Mexique · Travailler et économie
Travailler au Mexique quand on est français : permis de travail, salaire minimum, protection sociale et fiscalité
L’essentiel
Pour travailler au Mexique, un Français obtient un visa de résident temporaire avec permis de travailler, à partir d'une offre d'emploi autorisée par l'INM : c'est l'employeur mexicain qui dépose la demande. Le salaire minimum général est de 315,04 MXN par jour depuis le 1er janvier (440,87 MXN dans la zone libre de la frontière nord), et le salarié bénéficie de l'aguinaldo (15 jours de salaire au minimum), de la participation aux bénéfices (PTU), de l'IMSS et de l'INFONAVIT. L'impôt sur le revenu (ISR) suit un barème mensuel de 1,92 % à 35 %, et la convention fiscale franco-mexicaine fixe la répartition des droits d'imposition. Les télétravailleurs qui conservent un employeur étranger passent en pratique par la résidence temporaire sur justificatifs financiers. Aucune convention de sécurité sociale ne lie la France et le Mexique : la couverture santé du salarié local relève de l'IMSS, complétée si besoin par un contrat privé.
- 315,04 MXN par jour : salaire minimum général en vigueur depuis le 1er janvier (environ 15 €), contre 278,80 MXN auparavant, soit +13 %.
- 440,87 MXN par jour (environ 21 €) : salaire minimum de la zone libre de la frontière nord, en hausse de 5 %.
- 15 jours de salaire au minimum : montant de l'aguinaldo, payé avant le 20 décembre.
- 10 % du bénéfice fiscal de l'entreprise réparti entre les salariés (PTU), avant le 30 mai pour les sociétés et le 29 juin pour les personnes physiques.
- 1,92 % à 35 % : taux du barème mensuel de l'ISR sur les salaires ; le taux de 35 % s'applique à partir de 425 642 MXN de revenu mensuel (environ 20 737 €).
- 5 % du salaire d'intégration : cotisation patronale à l'INFONAVIT, versée sans retenue sur le salaire.
Repères économiques : Mexique
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +0,6 %
- Inflation
- 3,8 %
- Taux de chômage
- 2,7 %
- PIB par habitant
- 13 889 $
- Population
- 131,9 millions
- Change
- 1 € = 20,53 MXN
- peso mexicain, cours BCE du jour
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Le permis de travail : du visa à la carte de résident
Un Français qui souhaite exercer une activité rémunérée au Mexique s’appuie sur l’une des voies suivantes. Le touriste (180 jours) n’a pas de permis de travailler : sa catégorie est celle d’un visiteur sans autorisation d’activité rémunérée (INM).
- Résident temporaire avec permis de travailler (residente temporal con permiso para trabajar) : le séjour dure plus de 180 jours et moins de quatre ans. C’est la voie standard du salarié recruté depuis l’étranger.
- Visiteur avec permis d’activités rémunérées : une autorisation de courte durée liée à un employeur précis, pour des missions limitées.
- PVT France-Mexique : pour les 18-30 ans, avec un quota annuel de places et une assurance obligatoire ; voir l’assurance PVT.
- Résident permanent : accessible aux retraités, aux proches d’un Mexicain ou d’un résident permanent et aux résidents temporaires ayant accompli quatre années consécutives (INM).
La démarche part du Mexique. L’employeur, personne physique ou morale établie au Mexique, obtient d’abord son certificat d’inscription d’employeur auprès de l’INM, puis dépose la demande d’autorisation pour l’offre d’emploi. Les fiches officielles indiquent un délai de résolution pouvant atteindre 20 jours ouvrés ; l’INM remet alors une lettre d’autorisation, que le candidat présente au consulat du Mexique à l’entretien consulaire, à passer dans un délai de 30 jours ouvrés. Après l’arrivée, le résident temporaire a 30 jours pour échanger son visa contre la carte de résident. Le guide travailler à l’étranger explique le choix entre détaché et expatrié, et le glossaire définit le contrat local.
