Égypte · Travailler et économie
Travailler en Égypte : permis de travail, salaire minimum, impôt, protection sociale et économie
L’essentiel
Un Français qui souhaite travailler en Égypte obtient un permis de travail d'une durée pouvant atteindre trois ans, demandé par l'employeur auprès du ministère du Travail et du service des passeports du ministère de l'Intérieur. Le salaire minimum du secteur privé est de 7 000 livres égyptiennes par mois (environ 119 €) depuis le 1er mars 2025, et celui de la fonction publique passe à 8 000 livres à partir de juillet 2026. Le salaire est soumis à l'impôt égyptien sur les salaires, et la convention fiscale franco-égyptienne répartit le droit d'imposer, avec un seuil de 183 jours pour les séjours courts. Faute de convention de sécurité sociale, le salarié détaché garde en principe le régime français (hors convention) et le salarié local relève des régimes égyptiens.
- 7 000 EGP par mois (environ 119 €) : salaire minimum du secteur privé depuis le 1er mars 2025, avec 28 EGP par heure (environ 0,48 €) pour le temps partiel : Conseil national des salaires.
- 8 000 EGP par mois (environ 136 €) : minimum de la fonction publique à partir de juillet 2026, contre 7 000 EGP auparavant : Premier ministre égyptien.
- 3 ans au plus : durée d'un permis de travail, demandé par l'employeur avec des diplômes authentifiés : France Diplomatie.
- 20 000 EGP par an (environ 340 €) : abattement personnel de l'impôt sur les salaires, dont les taux démarrent à 10 % après une tranche à 0 % : Autorité fiscale égyptienne.
- 183 jours : seuil de la convention fiscale franco-égyptienne (article 15) qui permet à l'État de résidence de conserver l'imposition d'un salaire pour un séjour court.
- 24 % de la valeur ajoutée pour l'industrie, 15,1 % pour le commerce, 11 % pour l'agriculture, 8,4 % pour la construction et 8,1 % pour le tourisme (exercice 2023/24) : France Diplomatie.
Repères économiques : Égypte
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +4,4 %
- Inflation
- 14,1 %
- Taux de chômage
- 6,8 %
- PIB par habitant
- 3 086 $
- Population
- 118,4 millions
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Droit au travail et permis de travail pour un Français
Le visa de tourisme n’ouvre pas droit à l’emploi. France Diplomatie distingue trois situations. Pour une mission d’affaires de moins de trois mois, un visa pour affaires est délivré avant le départ par les services consulaires égyptiens (Paris ou Marseille), sur présentation d’un formulaire, de deux photographies et d’un courrier de la société qui justifie le déplacement. Pour s’établir comme investisseur, un visa pouvant aller jusqu’à cinq ans s’obtient sur place auprès des autorités compétentes. Pour exercer un emploi, le permis de travail peut durer jusqu’à trois ans.
- Qui fait les démarches : l’employeur. Elles se déroulent en Égypte, auprès du service des passeports, de l’immigration et de la nationalité du ministère de l’Intérieur (immeuble du « Mogamma’aa » au Caire) et du ministère de la Main-d’œuvre dans le district où l’employeur exerce son activité. Un visa temporaire couvre la durée de la procédure.
- Pièces : diplômes et attestations d’expérience authentifiés par les services consulaires égyptiens ; une expérience préalable peut être exigée lorsque les qualifications ne correspondent pas à l’emploi.
- Effectifs étrangers : le droit égyptien encadre la place des salariés étrangers dans une entreprise. La proportion applicable à l’entreprise d’accueil se confirme auprès du ministère du Travail avant la signature du contrat.
- Résidence : le service des passeports décrit une résidence d’un an pour les salariés du secteur privé ou du secteur de l’investissement munis d’un permis de travail, ainsi que pour leur conjoint et leurs enfants.
Toutes les procédures de visa sont payantes (France Diplomatie). Le guide travailler à l’étranger détaille les étapes communes à tous les pays, et la page vivre en Égypte présente le visa et la résidence.
