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Indonésie · Travailler et économie

Travailler en Indonésie quand on est français : permis de travail, salaires, impôt, cotisations et télétravail

L’essentiel

Pour travailler en Indonésie, un Français est recruté par un employeur indonésien qui obtient d'abord l'approbation de son plan d'emploi d'étrangers (RPTKA) auprès du ministère du Travail ; le salarié reçoit ensuite son visa de travail puis son KITAS. L'approbation court au maximum deux ans pour un emploi de plus de six mois, et le candidat justifie d'au moins cinq ans d'expérience dans le poste. Les salaires minimaux provinciaux de 2026 s'élèvent à 5 729 876 IDR par mois à Jakarta (environ 284 €) et à 3 207 459 IDR à Bali (environ 159 €). Le salarié étranger est affilié à BPJS Kesehatan s'il travaille au moins six mois, devient résident fiscal au-delà de 183 jours sur douze mois, et la convention fiscale de 1979 évite la double imposition. Le visa E33G ouvre aussi la voie au télétravail pour le compte d'une entreprise établie hors d'Indonésie.

  • 2 ans : durée maximale d'une approbation RPTKA pour un emploi de plus de 6 mois ; 6 mois non renouvelables pour un emploi temporaire.
  • 5 ans d'expérience minimale dans le poste, exigés du travailleur étranger par le règlement ministériel sur l'emploi des étrangers.
  • 5 729 876 IDR par mois à Jakarta (environ 284 €) et 3 207 459 IDR à Bali (environ 159 €) : salaires minimaux provinciaux.
  • 4 % à la charge de l'employeur et 1 % à celle du salarié : cotisation BPJS Kesehatan, sur un salaire plafonné à 12 000 000 IDR (environ 596 €).
  • Plus de 183 jours sur 12 mois : seuil de résidence fiscale ; barème de 5 % à 35 %, abattement personnel de 54 000 000 IDR par an.
  • 60 000 USD de revenus annuels : seuil du visa télétravailleur E33G, pour 7 000 000 IDR de frais (environ 347 €).

Repères économiques : Indonésie

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+5,1 %
Inflation
1,9 %
Taux de chômage
3,2 %
PIB par habitant
5 060 $
Population
285,7 millions
Change
1 € = 20 149 IDR
roupie indonésienne, cours BCE du jour

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Droit au travail : un employeur indonésien et une autorisation préalable

Un Français accède à l’emploi en Indonésie par un employeur indonésien et une autorisation préalable : tout employeur de travailleurs étrangers doit détenir un plan d’emploi approuvé par le ministre du Travail ou son délégué, selon le règlement ministériel du 31 mars 2021 sur l’emploi de travailleurs étrangers (Permenaker n° 8 de 2021), qui remplace celui de 2018. Un visa de visite ou de séjour touristique ne tient donc pas lieu de permis de travail.

Le dispositif se déroule en trois temps : l’employeur dépose en ligne une demande d’approbation de son plan d’emploi (RPTKA), le candidat reçoit un visa de travail, puis un permis de séjour limité (ITAS, carte KITAS). Le règlement de 2021 ne mentionne pas l’ancien permis IMTA : l’approbation du RPTKA constitue l’étape côté ministère du Travail, et l’immigration délivre ensuite les titres de séjour. Le guide travailler à l’étranger présente les statuts possibles, du contrat local au détachement.

Permis de travail : RPTKA, visa et KITAS

Le RPTKA est l’approbation du plan d’utilisation de travailleurs étrangers, demandée par l’employeur sur la plateforme TKA Online. Plusieurs catégories d’employeurs peuvent y recourir : administrations, représentations étrangères et organisations internationales, bureaux de représentation de sociétés étrangères, entreprises privées étrangères exerçant en Indonésie, sociétés anonymes (PT) et fondations de droit indonésien, institutions sociales, religieuses, éducatives et culturelles. Une PT de type individuel (perorangan) ne peut pas employer d’étrangers (article 3 du règlement).

  • Durée : un emploi temporaire reçoit une approbation de 6 mois au plus, non renouvelable ; un emploi de plus de 6 mois, une approbation de 2 ans au plus, prorogeable selon la réglementation de l’immigration ; les zones économiques spéciales peuvent obtenir 5 ans (article 20).
  • Contrat : le dossier comprend un contrat de travail qui précise l’identité du salarié, son poste, le lieu de travail, le montant du salaire et ses modalités de paiement, ainsi que la durée.
  • Compensation : l’employeur verse à l’État une dotation de compensation pour l’emploi d’étrangers (DKPTKA) avant la délivrance de l’approbation, sauf cas d’exemption.
  • Visa et KITAS : une fois l’approbation obtenue, le salarié demande son visa de travail, puis le permis de séjour limité (ITAS, carte KITAS), auprès de la Direction générale de l’immigration, sur le portail officiel evisa.imigrasi.go.id.