Salaire minimum général et zone frontière nord
La Commission nationale des salaires minimaux (CONASAMI) a fixé le salaire minimum général à 315,04 MXN par jour à compter du 1er janvier, contre 278,80 MXN précédemment. La zone libre de la frontière nord (ZLFN), qui couvre les municipalités frontalières avec les États-Unis, applique 440,87 MXN par jour, contre 419,88 MXN précédemment, soit +5 %. Au cours de référence de la BCE du 01/10/2026 (1 € = 20,5251 MXN), cela représente environ 15 € et 21 € par jour.
Les salaires minimaux professionnels, qui concernent 61 professions, métiers et travaux spéciaux, progressent du même pourcentage que les salaires généraux de leur zone géographique. Pour un cadre recruté sur le marché international, la rémunération de marché dépasse largement ce plancher ; il fixe surtout la référence légale du salaire de base et de l’aguinaldo.
Les employeurs de Monterrey, de Guadalajara ou de Mexico proposent des packages en pesos, parfois indexés sur le dollar. Comme le peso flotte librement, un salaire mexicain converti en euros varie avec le change : la BCE a fixé son cours de référence entre 19,66 et 20,58 MXN pour 1 € d’août à septembre.
Aguinaldo, PTU et autres droits du salarié
- Aguinaldo : prime annuelle de 15 jours de salaire au minimum, à verser avant le 20 décembre. Elle revient aux salariés permanents, temporaires, commissionnés et assimilés (PROFEDET). Un salarié qui n’a pas accompli une année complète perçoit la part proportionnelle au temps travaillé.
- PTU (participation aux bénéfices des travailleurs) : 10 % du bénéfice fiscal de l’entreprise est réparti, pour moitié selon les jours travaillés et pour moitié selon les salaires perçus. La date limite de paiement est le 30 mai pour les sociétés et le 29 juin pour les personnes physiques ; il faut avoir travaillé au moins 60 jours dans l’année. Les directeurs, administrateurs et directeurs généraux n’y ont pas droit, et le salarié dispose d’un an pour réclamer un paiement manquant (STPS et PROFEDET).
- Contrat : la loi fédérale du travail encadre la durée, les congés et la rupture ; la PROFEDET offre un accompagnement gratuit aux salariés en cas de litige.
Ces avantages entrent dans la comparaison d’une offre mexicaine avec un poste en France : le tableau récapitulatif ci-dessous les place côte à côte.
IMSS et INFONAVIT : la protection sociale du salarié local
L’employeur déclare le salarié à l’IMSS, dont le régime obligatoire comprend cinq branches : risques professionnels, maladie et maternité, invalidité et décès, retraite et vieillesse, crèches et prestations sociales (Secrétariat à l’Économie). La branche maladie et maternité ouvre l’accès aux soins médicaux, chirurgicaux, pharmaceutiques et hospitaliers dans le réseau IMSS, ainsi qu’à des indemnités de remplacement du salaire. Le réseau public connaît des délais, et les salariés mexicains aisés ou expatriés complètent souvent par un contrat privé : le guide remboursement des soins au Mexique compare les situations.
L’INFONAVIT est le fonds national du logement des travailleurs : l’employeur verse chaque mois 5 % du salaire journalier d’intégration du salarié, sans retenue sur le salaire. Ces versements forment la sous-compte logement du salarié, qui s’ajoute à l’éventuel crédit immobilier consenti par l’institut (INFONAVIT).
La France et le Mexique n’ont pas signé de convention bilatérale de sécurité sociale : les périodes cotisées au Mexique ne se totalisent pas avec les trimestres français, point à examiner dans le guide trimestres travaillés à l’étranger.
L'impôt sur le revenu (ISR) et la convention fiscale
Le SAT publie chaque année les tarifs de l’ISR dans l’annexe 8 de la résolution fiscale miscellanée, parue au Diario Oficial du 28/12/2025. Le tarif mensuel de retenue sur salaires est progressif : il débute à 1,92 % pour un revenu mensuel jusqu’à 844,59 MXN et atteint 35 % à partir de 425 642 MXN par mois (environ 20 737 €). Le tarif annuel suit la même échelle, avec un taux de 35 % au-delà de 5 107 703,93 MXN de revenu annuel.
