Irak · Prendre sa retraite
Prendre sa retraite en Irak quand on est français : séjour, fiscalité de la pension et santé
L’essentiel
Les sources officielles consultées ne décrivent aucun visa ni titre de séjour réservé aux retraités étrangers en Irak : l'entrée se fait par e-visa de 30 jours (ou visa de 30 jours au Kurdistan), et le séjour de longue durée repose sur un motif précis, comme l'emploi, avec un titre de résidence délivré par les autorités irakiennes. La France n'a ni convention fiscale ni convention de sécurité sociale avec l'Irak : le droit interne de chaque État s'applique à la pension, et le formulaire S1 ne joue pas. France Diplomatie classe le territoire en zones rouges et orange et demande un contrat d'assistance couvrant soins et rapatriement. La CFE propose l'offre RetraitExpat aux titulaires d'une pension d'un régime de base français.
- E-visa de 30 jours, à entrée simple ou multiple ; visa de 30 jours à l'arrivée pour la seule région du Kurdistan, pour 103 000 IQD (France Diplomatie).
- Aucune convention fiscale France-Irak dans la liste du BOFiP.
- Aucun accord de sécurité sociale France-Irak dans la liste du CLEISS : pas de formulaire S1.
- Si la résidence fiscale est à l'étranger, la CSG, la CRDS et la Casa ne sont plus prélevées ; une cotisation maladie de 3,20 % peut rester due (Assurance retraite).
- CFE RetraitExpat : réservé aux titulaires d'une pension d'un régime de base français, sans questionnaire de santé, sans carence au retour en France.
- Carte de France Diplomatie, actualisée régulièrement : zones rouges (formellement déconseillées) et zones orange (déconseillées sauf raison impérative).
Service en cours de lancement : un conseiller étudie votre demande et vous recontacte pour préciser vos besoins.
Repères chiffrés : Irak
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- -2,2 %
- Inflation
- 0,3 %
- Taux de chômage
- 15,5 %
- PIB par habitant
- 5 410 $
- Population
- 47,0 millions
- Espérance de vie
- 72,4 ans
- Dépense de santé (% du PIB)
- 5,5 %
- Médecins pour 1 000 hab.
- 1,02
- Lits d’hôpital pour 1 000 hab.
- 1,1
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Droit de séjour : pas de visa retraité décrit par les sources officielles
France Diplomatie précise qu’un visa d’entrée est exigé en Irak. Depuis le 1er mars 2025, le visa touristique de l’Irak fédéral ne se délivre plus à l’arrivée : la demande se fait en ligne avant le voyage, sur le portail officiel de l’e-visa (evisa.iq), qui décrit un titre de 30 jours à entrée simple ou multiple. Pour la région du Kurdistan, un visa de 30 jours est délivré à l’arrivée dans un aéroport de la région ou au poste d’Ibrahim Khalil, contre 103 000 IQD prépayés en ligne. Un dépassement de séjour impose un visa de sortie, avec une pénalité de 500 000 IQD plus 10 000 IQD par jour.
Ni le portail de l’e-visa ni les fiches de France Diplomatie ne présentent de catégorie « retraité » ou de résidence de longue durée pour les retraités. Un séjour prolongé repose sur un motif précis, souvent l’emploi ou le rattachement à une entité locale, et sur un titre de résidence délivré par la direction des affaires de résidence du ministère de l’Intérieur ; l’ambassade d’Irak à Paris renseigne sur les conditions, qui évoluent. L’enjeu pratique d’un projet de retraite doit donc être posé comme une question de droit de séjour, avant les questions de logement, de budget ou de santé.
Sécurité et vie quotidienne : un préalable pour tout projet de long séjour
La fiche de France Diplomatie classe les zones en rouge (formellement déconseillé) et orange (déconseillé sauf raison impérative). Elle recommande de s’inscrire sur Ariane, d’éviter les zones rouges et les déplacements de nuit, de ne pas voyager seul, d’utiliser des véhicules blindés et des hôtels sécurisés, d’éviter les rassemblements et de tenir une personne référente informée. Elle signale aussi la présence de mines dans d’anciennes zones de conflit et des accidents de la route fréquents et souvent mortels. La page vivre en Irak détaille ces repères, ainsi que les écoles françaises du Kurdistan.
Pour un retraité, l’éloignement des services de santé et la capacité à organiser une évacuation sont des critères décisifs : France Diplomatie indique que des évacuations vers Dubaï ou vers la France restent possibles, via un contrat d’assistance. L’eau du robinet ne se boit nulle part ; les médicaments contrefaits sont répandus, et le ministère recommande de se procurer en France les traitements des maladies chroniques.
Fiscalité de la pension française : une convention absente
La liste des conventions fiscales conclues par la France, publiée au BOFiP, ne mentionne pas l’Irak. Il n’existe donc pas de règle conventionnelle pour répartir le droit d’imposer la pension entre la France et l’Irak, et le droit interne de chaque État s’applique. Les pensions versées par un organisme établi en France sont des revenus de source française, même si le travail a été effectué à l’étranger, rappelle l’administration fiscale ; quand la convention applicable manque, la qualification de la pension (privée, de sécurité sociale ou publique) et le régime des non-résidents se confirment auprès du service des impôts des particuliers non-résidents avant le départ.