Salaire minimum et niveaux de rémunération
Le Conseil national des salaires a fixé le salaire minimum du secteur privé à 7 000 livres égyptiennes par mois à compter du 1er mars 2025 (décision du 10 février 2025), soit environ 119 € au cours de la banque centrale du 04/10/2026 (58,77 à 58,93 EGP pour 1 €). Il a aussi fixé une augmentation annuelle d’au moins 3 % du salaire d’assurance sociale, avec un plancher de 250 EGP par mois, et, pour la première fois, un minimum horaire de 28 EGP pour le temps partiel (State Information Service). Dans la fonction publique, le Premier ministre a annoncé le 1er avril 2026 un minimum de 8 000 EGP (environ 136 €) à partir de juillet, avec une masse salariale en hausse d’environ 21 % sur l’exercice 2026/27.
Ces planchers situent le niveau des rémunérations locales. L’inflation annuelle atteignait 14,5 % en août 2026 (banque centrale), ce qui explique le rythme rapproché des révisions. Pour un cadre ou un spécialiste étranger, la rémunération dépend du poste, du secteur et du type de contrat : un contrat local est exprimé en livres égyptiennes, tandis qu’un package d’expatrié se négocie au cas par cas, souvent avec des éléments liés au logement, à la scolarité et à la santé. Les statistiques de salaires de l’agence statistique égyptienne (CAPMAS) et le service économique de l’ambassade permettent de situer une offre. Le guide budgétiser sa santé à l’expatriation aide à comparer une offre en intégrant l’assurance.
Contrat de travail, cotisations sociales et couverture
Le droit du travail égyptien repose sur la loi n° 14 de 2025 portant Code du travail, promulguée et publiée au Journal officiel le 5 mai 2025 (State Information Service). Avant de signer, il est utile de faire traduire le contrat et de relire la durée, la période d’essai, le préavis, la devise de paiement et les avantages en nature. Sur le plan social, la France et l’Égypte n’ont pas de convention de sécurité sociale (CLEISS) : la convention bilatérale qui coordonne les régimes avec le Maroc ou la Tunisie n’existe pas ici, et le statut détermine l’organisme qui rembourse.
- Salarié local (contrat local) : il relève des régimes égyptiens d’assurance sociale et, dans les gouvernorats où l’assurance maladie universelle est en vigueur, de cette assurance, financée par des cotisations du salarié et de l’employeur (voir le système de santé égyptien).
- Salarié détaché par un employeur français : le CLEISS indique que, hors convention, il reste affilié au régime français pour 3 ans renouvelables une fois, tout en restant redevable des cotisations qui existent dans le pays d’activité. Les soins sont remboursés dans la limite des prestations françaises, sur factures acquittées avec l’imprimé S 3125 ; les enfants qui l’accompagnent ne perçoivent pas de prestations familiales. Voir détaché ou expatrié.
La page remboursement des soins en Égypte détaille chaque situation, du salarié local à l’adhérent de la CFE.
Impôt sur le revenu et convention fiscale franco-égyptienne
Selon l’Autorité fiscale égyptienne (ETA), l’impôt sur les salaires se calcule chaque année sur l’ensemble des sommes perçues, après déduction de l’abattement personnel de 20 000 EGP par an (environ 340 €), de la part salariale d’assurance sociale et des primes d’assurance privée dans la limite de 15 % du revenu net ou de 10 000 EGP (environ 170 €), le plus faible des deux. Les taux commencent à 10 % après une première tranche à 0 %. La loi sur l’impôt sur le revenu a été modifiée à plusieurs reprises, notamment en 2023, en 2024 et par la loi n° 151 de 2026 : le barème du jour se vérifie sur le site de l’autorité.
La France et l’Égypte sont liées par une convention fiscale signée le 19 juin 1980, entrée en vigueur le 1er octobre 1982 et complétée par un avenant du 1er mai 1999, en vigueur depuis le 1er juin 2004 (impots.gouv.fr). Ses règles principales pour un travailleur :
- Résidence (article 4) : en cas de double résidence, la personne est rattachée à l’État où se trouve son foyer d’habitation permanent, puis à celui de son centre des intérêts vitaux, de son séjour habituel ou de sa nationalité.
