Indonésie · Système de santé
Le système de santé en Indonésie : BPJS Kesehatan, hôpitaux, urgences, médicaments et vaccinations
L’essentiel
Le système de santé indonésien associe un réseau public, rattaché au ministère de la Santé et aux collectivités, à un secteur privé majoritaire parmi les hôpitaux généraux (58,15 % en 2024). L'assurance maladie nationale JKN, gérée par BPJS Kesehatan, couvre plus de 95 % de la population et inclut les étrangers qui travaillent au moins six mois en Indonésie. France Diplomatie recommande de préférer les hôpitaux privés, rappelle que les établissements demandent une garantie financière avant les soins et envisage, pour les cas graves, une évacuation vers Singapour ou la France. Le 112 est le numéro d'urgence unique, le 119 celui des urgences médicales. Dengue, rage à Bali, rougeole et paludisme hors de Bali et de Jakarta justifient une préparation vaccinale et une assurance incluant l'évacuation.
- 3 228 hôpitaux à fin 2024, dont 2 710 hôpitaux généraux et 518 hôpitaux spécialisés (ministère de la Santé).
- 58,15 % des hôpitaux généraux sont privés (1 576 sur 2 710) ; les collectivités locales en gèrent 881 (32,51 %).
- Plus de 95 % de la population couverte par l'assurance maladie nationale JKN en 2024.
- 6 mois de travail minimum en Indonésie : seuil d'inclusion des étrangers dans BPJS Kesehatan, pour 5 % de cotisation, plafonnée à 12 000 000 IDR de salaire.
- 34 845 morsures d'animaux susceptibles de transmettre la rage et 12 décès à Bali du 1er janvier au 20 juillet 2025 (gouvernement de Bali).
- 112 : numéro d'urgence unique, gratuit ; 119 : urgences médicales du ministère de la Santé.
Un système à deux étages : réseau public et secteur privé
Le ministère de la Santé dénombre 3 228 hôpitaux en Indonésie à fin 2024, soit 2 710 hôpitaux généraux et 518 hôpitaux spécialisés (Profil de la santé de l’Indonésie 2024). Parmi les hôpitaux généraux, 1 576 sont privés (58,15 %), 881 relèvent des collectivités locales (32,51 %), 171 de l’armée et de la police (6,31 %), 60 d’autres ministères ou d’entreprises publiques (2,21 %) et 22 du ministère de la Santé lui-même (0,81 %).
Cette répartition éclaire le choix d’un expatrié : les grandes villes, dont Jakarta, Denpasar et Yogyakarta, regroupent les établissements les plus complets, publics et privés, tandis que les zones rurales dépendent davantage des centres de santé communautaires (puskesmas). L’assurance maladie nationale couvre plus de 95 % de la population en 2024 ; son fonctionnement pour un étranger est décrit ci-dessous. Les guides assurance santé expatrié en Indonésie et remboursement des soins en Indonésie complètent cette page.
L'assurance maladie locale BPJS Kesehatan : conditions pour un étranger
Le règlement présidentiel n° 59 de 2024, qui modifie le régime de l’assurance maladie nationale, définit le participant comme toute personne, y compris l’étranger qui travaille au moins six mois en Indonésie, qui a payé sa cotisation. La loi fondatrice de BPJS date de 2011. L’obligation vise donc les étrangers qui exercent une activité salariée ; la situation d’un retraité ou d’un conjoint sans emploi se confirme auprès de BPJS Kesehatan avant toute démarche.
- Cotisation du salarié : 5 % du salaire, dont 4 % pour l’employeur et 1 % pour le salarié, sur un salaire mensuel plafonné à 12 000 000 IDR, soit au plus 480 000 IDR pour l’employeur et 120 000 IDR pour le salarié. Le plancher du salaire de référence est le salaire minimum provincial ou, s’il existe, celui du district (article 32).
- Classe d’hospitalisation : le texte généralise la classe d’hospitalisation standard (KRIS) dans tous les hôpitaux partenaires de BPJS Kesehatan au plus tard le 30 juin 2025, avec une chambre aux normes minimales communes.
- Défaut de paiement : le texte suspend la garantie du participant à partir du premier jour du mois qui suit un impayé (article 42).
Aucune convention de sécurité sociale ne lie la France à l’Indonésie : le CLEISS ne l’inclut pas dans sa liste des conventions bilatérales. Le BPJS ne remplace donc ni une couverture française maintenue ni une assurance internationale pour les soins hors du réseau, l’évacuation ou un retour en France.