Selon l’Assurance retraite, quand la résidence fiscale n’est plus en France, la CSG, la CRDS et la Casa ne sont plus prélevées ; une cotisation d’assurance maladie de 3,20 % peut encore s’appliquer si le retraité relève d’un régime français de santé ou, pour un étranger, s’il compte au moins 15 ans d’assurance vieillesse en France. Le retraité informe sa caisse de son changement d’adresse et peut recevoir sa pension sur un compte français ou étranger ; un certificat de vie annuel, complété par une autorité locale, est à renvoyer dans les délais. Les aides soumises à condition de résidence en France (Aspa, ASI) cessent lors du départ.
Accès aux soins du retraité : pas de S1, la CFE ou l'assurance internationale
Le formulaire S1, qui ouvre aux retraités résidant dans l’Union européenne des soins aux frais de la France, ne s’applique pas en Irak, et le pays ne figure pas dans la liste du CLEISS. La CFE propose l’offre RetraitExpat aux titulaires d’une pension d’un régime de base français, sans activité professionnelle : aucun questionnaire de santé, aucune exclusion possible de l’adhérent, prise en charge immédiate si l’adhésion a lieu avant le départ ou dans les trois mois de l’installation, et pas de carence au retour en France. La cotisation se calcule sur le simulateur de cfe.fr selon l’âge, la situation familiale et le pays de résidence. Les conditions applicables à l’Irak, notamment pour les zones déconseillées, se confirment auprès de la CFE avant l’adhésion.
Une assurance internationale avec évacuation complète ce socle, avec des plafonds et des exclusions à lire ligne à ligne. Voir le guide assurance maladie du retraité à l’étranger, la page assurance retraite à l’étranger et le guide remboursement des soins en Irak.
Coût de la vie et logement
Aucune statistique officielle de loyers ou de coût de la vie n’a été retenue pour cette page. Pour convertir un budget, la Banque centrale d’Irak publie un taux officiel dont le taux de marché peut s’écarter ; les repères actualisés de change et d’inflation figurent dans le bloc « Repères économiques ». Le budget d’un retraité inclut, au-delà du logement, l’assistance, l’évacuation, la sécurité du lieu de vie et des déplacements.
Résidence fiscale et lien avec la France
L’administration fiscale rappelle qu’un contribuable peut rester résident fiscal français tout en vivant à l’étranger : la rubrique « Dois-je déclarer des revenus en France ? » d’impots.gouv.fr permet de vérifier sa situation. Un résident fiscal est soumis au prélèvement à la source de droit commun ; un non-résident déclare ses pensions de source française dans les rubriques dédiées du formulaire 2042, avec le formulaire 2041-E pour les retenues déjà effectuées. Comme aucune convention ne s’applique entre la France et l’Irak, cette qualification se prépare avec le service des impôts avant le départ.
Les démarches administratives suivent : informer la caisse de retraite par courrier ou en ligne, mettre à jour ses coordonnées bancaires, prévoir la réception du certificat de vie et son renvoi dans les délais, et conserver un mandataire en France pour les actes courants.
Alternatives et étapes de préparation
Un projet de retraite à l’étranger se prépare en plusieurs étapes : identifier le motif de séjour reconnu par l’Irak, consulter l’ambassade d’Irak à Paris, lire la carte de France Diplomatie, évaluer l’accès à une évacuation sanitaire, simuler la CFE, informer sa caisse de retraite et les impôts, et conserver le lien avec la France (adresse, compte bancaire, mandataire). Beaucoup de retraités choisissent d’effectuer un séjour de découverte, avec un visa de 30 jours, avant toute décision de fond.
Le retour en France se prépare aussi : sans reprise d’activité, un délai de trois mois avec résidence stable précède l’ouverture des droits à la Sécurité sociale, sauf exceptions ; la CFE RetraitExpat n’applique pas de carence au retour (voir assurance retour en France). La fiche assurance santé en Irak complète ce guide.
Questions fréquentes
Existe-t-il un visa retraité en Irak ?
Les sources officielles consultées (portail de l'e-visa, France Diplomatie) ne décrivent pas de visa ni de titre dédié aux retraités. Le séjour de longue durée repose sur un motif précis ; l'ambassade d'Irak à Paris renseigne sur les conditions.
Combien de temps un visiteur peut-il rester avec l'e-visa ?
L'e-visa décrit un titre de 30 jours, à entrée simple ou multiple. Au Kurdistan, le visa délivré à l'arrivée vaut aussi 30 jours pour 103 000 IQD.
Ma pension française est-elle imposée en Irak ?
La France et l'Irak n'ont pas de convention fiscale : le droit interne de chaque État s'applique. Une pension versée par un organisme français reste de source française ; la situation se confirme auprès du service des impôts des particuliers non-résidents.
Le formulaire S1 s'applique-t-il en Irak ?
Non : il vaut dans l'Union européenne, et l'Irak ne figure pas dans la liste des accords du CLEISS. La CFE (RetraitExpat) ou une assurance internationale assure la couverture.
La CSG est-elle prélevée sur ma pension si je vis en Irak ?
Non, si la résidence fiscale n'est plus en France : la CSG, la CRDS et la Casa ne sont plus prélevées, mais une cotisation maladie de 3,20 % peut rester due, selon l'Assurance retraite.
Quelles précautions de sécurité s'imposent ?
France Diplomatie recommande de s'inscrire sur Ariane, d'éviter les zones rouges et les trajets de nuit, de ne pas voyager seul et de choisir des hébergements sécurisés.
Les autres guides : Irak
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