- Salaires (article 15) : un salaire est imposable dans l’État où l’emploi est exercé. Un résident de France qui séjourne en Égypte au plus 183 jours dans l’année fiscale, payé par un employeur non résident d’Égypte et sans que la charge incombe à un établissement stable égyptien, reste imposable seulement en France.
- Indépendants (article 14) : les revenus sont imposables dans l’État de résidence, et dans l’autre État au-delà de 183 jours de présence ou en présence d’une base fixe.
- Double imposition (article 24) : la France accorde un crédit d’impôt, et l’Égypte exonère ou accorde un crédit selon la nature du revenu.
Un conseil fiscal personnalisé reste utile avant le départ : la résidence fiscale, la rémunération en devises et les éventuelles déclarations en France se traitent selon la situation de chacun.
Indépendants, investisseurs et télétravail
Un indépendant ou un dirigeant d’entreprise s’installe en Égypte par la voie de l’investissement : le ministère de l’Intérieur a annoncé en 2023 une résidence d’un an pour les investisseurs étrangers qui créent une société, renouvelable par l’intermédiaire de l’Autorité générale des investissements (GAFI), et France Diplomatie mentionne un visa allant jusqu’à cinq ans. La convention fiscale (article 14) encadre l’imposition des revenus d’activité indépendante, et le CLEISS précise les règles de protection sociale applicables hors convention.
Pour le télétravail depuis l’Égypte au profit d’un employeur français, les sources officielles consultées ne font état d’aucun visa dédié au travail à distance. Le visa de tourisme n’autorise pas une activité professionnelle prolongée : un séjour durable suppose un titre de résidence adapté, et l’employeur examine la résidence fiscale et la protection sociale du salarié. La page assurance nomade digital et le guide visas nomades numériques présentent les points d’attention.
L'économie égyptienne : secteurs, monnaie et perspectives
L’économie égyptienne, la deuxième d’Afrique avec 380 milliards d’USD de PIB sur l’exercice 2023/24, est diversifiée : industrie manufacturière (24 %), commerce (15,1 %), agriculture (11 %), construction (8,4 %) et tourisme (8,1 %). Le secteur public représente 27 % de l’activité et 74 % des investissements, et le secteur informel couvrirait entre 30 % et 60 % de l’emploi total (France Diplomatie).
- Trois grandes ressources : les transferts de la diaspora (autour de 22 milliards d’euros en 2023/24), le tourisme (record de 19 millions de visiteurs en 2025, soit +21 % sur un an) et les redevances du canal de Suez, qui ont fortement varié avec les tensions régionales depuis 2023.
- Monnaie et financement : la politique monétaire maintient un taux de change flexible. Un programme du Fonds monétaire international, porté à 8 milliards d’USD en mars 2024, et une assistance macro-financière de 7,4 milliards d’euros de l’Union européenne accompagnent les réformes. La livre valait 50,2 EGP pour 1 USD le 5 mars 2026 (France Diplomatie) et 52,2 EGP le 04/10/2026 (banque centrale).
- Place de la France : 180 filiales d’entreprises françaises emploient plus de 50 000 personnes, dans l’industrie, l’aéronautique, l’eau et l’assainissement, l’agro-industrie, les équipements électriques, la pharmacie, la distribution, les hydrocarbures, le tourisme et les infrastructures ; les échanges bilatéraux ont atteint 24,94 milliards d’euros en 2024.
Les perspectives dépendent de la croissance des investissements privés, du tourisme et de la stabilité du change : le tableau de bord des repères économiques ci-dessus suit en continu la croissance, l’inflation, le chômage et le change.
Trouver un poste : réseaux français et démarches
Plusieurs relais facilitent la recherche d’emploi ou la création d’activité. Le service économique de l’ambassade (Zamalek, Le Caire) et Business France accompagnent les entreprises françaises, la Chambre de commerce et d’industrie française en Égypte (Mohandessine, Gizeh) anime un réseau d’entreprises, et l’ambassade publie une rubrique d’offres d’emploi et d’appels à projets. Le consulat général du Caire tient aussi une liste de notoriété de professionnels francophones (avocats, traducteurs) utile pour relire un contrat ou des documents officiels. Une fois le poste obtenu, la mise en place de l’assurance santé avant l’arrivée évite toute interruption de couverture.
