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Égypte · Système de santé

Système de santé égyptien : public, privé, assurance maladie universelle, urgences et risques sanitaires

L’essentiel

Le système de santé égyptien associe un réseau public (ministère de la Santé, hôpitaux universitaires, organismes d'assurance) et un secteur privé installé surtout au Caire, à Alexandrie et dans les stations de la mer Rouge. L'assurance maladie universelle, instituée par la loi n° 2 de 2018, couvre déjà six gouvernorats, dont le Sud-Sinaï et Louxor, et s'étend par phases. Pour un étranger résident, la loi prévoit que l'autorité peut proposer ses services selon des conditions qu'elle fixe, ce qui invite à confirmer l'accès gouvernorat par gouvernorat. En urgence, le 123 joint le service des ambulances, et France Diplomatie juge impératif de disposer d'un contrat d'assistance couvrant frais médicaux et rapatriement.

  • 123 : numéro des urgences médicales (Organisation égyptienne des ambulances), avec un centre d'appels national ouvert 24 heures sur 24.
  • 1 839 hôpitaux et plus de 694 000 professionnels de santé en juillet 2026 : ministre de la Santé et de la Population (State Information Service).
  • 6 gouvernorats couverts par la première phase de l'assurance maladie universelle (Port-Saïd, Ismaïlia, Suez, Sud-Sinaï, Louxor, Assouan) ; 5 autres prévus en seconde phase : Minya, Matrouh, Damiette, Kafr el-Cheikh, Nord-Sinaï.
  • 57,2 % de la dépense courante de santé payée directement par les ménages en 2023 : Banque mondiale.
  • 5 % du coût d'une opération (plafond de 300 EGP, environ 5 €) et 10 % du prix des médicaments (plafond de 1 000 EGP, environ 17 €) : participation de l'assuré de l'assurance universelle.
  • 5 injections (jours 0, 3, 7, 14 et 28) pour le protocole antirabique, délivrées à l'hôpital ou dans 317 centres publics : France Diplomatie.

Organisation du système : public, universitaire et privé

Le ministre de la Santé et de la Population a recensé en juillet 2026 1 839 hôpitaux et plus de 694 000 professionnels de santé (State Information Service). Le ministère gère les unités et centres de soins primaires, les hôpitaux généraux, de district et spécialisés ; les hôpitaux universitaires forment un second pilier public, et l’organisation d’assurance maladie historique (HIO), l’organisme de soins curatifs et l’organisation générale des hôpitaux et instituts d’enseignement figurent parmi les organismes rattachés au ministère. Le secteur privé complète l’offre, avec des cliniques et hôpitaux concentrés dans les grandes villes et les stations balnéaires.

La Banque mondiale évalue la dépense courante de santé à 4,88 % du PIB en 2023 et à 57,2 % la part de cette dépense payée directement par les ménages ; l’espérance de vie atteignait 71,8 ans en 2024. Ces chiffres expliquent l’importance accordée à la réforme de l’assurance maladie universelle, qui vise à réduire le reste à charge. La page budgétiser sa santé à l’expatriation aide à anticiper ces frais.

L'assurance maladie universelle, gouvernorat par gouvernorat

La loi n° 2 de 2018 a créé un système fondé sur la famille, géré par trois organismes : l’Autorité de l’assurance santé universelle (UHIA), qui finance et achète les soins, l’Autorité de soins de santé (EHA), qui regroupe les hôpitaux et unités publics, et l’autorité d’accréditation et de contrôle de la qualité. Les soins couverts vont du médecin de famille aux spécialistes, à l’hospitalisation, à la chirurgie, à l’imagerie, aux analyses, aux médicaments, aux soins dentaires, à l’oncologie et aux urgences. L’assuré participe à hauteur de 5 % du coût d’une opération (plafond de 300 EGP, environ 5 €), de 10 % de l’imagerie et des analyses (plafond de 750 EGP, environ 13 €) et de 10 % des médicaments (plafond de 1 000 EGP, environ 17 €) ; les maladies chroniques et cancers en sont exemptés (UHIA).