- Résidence fiscale : au Mexique, une personne est considérée comme résidente lorsqu’elle y a établi son domicile principal ; si elle dispose aussi d’un domicile à l’étranger, elle est résidente mexicaine lorsque le centre de ses intérêts vitaux se situe au Mexique, notamment si plus de 50 % de ses revenus de l’année proviennent de source mexicaine (Code fiscal de la Fédération).
- Convention franco-mexicaine (signée à Mexico le 7 novembre 1991) : les salaires ne sont imposables que dans l’État de résidence, sauf si l’emploi est exercé dans l’autre État. L’exception des 183 jours exige que le séjour ne dépasse pas 183 jours sur douze mois, que l’employeur soit non résident et que la charge de la rémunération ne soit pas supportée par un établissement stable (impots.gouv.fr).
- Élimination de la double imposition : la France accorde un crédit d’impôt pour les revenus de source mexicaine selon l’article 21 de la convention.
Télétravail et nomades numériques au Mexique
Parmi les rubriques de visas publiées par le consulat du Mexique en France (travail, étudiants, investisseurs, regroupement familial, PVT, retraités), aucune n’est dédiée aux nomades numériques. Les télétravailleurs qui conservent un employeur étranger passent donc en pratique par la résidence temporaire sur justificatifs financiers, demandée au consulat avant le départ, avec une preuve de solvabilité sur plusieurs mois ; les montants exigés et le calendrier figurent dans le guide vivre au Mexique.
Le statut de touriste (180 jours maximum) correspond à un visiteur sans permis d’activités rémunérées au Mexique ; la portée exacte d’un télétravail pour un employeur étranger pendant ce séjour se confirme auprès de l’INM. Côté fiscal, l’ouverture d’un domicile au Mexique et le déplacement du centre des intérêts vitaux peuvent créer une résidence fiscale mexicaine, à analyser avec le SAT et l’administration fiscale française. Les repères santé des indépendants se trouvent dans l’assurance nomade digital et le guide visas nomades numériques.
L'économie mexicaine : nearshoring, remesas, tourisme et peso
Les indicateurs de croissance, d’inflation et de chômage sont actualisés dans le bloc « Repères économiques » en haut de page. Quelques éléments complètent ce tableau pour qui cherche un emploi.
- Nearshoring et investissement : le Mexique a reçu 40 871 millions de dollarsd’investissements étrangers directs en 2025, un record annuel, en hausse de 10,8 % par rapport aux chiffres publiés à l’origine pour 2024 ; les nouveaux investissements ont progressé de 3 168 à 7 378 millions de dollars. Les États-Unis fournissent 38,8 % du total ; la Ciudad de México reçoit 54,8 % des flux, devant le Nuevo León (8,9 %) et l’État de Mexico (8,0 %) (Secrétariat à l’Économie). Ces régions concentrent donc les postes industriels, logistiques et de services aux entreprises.
- Marché du travail : la population active atteint 61,9 millions de personnes en juin, avec un taux d’informalité de 55,0 % (INEGI) ; l’emploi formel, déclaré à l’IMSS, concentre les postes ouvrant droit aux prestations décrites plus haut.
- Remesas : les envois d’argent des Mexicains de l’étranger totalisent 61 791 millions de dollars en 2025, en baisse de 4,6 % par rapport aux 64 746 millions de 2024 ; de janvier à mai, ils atteignent 25 287 millions de dollars contre 24 588 un an plus tôt (Banxico).
- Tourisme : il fait vivre le Quintana Roo, le Yucatán, la Basse-Californie du Sud ou Oaxaca ; les emplois saisonniers y sont nombreux, avec les exigences migratoires décrites plus haut.