Médecin de premier recours et consultations
Le premier niveau de soins public repose sur les puskesmas, centres de santé communautaires recensés chaque année par le ministère de la Santé. Les affiliés à BPJS Kesehatan y consultent un médecin généraliste dans le cadre de leur régime ; la répartition entre établissement de premier niveau et hôpital de référence se précise lors de l’affiliation.
Les résidents étrangers consultent souvent des généralistes et des spécialistes en cabinet ou en clinique privée, notamment à Bali et à Jakarta, où l’offre est concentrée. France Diplomatie invite à repérer les médecins et les hôpitaux de sa zone de résidence dès l’installation, à partir de la liste que tient l’ambassade de France à Jakarta. Le guide vérifier le réseau conventionné explique comment confirmer la prise en charge directe avant un rendez-vous.
Hôpitaux : repères à Bali, Jakarta et Yogyakarta
France Diplomatie recommande de préférer les hôpitaux privés aux hôpitaux publics et signale que les établissements demandent une confirmation de prise en charge par l’assureur ou une carte bancaire avant de dispenser des soins. Pour les hôpitaux publics de référence, le ministère de la Santé gère des établissements nationaux dans plusieurs villes.
- Bali : le RSUP Prof. Dr. I.G.N.G. Ngoerah, à Denpasar, hôpital général de classe A rattaché au ministère de la Santé, assure des urgences générales 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.
- Jakarta : le RSUPN Dr. Cipto Mangunkusumo (RSCM), le RSUP Fatmawati, le RSUP Persahabatan, l’hôpital cardiologique Harapan Kita et l’hôpital du cancer Dharmais figurent parmi les établissements du ministère de la Santé.
- Yogyakarta : le RSUP Dr. Sardjito est l’hôpital du ministère de la Santé de la ville.
- Évacuation : en cas de problème sanitaire important, France Diplomatie indique qu’une évacuation vers Singapour ou vers la France doit être envisagée. Le guide déroulement du rapatriement sanitaire détaille les étapes.
Urgences : numéros et contacts
L’Indonésie dispose d’un numéro d’urgence unique, le 112, gratuit, joignable téléphone verrouillé et relié aux services de police, de pompiers et de santé (ministère de la Communication et du Numérique). Les numéros historiques restent actifs.
- 112 : numéro d’urgence unique.
- 119 : urgences médicales du ministère de la Santé, gratuites depuis un téléphone mobile ou fixe, avec un accès aussi possible par l’application SATUSEHAT Mobile.
- 110 police, 113 pompiers, 115 secours en mer et en montagne (Basarnas), 117 agence de gestion des catastrophes (BNPB).
- Consulaire : l’ambassade de France à Jakarta joint le +62 21 23 55 80 00 et l’agence consulaire de Denpasar le +62 811 39601401 (France Diplomatie).
Mémoriser le nom et l’adresse de son hébergement en bahasa indonésien facilite l’orientation des secours. Le numéro de contrat d’assistance du contrat d’assurance se note aussi, pour déclencher la prise en charge directe.
Médicaments : règles et bonnes pratiques
France Diplomatie recommande de ne jamais consommer de médicaments achetés dans la rue, en raison du risque de contrefaçons. Pour voyager avec un traitement, les médicaments voyagent dans leur emballage d’origine, étiquettes comprises, avec une ordonnance qui mentionne les noms en dénomination commune internationale (DCI).
Les stupéfiants sont strictement réprimés en Indonésie, selon France Diplomatie. Un traitement contenant une substance classée comme stupéfiant ou psychotrope se vérifie donc auprès de l’ambassade d’Indonésie à Paris avant le départ. Un traitement chronique se prépare avec le médecin traitant : quantité emportée, ordonnance traduite, relais sur place. L’assurance internationale précise quels médicaments sont remboursés et à quel plafond.
Risques sanitaires et vaccinations
France Diplomatie, dans sa mise à jour du 15 septembre 2026, signale une très forte recrudescence de la dengue dans l’ensemble du pays, ainsi que des risques de chikungunya, d’encéphalite japonaise, de paludisme et de Zika. Une alerte du 13 mars 2026 mentionne en outre une hausse des cas de rougeole.