L’installation pratique (arrivée, enregistrement, scolarité des enfants) est détaillée dans le guide vivre en Indonésie.

Postes ouverts aux étrangers et conditions du candidat

Le ministère du Travail publie la liste des fonctions ouvertes aux travailleurs étrangers : l’arrêté ministériel n° 228 de 2019, établi à Jakarta le 27 août 2019, fixe les postes que les étrangers peuvent occuper. La liste est organisée par secteur d’activité ; le recruteur vérifie que l’intitulé du poste y figure avant de déposer le dossier.

  • Formation : le diplôme doit correspondre aux qualifications du poste (article 4 du règlement de 2021).
  • Expérience : au moins 5 ans de compétence ou d’expérience professionnelle dans le poste.
  • Transfert de compétences : le salarié étranger transmet son savoir-faire à un collègue indonésien désigné comme homologue. Cette désignation n’est pas exigée pour les administrateurs et commissaires, les chefs de bureau de représentation, les responsables de fondations et les missions temporaires.
  • Cumul d’employeurs : le règlement prévoit des cas où un étranger travaille pour deux employeurs sur le même poste, notamment pour les administrateurs et commissaires, la formation professionnelle, l’économie numérique et le secteur pétrolier et gazier.

Salaire minimum et niveaux de salaire

L’Indonésie fixe un salaire minimum par province, révisé chaque année. Pour 2026, il atteint 5 729 876 IDR par mois à Jakarta, en hausse de 6,17 % sur 2025 (Gouvernement provincial de Jakarta), et 3 207 459 IDR à Bali, en hausse de 7,04 % (Gouvernement provincial de Bali). Au cours de référence de la BCE du 02/10/2026 (1 € = 20 149,32 IDR), cela représente environ 284 € et 159 € par mois.

  • Plancher, non référence d’expatrié : ces montants s’appliquent aux salariés locaux. La rémunération d’un salarié étranger se négocie dans son contrat et doit figurer dans le dossier de RPTKA.
  • Effet sur les cotisations : le salaire minimum de la province ou du district sert de base plancher au calcul de la cotisation BPJS Kesehatan (article 32 du règlement présidentiel de 2024).
  • Province ou district : le règlement présidentiel prévoit que, lorsqu’un salaire minimum de district ou de ville existe, il remplace celui de la province comme base plancher ; l’employeur vérifie donc le minimum du lieu de travail.

Le guide budgétiser sa santé en expatriation aide à intégrer la protection santé dans la négociation du package.

Impôt sur le revenu : résidence fiscale, barème et convention

Une personne présente en Indonésie plus de 183 jours sur une période de douze mois est un contribuable résident ; les journées partielles comptent pour une journée entière (règlement de la Direction générale des impôts du 9 décembre 2025). Le résident s’inscrit au registre fiscal (NPWP) et dépose une déclaration annuelle.

  • Barème : 5 % jusqu’à 60 millions IDR de revenu imposable, 15 % jusqu’à 250 millions, 25 % jusqu’à 500 millions, 30 % jusqu’à 5 milliards et 35 % au-delà. L’abattement personnel est de 54 millions IDR par an, soit 4,5 millions par mois (Direction générale des impôts).
  • Convention franco-indonésienne du 14 septembre 1979 : l’article 15 réserve en principe l’imposition du salaire à l’État de résidence, sauf si l’emploi est exercé dans l’autre État, qui l’impose alors. Une exception profite aux séjours de moins de 183 jours sur douze mois, payés par un employeur non résident de l’État d’activité et sans charge pour un établissement stable.
  • Double résidence : l’article 4 départage selon le foyer d’habitation permanent, puis le centre des intérêts vitaux, puis le séjour habituel. L’article 24 prévoit l’exonération en France des revenus imposables en Indonésie, avec maintien du taux effectif.

Les modalités d’imposition des revenus de source étrangère d’un résident, comme les éventuels régimes particuliers pour certains profils d’experts, se confirment auprès de l’administration fiscale indonésienne et d’un conseil fiscal avant la signature du contrat.

Cotisations sociales : BPJS et absence de convention

L’assurance maladie nationale BPJS Kesehatan inclut les étrangers qui travaillent au moins six mois en Indonésie et paient leurs cotisations (article 1 du règlement présidentiel n° 59 de 2024). La cotisation des salariés se répartit à hauteur de 4 % pour l’employeur et de 1 % pour le salarié, sur un salaire plafonné à 12 000 000 IDR par mois, soit au plus 480 000 IDR (environ 23,82 €) pour l’employeur et 120 000 IDR (environ 5,96 €) pour le salarié.