- Peso : devise librement flottante, soit 20,5251 MXN pour 1 € au cours de référence de la BCE du 01/10/2026 ; le bloc d’indicateurs de la page suit ce cours en continu.
Pour une première approche du coût d’une couverture santé, le guide système de santé mexicain présente les réseaux IMSS et privés.
Droits et obligations du salarié au Mexique en un coup d'œil
| Sujet | Règle | Repère |
|---|---|---|
| Salaire minimum général | 315,04 MXN par jour, depuis le 1er janvier | Environ 15 € ; contre 278,80 MXN précédemment (CONASAMI) |
| Zone libre de la frontière nord | 440,87 MXN par jour | Environ 21 € ; contre 419,88 MXN précédemment |
| Aguinaldo | 15 jours de salaire au minimum | À verser avant le 20 décembre ; au prorata en cas d'ancienneté inférieure à un an |
| PTU | 10 % du bénéfice fiscal de l'entreprise | 30 mai (sociétés), 29 juin (personnes physiques) ; 60 jours travaillés |
| IMSS | Cinq branches d'assurance obligatoires | Maladie et maternité, risques professionnels, invalidité, retraite, crèches |
| INFONAVIT | 5 % du salaire d'intégration | Cotisation patronale, sans retenue sur le salaire |
| ISR sur salaires | Barème mensuel de 1,92 % à 35 % | 35 % à partir de 425 642 MXN par mois (environ 20 737 €) |
Sources : CONASAMI, PROFEDET, STPS, Secrétariat à l'Économie, INFONAVIT, SAT. Conversions au cours de référence de la BCE du 01/10/2026 (1 € = 20,5251 MXN).
Questions fréquentes
Peut-on travailler au Mexique avec un visa touristique ?
Non : le séjour touristique de 180 jours correspond à un statut de visiteur sans permis d'activités rémunérées. Pour travailler, il faut un visa de résident temporaire avec permis de travailler, demandé à partir d'une offre d'emploi autorisée par l'INM.
Qui demande le permis de travail au Mexique ?
C'est l'employeur mexicain, inscrit auprès de l'INM, qui dépose la demande d'autorisation de l'offre d'emploi. Le candidat reçoit ensuite une lettre d'autorisation, passe l'entretien consulaire sous 30 jours ouvrés, puis échange son visa contre la carte de résident dans les 30 jours suivant son arrivée.
Quel est le salaire minimum au Mexique en euros ?
315,04 MXN par jour pour le salaire minimum général, soit environ 15 € au cours de référence de la BCE du 01/10/2026, et 440,87 MXN dans la zone libre de la frontière nord, soit environ 21 €. Ces montants sont fixés par la CONASAMI.
Qu'est-ce que l'aguinaldo et la PTU ?
L'aguinaldo est une prime annuelle d'au moins 15 jours de salaire, payée avant le 20 décembre. La PTU répartit 10 % du bénéfice fiscal de l'entreprise entre les salariés, au plus tard le 30 mai pour les sociétés et le 29 juin pour les personnes physiques.
Un salarié local est-il couvert par l'IMSS et l'INFONAVIT ?
Oui : l'employeur déclare le salarié à l'IMSS, qui couvre la maladie, la maternité, les risques professionnels, l'invalidité et la retraite, et verse 5 % du salaire d'intégration à l'INFONAVIT pour le compte du salarié, sans retenue sur sa paie.
Comment est taxé un salaire au Mexique ?
L'ISR suit un barème progressif de 1,92 % à 35 % pour les retenues mensuelles sur salaires. La convention fiscale franco-mexicaine impose les salaires dans l'État de résidence, sauf emploi exercé dans l'autre État, avec une exception sous 183 jours.
Existe-t-il un visa nomade numérique au Mexique ?
Les rubriques de visas du consulat du Mexique en France ne mentionnent pas de visa dédié aux nomades numériques. En pratique, les télétravailleurs demandent une résidence temporaire sur justificatifs financiers avant le départ et confirment leur situation auprès de l'INM.
Les autres guides : Mexique
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- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.