- Paludisme : risque toute l’année en Papouasie, à Nusa Tenggara orientale et aux Moluques, et dans les zones rurales de Sumatra, de Java, de Lombok, de Nusa Tenggara occidentale, de Sulawesi et de Kalimantan. Il n’existe pas de risque de paludisme sur l’île de Bali ni dans la ville de Jakarta.
- Rage : plusieurs dizaines de cas sont signalés, notamment à Bali. Le gouvernement de Bali a recensé 34 845 morsures d’animaux susceptibles de transmettre la rage et 12 décès du 1er janvier au 20 juillet 2025, et recommande de se faire vacciner immédiatement après une morsure.
- Tuberculose : cas fréquents dans l’archipel, y compris des souches résistantes aux antibiotiques.
- Vaccins recommandés : calendrier vaccinal français à jour (diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, rougeole), hépatites A et B, fièvre typhoïde, encéphalite japonaise, rage (surtout pour les jeunes enfants), tuberculose pour les enfants de moins de 15 ans, chikungunya et dengue lors des épidémies. La fièvre jaune est obligatoire pour les voyageurs en provenance de zones d’endémie.
- Prévention : vêtements longs, répulsifs, moustiquaires, eau en bouteille ou purifiée, aliments bien cuits. L’arak local frelaté peut provoquer cécité ou décès.
Garantie financière, évacuation et choix d'une assurance
Dans un pays où les hôpitaux peuvent demander une garantie financière avant les soins et où France Diplomatie envisage l’évacuation vers Singapour ou la France pour les cas importants, une assurance internationale avec prise en charge directe et évacuation protège le budget et accélère l’accès aux soins. Les notions de prise en charge directe, évacuation médicale et plafond de garantie aident à comparer les contrats.
Pour un salarié local, BPJS Kesehatan constitue la base obligatoire, complétée utilement par une couverture internationale. Pour les autres profils, la CFE ou une assurance privée prend le relais, comme l’expliquent la page assurance santé expatrié et le guide CFE ou assurance privée. Expavy aide à confronter ces options à votre situation.
Questions fréquentes
Les étrangers peuvent-ils s'affilier à BPJS Kesehatan ?
Oui : le règlement présidentiel n° 59 de 2024 inclut l'étranger qui travaille au moins six mois en Indonésie et paie sa cotisation. La situation d'un retraité ou d'un conjoint sans emploi se confirme auprès de BPJS Kesehatan avant toute démarche.
Combien coûte la cotisation BPJS Kesehatan d'un salarié ?
5 % du salaire, dont 4 % à la charge de l'employeur et 1 % à celle du salarié, sur un salaire mensuel plafonné à 12 000 000 IDR, soit au plus 480 000 IDR pour l'employeur et 120 000 IDR pour le salarié.
Quel numéro appeler en cas d'urgence en Indonésie ?
Le 112 est le numéro d'urgence unique, gratuit. Le 119 est celui des urgences médicales du ministère de la Santé ; le 110 est la police, le 113 les pompiers et le 115 les secours en mer et en montagne.
Faut-il préférer un hôpital public ou privé en Indonésie ?
France Diplomatie recommande de préférer les hôpitaux privés aux hôpitaux publics et rappelle que les établissements demandent une garantie financière (attestation d'assurance ou carte bancaire) avant les soins. Les hôpitaux publics de référence du ministère de la Santé restent une ressource, notamment le RSUP Ngoerah à Denpasar.
Y a-t-il du paludisme à Bali et à Jakarta ?
France Diplomatie indique qu'il n'existe pas de risque de paludisme sur l'île de Bali ni dans la ville de Jakarta. Le risque existe toute l'année en Papouasie, à Nusa Tenggara orientale et aux Moluques, et dans les zones rurales de plusieurs îles, dont Lombok.
Que faire après une morsure d'animal à Bali ?
Le gouvernement de Bali recommande de se faire vacciner immédiatement contre la rage après une morsure. Du 1er janvier au 20 juillet 2025, l'île a recensé 34 845 morsures d'animaux susceptibles de transmettre la rage et 12 décès.
Quels vaccins faut-il pour s'installer en Indonésie ?
France Diplomatie recommande le calendrier vaccinal français à jour, les hépatites A et B, la typhoïde, l'encéphalite japonaise et la rage, avec la tuberculose pour les enfants de moins de 15 ans. La fièvre jaune est obligatoire pour les voyageurs en provenance de zones d'endémie.
Les autres guides : Indonésie
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Travailler et économie →Emploi pour un Français, permis de travail, salaires, économie du pays.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
