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Finlande · Remboursements des soins

Remboursement des soins en Finlande : qui rembourse quoi selon votre situation

L’essentiel

En Finlande, la carte Vitale ne sert pas chez le médecin : la coordination entre la France et la Finlande repose sur les règlements européens, et c'est le statut qui désigne le payeur. Le salarié installé relève du système finlandais, le détaché garde le régime français avec le formulaire A1, le retraité remet le formulaire S1 à la Kela et le touriste ou l'étudiant en séjour temporaire utilise la CEAM. Un adhérent CFE ou un assuré au premier euro complète ce socle selon son contrat. En 2026, le patient affilié paie une participation par consultation, plafonnée à 815 € par année civile pour les soins publics, et la Kela rembourse une partie des médicaments et des soins privés.

  • Aucune carte Vitale en Finlande : les règlements européens organisent la coordination, avec la CEAM pour un séjour temporaire et les formulaires A1 et S1 pour un séjour durable.
  • 24 mois au plus : durée de validité du document A1 d'un salarié détaché, qui maintient le régime français ; prolongation possible si les deux pays estiment qu'elle sert l'intérêt du salarié (europa.eu).
  • 800,02 € par mois : revenu d'emploi minimal en Finlande qui ouvre l'assurance maladie nationale à un travailleur sans résidence permanente (Kela).
  • 815 € : plafond annuel de participation aux soins publics en 2026 ; 71,50 € au plus par jour d'hospitalisation et 30,20 € au plus par consultation en centre de santé (ministère des Affaires sociales et de la Santé).
  • 636,12 € : plafond annuel des dépenses de médicaments à la charge du patient en 2026, après une franchise de 70,33 € (Kela).
  • 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur la complémentaire : cotisation maladie prélevée sur les retraites du régime général d'un retraité dont la résidence fiscale est hors de France (CLEISS).

Le principe : le statut désigne le payeur

La France et la Finlande étant membres de l’Union européenne, leurs régimes de sécurité sociale sont coordonnés par les règlements européens : un travailleur relève de la législation d’un seul pays. La carte Vitale ne fonctionne pas chez un médecin finlandais. La preuve de droits est la CEAM pour un séjour temporaire, ou un formulaire portable (A1, S1) pour un séjour durable. La CEAM donne droit aux soins nécessaires du secteur public aux mêmes tarifs que les assurés locaux ; elle ne couvre ni les secours et le rapatriement, ni les soins privés, ni les traitements planifiés (europa.eu).

Les situations les plus fréquentes sont le salarié en contrat local, le salarié détaché, l’indépendant, le retraité et la personne sans activité, auxquelles s’ajoutent l’étudiant, la famille, l’adhérent CFE, l’assuré au premier euro et le touriste. Les notions de base de remboursement et de reste à charge aident à comparer les couvertures. Le fonctionnement du réseau de soins est décrit dans le guide du système de santé finlandais.

Salarié en contrat local, salarié détaché et indépendant

Le salarié en contrat local est couvert par l’assurance maladie nationale dès qu’il gagne au moins 800,02 € par mois en Finlande, même sans résidence permanente (Kela, janvier 2026). Avec une commune de résidence, il accède aux soins publics en ne payant que le tarif des usagers, la Kela ne remboursant pas les soins publics ; sans commune de résidence, un certificat de droit aux soins lui donne accès aux tarifs des résidents. La carte Kela ouvre droit au remboursement d’une partie des soins privés et des médicaments achetés en pharmacie (Kela). Voir vivre en Finlande et le glossaire du contrat local.

Le salarié détaché par un employeur français reste rattaché à la Sécurité sociale française avec le formulaire A1 d’une validité maximale de 24 mois ; au-delà, le salarié s’affilie au régime finlandais, ou le A1 est prolongé si les deux pays estiment que cela sert son intérêt (europa.eu). Pour ses soins, le CLEISS indique de demander à sa caisse française le formulaire S1 afin de s’inscrire aux soins locaux, ou de se faire rembourser directement par la caisse française, la CEAM donnant accès direct aux soins publics. Les arrêts maladie se déclarent à la caisse française dans les 48 heures, et le formulaire S3125 permet de demander le remboursement de soins avancés. Voir détaché ou expatrié et le glossaire du détaché.

L’indépendant installé en Finlande relève du système finlandais, avec les mêmes soins publics que les salariés ; les cotisations sont présentées dans la page travailler en Finlande. Un indépendant qui exerce seulement de façon temporaire en Finlande se renseigne auprès du CLEISS sur son maintien éventuel au régime français.

Retraité, étudiant, famille et personne sans activité

Le retraité qui perçoit seulement une pension française, réside en Finlande de façon permanente ou plus de six mois par an et n’y exerce aucune activité demande le formulaire S1 à sa caisse de retraite avant le départ (CLEISS), puis le remet à la Kela. Une fois le S1 enregistré, la Kela délivre un certificat de droit aux soins qui permet d’accéder aux soins publics au tarif des usagers (Kela). Si la résidence fiscale est hors de France, une cotisation maladie de 3,2 % sur la pension de base et de 4,2 % sur la complémentaire est prélevée sur les retraites du régime général, tandis que la CSG et la CRDS ne s’appliquent qu’avec une résidence fiscale en France (CLEISS). Voir le guide formulaire S1 mode d’emploi et la page retraite en Finlande.