  • Première phase : lancée à Port-Saïd en juillet 2019, puis étendue à Ismaïlia, Suez, au Sud-Sinaï, à Louxor et à Assouan, sixième gouvernorat inauguré le 1er juillet 2025. Plus de 6 millions de personnes y sont inscrites, dont environ 5,2 millions bénéficiaires (State Information Service, avril 2026).
  • Seconde phase : Minya (essai prévu en avril 2026), Matrouh, Damiette, Kafr el-Cheikh et Nord-Sinaï, avec 70 hôpitaux et plus de 12 millions de personnes visées ; l’entrée d’Alexandrie est à l’étude. Le calendrier initial s’étendait jusqu’en 2032 ; des directives présidentielles visent désormais une généralisation d’ici 2027.
  • Cotisations : 1 % du salaire d’assurance pour le salarié (plus 3 % pour un conjoint sans revenu et 1 % par enfant), 4 % pour l’employeur (3 % maladie, 1 % accidents du travail), 5 % pour une profession libérale et 2 % de la pension pour un retraité (UHIA).
  • Inscription : carte d’identité nationale, pièces d’état civil de la famille et passage par l’unité de soins primaires la plus proche, puis rattachement à un médecin de famille ; la ligne d’assistance est le 15344.

Le gouvernorat de la mer Rouge (Hurghada, El Gouna, Safaga, Marsa Alam), Le Caire et Gizeh ne figurent pas dans les gouvernorats annoncés pour les deux premières phases, et Alexandrie est à l’étude.

Accès pour un étranger : assurance locale ou assurance privée

La loi s’applique obligatoirement aux citoyens égyptiens résidant en Égypte. Pour les étrangers, l’UHIA précise qu’elle peut fournir le service aux étrangers résidents ou de passage selon les règles et conditions qu’elle fixe, en tenant compte de la réciprocité. Cette ouverture est donc encadrée : un Français installé à Louxor ou à Charm el-Cheikh interroge l’UHIA et son employeur sur son éligibilité et sur la cotisation applicable avant de compter sur ce régime. Dans les autres gouvernorats, les régimes d’assurance existants continuent de s’appliquer aux assurés égyptiens, et les étrangers s’appuient généralement sur une assurance privée ou internationale.

France Diplomatie rappelle que l’État français ne prend pas en charge les frais de santé à l’étranger et qu’il faut disposer d’un contrat d’assistance ou d’assurance couvrant les frais médicaux, la chirurgie, l’hospitalisation et le rapatriement. La page remboursement des soins en Égypte détaille qui rembourse selon le statut, et le guide CFE ou assurance privée aide à choisir.

Médecin de premier recours et hôpitaux

Dans les gouvernorats de l’assurance universelle, le parcours commence chez le médecin de famille de l’unité de soins primaires, qui oriente vers un spécialiste puis vers l’hôpital si nécessaire. Ailleurs, un résident consulte directement un généraliste ou un spécialiste, souvent dans le secteur privé, et choisit l’hôpital selon la pathologie et son contrat d’assurance. France Diplomatie publie la liste des établissements de référence avec leurs numéros d’urgence pour Le Caire, Alexandrie, Louxor, Hurghada, El Gouna et Charm el-Cheikh ; la consulter avant l’arrivée permet d’enregistrer les contacts de sa ville. Le guide vérifier le réseau conventionné explique comment s’assurer qu’un établissement est accepté par son assureur.

Pour la rage, France Diplomatie cite trois hôpitaux publics du Grand Caire (Oum El Masreyeen et Al Agouza à Gizeh, hôpital public de Zayed à Cheikh Zayed) ainsi que 317 centres publics qui délivrent le protocole de cinq injections.

Urgences : numéros utiles et évacuation

  • Ambulance : 123. Le centre d’appels national de l’Organisation égyptienne des ambulances fonctionne 24 heures sur 24 et oriente les véhicules selon la position et la disponibilité, avec une application pour les demandes non urgentes (State Information Service).
  • Police touristique : 126, depuis un téléphone fixe ou mobile dans l’agglomération du Caire (France Diplomatie).
  • Ambassade de France : +20 2 35 67 32 00 pour les urgences consulaires ; des représentants consulaires sont présents à Hurghada et Charm el-Cheikh, et un consul honoraire à Louxor.
  • Plongée en mer Rouge : caissons de décompression à Hurghada (2), El Gouna (1), Safaga (1), Marsa Alam (1), Charm el-Cheikh (2) et Dahab (2) ; Nouweiba et Taba n’en possèdent pas, et les étrangers y sont évacués vers Eilat (France Diplomatie).

En cas d’accident de la route, France Diplomatie note que l’assistance aux blessés est aléatoire et qu’il faut souvent solliciter d’autres automobilistes : une assurance d’assistance incluant le rapatriement sanitaire prend ici tout son sens. Voir rapatriement et assistance.