  • Pas de convention franco-indonésienne : la liste des États liés à la France par une convention de sécurité sociale, tenue par le CLEISS, ne comprend pas l’Indonésie. Aucune totalisation des périodes d’assurance ne joue entre les deux pays.
  • Détachement : un salarié envoyé par un employeur français peut rester affilié à la Sécurité sociale française selon le droit français du détachement hors convention, avec une possible double affiliation. Voir le guide détaché ou expatrié et la page remboursement des soins en Indonésie.
  • Autres protections : la protection contre les accidents du travail, le décès et la vieillesse relève de BPJS Ketenagakerjaan ; l’employeur indique au salarié les programmes applicables à un étranger.

Indépendants, télétravail et investisseurs

Le visa de travailleur à distance E33G, présenté sur le portail officiel e-Visa, s’adresse aux personnes qui travaillent pour une entreprise établie hors d’Indonésie : il exige un contrat de travail avec cette entreprise, des revenus d’au moins 60 000 USD par an et un relevé bancaire d’au moins 2 000 USD sur les trois derniers mois. Il autorise un séjour d’un an pour 7 000 000 IDR (environ 347 €), et doit être utilisé pour entrer en Indonésie dans les 90 jours qui suivent sa délivrance. Le guide visas nomades numériques compare cette option à celles d’autres pays, et la page assurance nomade digital présente la couverture adaptée.

  • Indépendant ou freelance : le portail ne décrit aucun visa dédié à l’activité libérale auprès de clients indonésiens ; la voie passe par une structure locale ou un statut d’investisseur, à valider avec la Direction générale de l’immigration avant de s’installer.
  • Investisseur : l’immigration propose des visas d’investisseur, dont le Golden Visa ; leurs conditions de montant se vérifient sur le portail officiel avant tout engagement.
  • Fiscalité : le télétravailleur résident fiscal au-delà de 183 jours dépose une déclaration annuelle ; la convention fiscale départage les cas de double résidence.

L'économie indonésienne : secteurs, monnaie, perspectives

La monnaie est la roupie indonésienne (IDR). Selon l’institut national de la statistique (BPS), au deuxième trimestre de 2026, l’industrie manufacturière pèse 18,50 % du PIB, l’agriculture, la sylviculture et la pêche 13,57 % et le commerce de gros et de détail 13,02 %. Le secteur de l’électricité et du gaz affiche la plus forte croissance sur un an, à 10,81 %. Les indicateurs de croissance, d’inflation et d’emploi sont actualisés dans le bloc « Repères économiques » ci-dessus.

Pour un salarié français, le lieu de travail se choisit avec le poste : les salaires minimaux, le coût de la vie et l’offre de soins diffèrent entre Jakarta et Bali, et les postes ouverts aux étrangers sont répartis par secteur dans l’arrêté ministériel. Avant de signer, la fiche assurance santé expatrié en Indonésie et le guide système de santé indonésien aident à préparer la couverture.

Questions fréquentes

Un Français peut-il travailler en Indonésie avec un visa touristique ?

Non : le visa à l'arrivée couvre le tourisme, le transit et les visites familiales. Pour travailler, l'employeur indonésien obtient d'abord l'approbation de son RPTKA, puis le salarié reçoit un visa de travail et un KITAS.

Qu'est-ce que le RPTKA et combien de temps est-il valable ?

C'est l'approbation du plan d'utilisation de travailleurs étrangers, demandée par l'employeur auprès du ministère du Travail. Elle dure 6 mois au plus (non renouvelable) pour un emploi temporaire, et 2 ans au plus pour un emploi de plus de 6 mois.

Quelles conditions pour un salarié étranger en Indonésie ?

Une formation conforme au poste, au moins 5 ans de compétence ou d'expérience dans la fonction, et le transfert de son savoir-faire à un collègue indonésien désigné, sauf pour les administrateurs, commissaires et missions temporaires.

Quel est le salaire minimum à Jakarta et à Bali ?

Pour 2026, 5 729 876 IDR par mois à Jakarta (environ 284 €) et 3 207 459 IDR à Bali (environ 159 €), au cours de référence de la BCE du 02/10/2026. Ces montants sont des planchers pour les salariés locaux.

Le salarié étranger doit-il s'affilier à BPJS Kesehatan ?

Oui, s'il travaille au moins six mois en Indonésie : la cotisation est de 5 % du salaire, dont 4 % pour l'employeur et 1 % pour le salarié, sur un salaire plafonné à 12 000 000 IDR par mois.

À partir de quand devient-on résident fiscal indonésien ?

Au-delà de 183 jours de présence sur douze mois, les journées partielles comptant pour une journée entière. Le barème progressif va de 5 % à 35 %, avec un abattement personnel de 54 millions IDR par an ; la convention franco-indonésienne de 1979 évite la double imposition.

Peut-on télétravailler depuis l'Indonésie pour une entreprise étrangère ?

Oui, avec le visa E33G : contrat avec une entreprise établie hors d'Indonésie, 60 000 USD de revenus annuels, 2 000 USD de solde bancaire, un an de séjour pour 7 000 000 IDR. La couverture santé se choisit avant le départ, car aucune convention de sécurité sociale ne lie la France à l'Indonésie.

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