L’étudiant en séjour temporaire utilise la CEAM. S’il s’installe pour une durée plus longue, la Kela apprécie le caractère permanent du séjour d’après sa durée, les liens familiaux, l’emploi et le logement, et la commune de résidence s’obtient auprès du DVV pour un séjour d’au moins un an (Kela). Voir l’assurance étudiant à l’étranger.

Le conjoint et les enfants d’un salarié résident accèdent aux soins selon leur propre situation de résidence, que la Kela examine. Pour la famille d’un détaché, le CLEISS précise que la couverture dépend du statut de chacun et du lieu de résidence. Voir l’assurance famille expatriée.

La personne sans activité qui s’installe plus de trois mois justifie de ressources suffisantes pour son droit de séjour, comme le détaille la page vivre en Finlande. Elle obtient la commune de résidence pour un séjour prévu d’au moins un an ; une couverture relais utile pendant les démarches reste à prévoir.

Adhérent CFE, assurance au 1er euro et touriste

L’adhérent CFE conserve une couverture française en cotisant alors aux deux systèmes : selon ameli.fr, il paie les cotisations obligatoires du pays d’expatriation et celles de la CFE, ce qui évite une interruption de couverture française au retour et la perte de périodes de cotisation retraite. Les conditions d’adhésion et les délais de carence se vérifient auprès de la CFE. Voir le guide remboursements CFE.

L’assurance santé internationale au 1er euro rembourse les frais réels dans la limite de ses plafonds, après franchise éventuelle, carences et exclusions. Elle intervient pour les soins privés, dont la Kela ne rembourse qu’une faible part, sans plafond annuel de participation pour ce secteur (Kela), et peut inclure le rapatriement.

Le touriste présente sa CEAM physique aux prestataires publics, la version numérique n’étant pas acceptée (Kela), et paie le même tarif que les résidents. Une assurance voyage qui couvre l’hospitalisation, le rapatriement et les secours complète utilement la CEAM. Voir l’assurance voyage longue durée.

Retour en France : rouvrir ses droits

Selon ameli.fr (page mise à jour le 19 janvier 2026), un expatrié qui rentre signale son départ à l’organisme d’assurance maladie du pays qu’il quitte, puis dépose le formulaire S1106 de demande d’ouverture des droits auprès de sa caisse d’assurance maladie française. Les adhérents CFE vérifient avec l’organisme les conditions de reprise. Voir le guide réduire le délai de carence et la page retour en France.

Poste par poste : consultation, hospitalisation, médicaments, dentaire, optique, maternité

  • Consultation : au plus 30,20 € en centre de santé en 2026, ou 60,30 € pour un forfait annuel ; au plus 71,30 € pour une consultation spécialisée à l’hôpital et 41,40 € pour une consultation d’urgence de premier niveau (ministère des Affaires sociales et de la Santé). Chez un médecin privé, la Kela rembourse 8 € par consultation depuis le 1er janvier 2026 (Kela).
  • Hospitalisation : au plus 71,50 € par jour de soins, 32,80 € en psychiatrie et 233,80 € pour une chirurgie ambulatoire ; une fois le plafond annuel de 815 € atteint, au plus 26,80 € par jour (ministère des Affaires sociales et de la Santé).
  • Médicaments : la Kela rembourse 40 %, 65 % ou 100 % du prix, après une franchise annuelle de 70,33 € ; le plafond annuel des dépenses à la charge du patient est de 636,12 € en 2026 (Kela).
  • Dentaire : les frais de consultation et de soins dentaires publics comptent dans le plafond annuel de 815 € ; le dentaire privé est remboursé en partie par la Kela, comme le détaille la page système de santé finlandais.
  • Optique : les pages officielles consultées ne décrivent pas de prise en charge des lunettes pour les adultes ; le montant se vérifie auprès de la région de résidence, et les contrats internationaux fixent un plafond par période.
  • Maternité : les services de la maternité sont gratuits pour les personnes ayant une commune de résidence, et l’accouchement dans un hôpital public coûte peu ; un certificat de grossesse est remis à partir de 154 jours de grossesse (InfoFinland). La Kela verse une allocation de maternité de 210 € lorsque le terme est le 1er avril 2026 ou après (170 € avant cette date), ou un colis de maternité complété de 40 € ; la demande se dépose au plus tard deux mois avant le terme (Kela).

Le guide des remboursements et la page assurance santé expatrié donnent des repères ; Expavy aide à confronter ces options à votre situation.