Médicaments et pharmacies

France Diplomatie indique que les grandes pharmacies du Caire proposent des médicaments de base à des prix très inférieurs à ceux de l’Europe, tout en précisant que les pénuries ne sont pas rares. Elle recommande de voyager avec les médicaments nécessaires dans leur emballage d’origine, accompagnés d’une ordonnance mentionnant les dénominations communes internationales. Une ordonnance, si possible en anglais ou traduite en arabe, est impérative pour les médicaments contenant des corticoïdes. Le tramadol et les produits contenant du CBD sont interdits en Égypte.

Risques sanitaires, vaccinations, eau et hépatites

France Diplomatie demande de mettre à jour les vaccins habituels (diphtérie-tétanos-poliomyélite, coqueluche, rougeole) et propose, selon le séjour, les vaccins contre l’hépatite A, la fièvre typhoïde, la méningite ACWY (saison sèche ou épidémies), l’hépatite B (séjours fréquents ou prolongés), la rage (jeunes enfants, séjours en milieu rural) et le mpox en cas d’exposition. La fièvre jaune est exigée pour les voyageurs venant d’une zone d’endémie.

  • Eau et alimentation : boire de l’eau en bouteille capsulée ou purifiée, éviter les crudités, les fruits de mer et les buffets froids, se laver les mains régulièrement. La fièvre typhoïde se transmet par l’eau contaminée.
  • Hépatites : l’Organisation mondiale de la santé a salué en octobre 2023 l’Égypte comme premier pays à atteindre le « palier or » sur la voie de l’élimination de l’hépatite C, après l’une des plus fortes prévalences du monde. France Diplomatie propose la vaccination contre l’hépatite A selon les conditions du séjour et contre l’hépatite B pour les séjours fréquents ou prolongés.
  • Moustiques : dengue et Zika se préviennent par vêtements couvrants, répulsifs et moustiquaires ; les femmes enceintes consultent un médecin avant le départ.
  • Air et chaleur : la pollution atmosphérique est particulièrement élevée au Caire ; les personnes fragiles limitent les sorties lors des pics. La grippe aviaire reste endémique chez les volailles, sans cas humain détecté depuis 2017.

La page assurance santé expatrié présente les garanties à comparer, et Expavy aide à les confronter à votre situation avant le départ.

Questions fréquentes

Quel numéro appeler pour une urgence médicale en Égypte ?

Le 123 joint l'Organisation égyptienne des ambulances, dont le centre d'appels national est ouvert 24 heures sur 24. La police touristique répond au 126 dans l'agglomération du Caire, et l'ambassade de France au +20 2 35 67 32 00.

L'assurance maladie universelle égyptienne couvre-t-elle un résident français ?

La loi n° 2 de 2018 s'applique obligatoirement aux citoyens égyptiens. L'UHIA indique qu'elle peut fournir ses services aux étrangers résidents selon les conditions qu'elle fixe, avec une condition de réciprocité : l'accès se confirme auprès de l'UHIA, au 15344, pour le gouvernorat concerné.

Dans quels gouvernorats l'assurance maladie universelle est-elle déjà en place ?

Port-Saïd, Ismaïlia, Suez, Sud-Sinaï, Louxor et Assouan forment la première phase. La seconde phase concerne Minya, Matrouh, Damiette, Kafr el-Cheikh et Nord-Sinaï, et l'entrée d'Alexandrie est à l'étude. Le Caire, Gizeh et la mer Rouge ne sont pas annoncés à ce stade.

Peut-on boire l'eau du robinet en Égypte ?

France Diplomatie recommande de boire uniquement de l'eau en bouteille capsulée ou de l'eau purifiée, de se laver les mains régulièrement et d'éviter les crudités, les fruits de mer et les buffets froids, notamment à cause de la fièvre typhoïde.

Quels vaccins faut-il pour vivre en Égypte ?

Les vaccins habituels (diphtérie-tétanos-poliomyélite, coqueluche, rougeole) doivent être à jour. Selon le séjour, France Diplomatie propose les hépatites A et B, la fièvre typhoïde, la méningite ACWY, la rage et le mpox ; la fièvre jaune est exigée depuis une zone d'endémie.

Où en est la lutte contre l'hépatite C en Égypte ?

L'Organisation mondiale de la santé a reconnu l'Égypte en octobre 2023 comme premier pays au « palier or » sur la voie de l'élimination de l'hépatite C. France Diplomatie propose la vaccination contre l'hépatite A selon le séjour et contre l'hépatite B pour les séjours fréquents ou prolongés.

Les médicaments sont-ils faciles à trouver en Égypte ?

Les grandes pharmacies du Caire proposent des médicaments de base à des prix inférieurs à ceux de l'Europe, mais les pénuries ne sont pas rares. Il convient de voyager avec ses traitements, en emballage d'origine, avec une ordonnance en dénomination commune internationale.

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