Fiche pays — Afrique et océan Indien
Assurance expatrié et assurance santé au Burundi

En 5 lignes
Le Burundi impose un visa obligatoire à obtenir en ligne (e-visa) avant le départ ou délivré à l'arrivée à l'aéroport de Bujumbura contre 90 USD, valable un mois et prolongeable sur place ; aucun justificatif d'assurance santé n'a été identifié parmi les pièces exigées, mais France Diplomatie qualifie d'impératif un contrat couvrant frais médicaux et évacuation sanitaire, les infrastructures médicales et hospitalières du pays étant qualifiées de défaillantes par cette même source. Aucune convention bilatérale de sécurité sociale entre la France et le Burundi n'a été identifiée : le CLEISS ne recense que 16 pays et territoires africains conventionnés, et le Burundi n'y figure pas. Le pays dispose d'un régime national d'assurance maladie, la Carte d'Assurance Maladie (CAM), rendue obligatoire par une ordonnance interministérielle de février 2025 pour tout adulte non couvert par un autre mécanisme, au tarif de 3 000 BIF et avec une prise en charge annoncée de 80 % des soins de premier niveau — un régime conçu pour la population résidente burundaise, sans équivalence avec une couverture reconnue en France. À Bujumbura, l'Hôpital Prince Régent Charles (public, plus de 600 lits) et le CHUK/Hôpital Roi Khaled (centre hospitalo-universitaire, référence nationale) constituent l'essentiel de l'offre publique, complétés par la clinique privée Kira Hospital. France Diplomatie déconseille formellement l'intégralité de la frontière avec la République démocratique du Congo et certaines zones proches de la frontière rwandaise, classe d'autres secteurs en déconseillé sauf raison impérative, et place le reste du territoire, dont Bujumbura, sous vigilance renforcée avec des restrictions de circulation nocturne.
Chiffres clés
- 350 Français inscrits au registre consulaire en 2025, contre 351 l'année précédente (-0,28 %).
- Espérance de vie à la naissance : environ 63,8 ans en 2024 (Banque mondiale).
- Dépense de santé courante : environ 9,1 % du PIB en 2023 (Banque mondiale).
- Intégralité de la frontière avec la RDC formellement déconseillée par France Diplomatie ; reste du territoire, dont Bujumbura, sous vigilance renforcée.
Système de santé local
France Diplomatie décrit de façon générale les infrastructures médicales et hospitalières du Burundi comme défaillantes. Le pays dispose néanmoins d’un régime national d’assurance maladie, la Carte d’Assurance Maladie (CAM), créé dès 1984 pour les populations du secteur informel puis rendu obligatoire, par une ordonnance interministérielle conjointe (Intérieur/Sécurité, Finances/Budget, Santé publique) du 7 février 2025, pour tout ménage et toute personne majeure ne bénéficiant pas déjà d’une autre couverture (mutuelle de la fonction publique, mutuelle communautaire). Son coût de base est de 3 000 BIF, avec une prise en charge annoncée de 80 % des frais de soins courants (consultations, hospitalisation, médicaments génériques), les 20 % restants demeurant à la charge du patient sous forme de ticket modérateur, et certains actes comme la chirurgie restant facturés à 100 %. La mise en œuvre de cette obligation a fait l’objet de témoignages de presse locale faisant état d’un nombre de cartes disponibles inférieur à la demande dans certaines provinces. La Mutuelle de la fonction publique couvre par ailleurs les agents de l’État et du secteur semi-public, soit environ 10 % de la population selon les estimations disponibles. Ce régime, conçu pour la population résidente burundaise, ne constitue en aucun cas une couverture reconnue en France ni un substitut à un rapatriement sanitaire pour un ressortissant français.
À Bujumbura, l’Hôpital Prince Régent Charles, établissement public ouvert en 1949, est le plus grand hôpital du pays avec plus de 600 lits et le statut d’hôpital de référence nationale. Le CHUK (Centre Hospitalo-Universitaire de Kamenge), également appelé Hôpital Roi Khaled, est le second centre hospitalo-universitaire de référence de la capitale. Le secteur privé reste limité : le Kira Hospital, ouvert en 2015 avec des financements suisses, une compagnie d’assurance locale et des investisseurs privés, propose des services spécialisés auparavant indisponibles dans le pays. Aucun de ces établissements n’est présenté par France Diplomatie comme répondant aux normes européennes de qualité des soins et de diagnostic.
Obligations légales et de visa
- Visa obligatoire : demande en ligne (e-visa) auprès des autorités burundaises (migration.gov.bi) avant le départ, ou délivrance à l’arrivée à l’aéroport de Bujumbura contre paiement de 90 USD. France Diplomatie recommande vivement de conserver une copie imprimée du certificat généré et transmis par courriel après validation.
- Durée : un mois maximum, avec possibilité de prolongation sur place auprès des autorités locales.
- Vaccination contre la fièvre jaune obligatoire, à réaliser dans un centre agréé, avec présentation d’un certificat international à l’entrée.
- Vaccinations recommandées selon le profil et la durée du séjour, d’après France Diplomatie : hépatites A et B, fièvre typhoïde, méningite ACWY, rage, tuberculose pour les enfants de moins de 15 ans, et mpox selon l’exposition.
- Paludisme à transmission présente toute l’année, avec une recrudescence de décembre à mai : chimioprophylaxie à déterminer avec un médecin de voyage avant le départ.
- Aucune obligation légale d’assurance santé nommément désignée pour l’entrée, mais France Diplomatie qualifie d’impérative la souscription d’un contrat couvrant frais médicaux, hospitalisation et évacuation sanitaire, l’ambassade ne prenant en charge aucun frais.