Récapitulatif : qui rembourse selon votre situation

SituationQui rembourse en prioritéCondition ou démarchePoint d'attention
Salarié en contrat localSystème finlandais, tarif des usagersEmploi d'au moins 800,02 € par mois ; commune de résidence ou certificat de droit aux soinsPlafond de 815 € par an pour les soins publics ; Kela pour médicaments et soins privés
Salarié détachéRégime français maintenuA1 pour 24 mois au plus ; S1 ou CEAM pour les soins ; S3125 si frais avancésArrêt maladie à déclarer à la caisse française sous 48 heures
IndépendantSystème finlandaisAffiliation à l'assurance maladie nationale selon sa résidence ou son activitéCotisations à confirmer auprès de l'ETK et du Vero
RetraitéSystème finlandais avec le S1 délivré par la caisse françaiseS1 demandé avant le départ, remis à la KelaCotisation maladie de 3,2 % et 4,2 % sur la pension si résidence fiscale hors de France
ÉtudiantCEAM en séjour temporaire ; système finlandais avec commune de résidenceCEAM à demander avant le départ ; commune de résidence pour un séjour d'au moins un anCaractère permanent du séjour apprécié par la Kela
Conjoint et enfantsSelon le statut de l'assuré et le lieu de résidenceSituation de résidence examinée par la KelaCouverture relais à prévoir pendant les démarches
Personne sans activitéSystème finlandais après commune de résidenceRessources suffisantes pour le droit de séjourCouverture relais pendant l'enregistrement
Adhérent CFECFE en complément du régime finlandaisAdhésion selon les conditions de la CFECotisations aux deux systèmes ; carence selon l'organisme
Assurance au 1er euroAssureur : frais réels dans les plafondsQuestionnaire médical, carences, exclusionsUtile pour le privé, faiblement remboursé par la Kela
TouristeCEAM physique auprès des prestataires publics ; assurance voyageCEAM gratuite, à demander à sa caisse avant le départNi rapatriement, ni soins privés, ni soins programmés
Retour en FranceAssurance Maladie, caisse françaiseFormulaire S1106 de demande d'ouverture des droitsCFE : conditions de reprise selon l'organisme

Sources : CLEISS, Kela, ministère finlandais des Affaires sociales et de la Santé, europa.eu, ameli.fr. Les montants sont ceux de 2026 ; les situations individuelles se vérifient auprès de la caisse concernée.

Questions fréquentes

La carte Vitale fonctionne-t-elle en Finlande ?

Non. Pour un séjour temporaire, la CEAM donne accès aux soins nécessaires du secteur public aux mêmes tarifs que les assurés locaux. Pour une installation durable, la preuve de droits dépend du statut : affiliation à l'assurance maladie finlandaise, formulaire A1 pour un détaché ou formulaire S1 pour un retraité.

Combien paie un patient affilié pour ses soins en Finlande ?

En 2026, au plus 30,20 € par consultation de médecin en centre de santé, 71,30 € pour une consultation spécialisée et 71,50 € par jour d'hospitalisation, le tout plafonné à 815 € par année civile pour les soins publics. Les médicaments ont leur propre plafond de 636,12 €.

Un retraité français peut-il se faire soigner en Finlande ?

Oui, avec le formulaire S1 demandé à sa caisse de retraite avant le départ puis remis à la Kela. Il reçoit un certificat de droit aux soins qui lui donne accès aux soins publics au tarif des usagers, et une cotisation maladie de 3,2 % et 4,2 % est prélevée sur ses pensions françaises si sa résidence fiscale est hors de France.

Que couvre la CEAM en Finlande ?

Les soins nécessaires du secteur public, aux mêmes conditions financières que pour les résidents. Elle ne couvre ni les secours et le rapatriement, ni les soins privés, ni les traitements planifiés. Seule la carte physique est acceptée en Finlande.

Comment un salarié détaché est-il couvert en Finlande ?

Il reste au régime français avec le formulaire A1, valable 24 mois au plus. Pour ses soins, il demande à sa caisse un formulaire S1 pour s'inscrire aux soins locaux ou se fait rembourser par la caisse française ; les soins avancés se remboursent avec le formulaire S3125, et les arrêts maladie se déclarent sous 48 heures.

La Kela rembourse-t-elle les soins privés ?

En partie. Depuis le 1er janvier 2026, la Kela verse 8 € par consultation de médecin privé, avec des montants plus élevés pour un gynécologue ou un psychiatre. Aucun plafond annuel ne s'applique aux soins privés, et la demande se dépose dans les six mois suivant le paiement.

Une assurance au premier euro évite-t-elle l'avance des frais ?

Souvent, grâce à une prise en charge directe organisée avec l'établissement. Les plafonds, franchises, carences et exclusions du contrat déterminent le reste à charge ; ce type de contrat est surtout utile pour les soins privés, faiblement remboursés par la Kela.

Comment rouvrir ses droits au retour en France ?

En signalant son départ à l'organisme d'assurance maladie finlandais, puis en déposant le formulaire S1106 de demande d'ouverture des droits auprès de sa caisse d'assurance maladie française (ameli.fr). Un adhérent CFE vérifie avec l'organisme les conditions de reprise.

Les autres guides : Finlande