisés.
La population enregistrée atteignait 5 398 645 personnes à fin juin 2026, dont 2 334 696 étrangers (43,2 %) : les entreprises du pays emploient une main-d’œuvre internationale importante. Le rial omanais, arrimé au dollar à 2,6008 dollars pour 1 OMR depuis 1986, offre un cours stable pour négocier sa rémunération. Deux évolutions récentes sont à suivre : l’impôt sur le revenu des personnes physiques à partir de 2028 et les programmes de résidence de longue durée ouverts aux investisseurs.
Le salarié en Oman : repères du Code du travail
| Sujet | Règle | Source |
|---|---|---|
| Contrat | Rédigé en arabe ; durée déterminée de 5 ans au plus ou durée indéterminée | Code du travail (OIT) |
| Durée du travail | 8 heures par jour, 40 heures par semaine au plus ; 30 heures par semaine pendant le Ramadan | Code du travail (OIT) |
| Congés payés | 30 jours après 6 mois de service ; billet d'avion pour le pays d'origine | Code du travail (OIT) |
| Congé de maternité | 98 jours ; 7 jours de congé de paternité | Code du travail (OIT) |
| Congé maladie | Jusqu'à 182 jours par an, à taux dégressif | Code du travail (OIT) |
| Fin de service | Un mois de salaire de base par année de service, sous conditions | Code du travail (OIT) |
| Cotisations de l'employeur | 1 % par branche : accidents du travail, maladie, maternité | Fonds de protection sociale |
| Impôt sur le revenu | 5 % au-delà de 42 000 OMR par an, à partir du début de 2028 | Autorité fiscale |
Sources : Organisation internationale du travail (fiche de décembre 2023 sur le Code du travail, décret royal n° 53/2023), Fonds de protection sociale d'Oman et autorité fiscale d'Oman, pages consultées le 05/10/2026.
Questions fréquentes
Faut-il un permis de travail pour travailler en Oman ?
Oui. Un non-Omanais ne peut pas commencer à travailler sans permis de travail délivré par le ministère du Travail, et l'employeur obtient aussi le visa de travail de deux ans auprès de la police royale d'Oman.
Existe-t-il un salaire minimum pour un Français en Oman ?
Le salaire minimum de 325 OMR (225 OMR de base et 100 OMR d'indemnités) concerne les Omanais du secteur privé. Selon l'Organisation internationale du travail, il ne s'applique pas aux travailleurs migrants, dont la rémunération est fixée au contrat.
Combien d'heures par semaine travaille-t-on en Oman ?
Le Code du travail fixe huit heures par jour et 40 heures par semaine au plus, avec deux jours de repos consécutifs. Pendant le Ramadan, les salariés musulmans travaillent six heures par jour ou 30 heures par semaine au plus.
L'impôt sur le revenu existe-t-il en Oman ?
La loi sur l'impôt sur le revenu des personnes physiques, promulguée par le décret royal n° 56/2025, entre en vigueur au début de 2028. Le taux est de 5 % sur le revenu au-delà de 42 000 OMR par an, ce qui concerne environ 1 % de la population selon l'autorité fiscale.
La France et Oman ont-ils une convention fiscale ?
Oui, signée le 1er juin 1989 et en vigueur depuis le 1er août 1990, modifiée en 1996 et en 2012. Elle répartit les droits d'imposition des salaires, des pensions et des autres revenus entre les deux États.
Un salarié étranger cotise-t-il à la retraite omanaise ?
Le Fonds de protection sociale exclut les non-Omanais du régime de pension principal. Ils sont couverts par trois branches financées par l'employeur à 1 % chacune, et l'indemnité de fin de service reste régie par le droit du travail.
La Sécurité sociale française s'applique-t-elle en Oman ?
Il n'existe pas de convention de sécurité sociale entre les deux pays. Un salarié détaché par un employeur français reste affilié au régime français pendant 3 ans renouvelables une fois ; les autres statuts s'appuient sur l'employeur, la CFE ou une assurance privée.
Les autres guides : Oman
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