Récapitulatif : quel statut pour travailler en Égypte
| Statut | Autorisation de travail | Protection sociale | Impôt |
|---|---|---|---|
| Salarié local | Permis de travail demandé par l'employeur (3 ans au plus) | Régimes égyptiens ; assurance santé universelle dans les gouvernorats couverts | Impôt égyptien sur les salaires ; convention art. 15 |
| Salarié détaché | Permis de travail demandé par l'employeur | Régime français maintenu hors convention (3 ans renouvelables une fois) | Résidence fiscale et 183 jours à examiner |
| Indépendant, investisseur | Résidence d'investisseur (1 an renouvelable ; jusqu'à 5 ans selon France Diplomatie) | CFE ou assurance internationale ; règles CLEISS hors convention | Convention art. 14 (base fixe, 183 jours) |
| Télétravailleur | Aucun visa dédié identifié ; titre de résidence adapté | À examiner avec l'employeur ; CFE ou assurance internationale | Résidence fiscale à déterminer (art. 4) |
| Mission courte (moins de 3 mois) | Visa pour affaires délivré avant le départ | Régime français en général conservé ; à confirmer avec l'employeur | Salaire imposable en France sous conditions (art. 15, 183 jours) |
Sources : France Diplomatie, CLEISS, Autorité fiscale égyptienne, impots.gouv.fr, State Information Service. Conversions au cours de la banque centrale d'Égypte du 04/10/2026.
Questions fréquentes
Un Français peut-il travailler en Égypte avec un visa de tourisme ?
Non : le visa de tourisme ne donne pas droit à l'emploi. Pour exercer un emploi, l'employeur demande un permis de travail, d'une durée pouvant atteindre trois ans, au ministère de la Main-d'œuvre et au service des passeports du ministère de l'Intérieur, avec des diplômes authentifiés par les services consulaires égyptiens.
Quel est le salaire minimum en Égypte ?
Dans le secteur privé, 7 000 EGP par mois (environ 119 €) depuis le 1er mars 2025, avec une augmentation annuelle d'au moins 3 % du salaire d'assurance et 28 EGP par heure pour le temps partiel. Dans la fonction publique, 8 000 EGP (environ 136 €) à partir de juillet 2026.
Comment est imposé un salaire en Égypte ?
L'impôt se calcule chaque année après un abattement personnel de 20 000 EGP (environ 340 €), la part salariale d'assurance sociale et certaines primes d'assurance. Les taux démarrent à 10 % après une tranche à 0 % ; le barème du jour se vérifie auprès de l'Autorité fiscale égyptienne.
La France et l'Égypte ont-elles une convention fiscale ?
Oui, signée le 19 juin 1980 et entrée en vigueur le 1er octobre 1982, avec un avenant du 1er mai 1999. Elle fixe la résidence fiscale, la règle des 183 jours pour les salaires, le sort des revenus indépendants et la méthode d'élimination de la double imposition.
Quelle protection sociale pour un salarié français en Égypte ?
Il n'existe pas de convention de sécurité sociale entre les deux pays. Le salarié local relève des régimes égyptiens, et le salarié détaché garde en principe le régime français hors convention pour 3 ans renouvelables une fois, avec des soins remboursés dans la limite des prestations françaises.
Peut-on télétravailler depuis l'Égypte pour un employeur français ?
Les sources officielles consultées ne mentionnent pas de visa dédié au télétravail. Un séjour durable suppose un titre de résidence, et l'employeur vérifie la résidence fiscale et la protection sociale du salarié avant de valider l'organisation.
Quels sont les secteurs forts de l'économie égyptienne ?
L'industrie manufacturière (24 % de la valeur ajoutée), le commerce (15,1 %), l'agriculture (11 %), la construction (8,4 %) et le tourisme (8,1 %), selon France Diplomatie pour l'exercice 2023/24. Le secteur public pèse 27 % de l'activité.
Les autres guides : Égypte
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