- CFE recommandée, aucune convention franco-burundaise ne coordonnant la branche maladie.
Contexte, traité ici uniquement sous l’angle de l’accès aux soins et de la circulation : France Diplomatie déconseille formellement l’intégralité de la frontière avec la République démocratique du Congo (la route vers Gatumba et le poste frontière associé, ouvert de jour uniquement), ainsi que certains secteurs proches de la frontière rwandaise et le nord du parc national de la Kibira. D’autres zones, notamment le centre de la forêt de la Kibira et les abords de la frontière congolaise, sont classées déconseillées sauf raison impérative. Le reste du territoire, y compris Bujumbura, est placé sous vigilance renforcée, avec des restrictions de circulation la nuit recommandées dans la capitale comme dans les provinces. La frontière terrestre entre le Burundi et le Rwanda est fermée depuis le 11 janvier 2024 (les liaisons aériennes ne sont pas concernées). L’ambassade de France à Bujumbura fonctionne normalement, sur rendez-vous.
Coût de quelques actes médicaux
Ordres de grandeur relevés auprès de sources spécialisées, pas des grilles tarifaires officielles.
| Acte | Secteur public | Secteur privé |
|---|---|---|
| Visa (e-visa ou délivrance à l'arrivée, un mois) | — | 90 USD |
| Carte d'Assurance Maladie (CAM), régime national | 3 000 BIF (environ 1 USD), prise en charge annoncée de 80 % des soins courants | — |
| Consultation généraliste (Bujumbura) | tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement | tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement |
| Hospitalisation, Hôpital Prince Régent Charles ou CHUK | tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement | — |
| Consultation ou hospitalisation, Kira Hospital | — | tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement |
| Évacuation sanitaire (cas grave) | — | coût non communiqué publiquement ; infrastructures locales qualifiées de défaillantes par France Diplomatie |
Accords de sécurité sociale avec la France
Aucune convention bilatérale de sécurité sociale entre la France et le Burundi n’a été identifiée. Le CLEISS ne recense que 16 pays et territoires africains ayant conclu un accord de ce type avec la France (Algérie, Bénin, Cameroun, Cap-Vert, Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Madagascar, Mali, Maroc, Mauritanie, Mayotte, Niger, Sénégal, Togo, Tunisie) — le Burundi n’y figure pas. En l’absence de tout accord, aucune coordination n’existe pour la maladie, la maternité, la vieillesse ou les prestations familiales entre les deux régimes.
- Aucun formulaire de maintien de droits français n’est applicable au Burundi.
- Aucune totalisation des périodes d’assurance, aucune exportation de droits.
- L’affiliation à la CFE ou la souscription d’une assurance privée internationale sont les seules voies de couverture reconnues par un système français, quel que soit le profil.
- La Carte d’Assurance Maladie (CAM) est un régime conçu pour la population résidente burundaise ; même lorsqu’un résident étranger peut y être rattaché localement, elle ne constitue ni une couverture reconnue en France, ni un substitut à un rapatriement sanitaire.
Quelle assurance selon mon profil
Matrice générale — ne recommande aucun produit ni assureur précis.
| Profil | Contrainte réglementaire | Points d’attention |
|---|---|---|
| Touriste / court séjour | Visa obligatoire (e-visa avant départ ou 90 USD à l'arrivée, un mois), aucune assurance santé formellement exigée | Zones frontalières avec la RDC formellement déconseillées ; assurance voyage avec évacuation sanitaire fortement recommandée par France Diplomatie, l'ambassade ne prenant en charge aucun frais |
| Étudiant | Aucune obligation légale d'assurance maladie spécifique identifiée au-delà des exigences propres à l'établissement d'accueil | Vérifier les exigences de l'université ou du programme d'échange avant le départ ; couverture santé et évacuation sanitaire indispensable compte tenu des infrastructures médicales qualifiées de défaillantes |
| Salarié détaché / expatrié | Aucune exigence d'assurance santé explicite identifiée pour un permis de travail ou de séjour | Absence de convention bilatérale santé : couverture privée internationale ou CFE recommandée dans tous les cas ; se renseigner auprès de l'employeur sur une éventuelle assurance locale complémentaire |
| Volontaire / personnel humanitaire ou ONG | Aucun régime spécifique identifié ; conditions d'assurance généralement fixées par l'organisation d'envoi | Vérifier que la couverture proposée par l'organisme d'accueil inclut hospitalisation et évacuation sanitaire, la CAM locale n'étant pas conçue pour ce profil ; se tenir informé des zones sous vigilance renforcée ou déconseillées |
| Retraité | Aucune couverture maladie via une convention bilatérale, faute d'accord | CFE ou assurance privée internationale indispensable, avec rapatriement sanitaire inclus, le plateau technique local restant limité même à Bujumbura |
Hôpitaux et réseau de soins
- Bujumbura — Hôpital Prince Régent Charles : établissement public de référence nationale ouvert en 1949, plus grand hôpital du pays avec plus de 600 lits.
- Bujumbura — CHUK (Centre Hospitalo-Universitaire de Kamenge), également appelé Hôpital Roi Khaled : second centre hospitalo-universitaire de référence de la capitale.
- Bujumbura — Kira Hospital : établissement privé ouvert en 2015 avec des financements suisses et locaux, services spécialisés auparavant indisponibles dans le pays.
- Aucun établissement burundais n'est présenté par France Diplomatie comme répondant aux normes européennes de qualité des soins et de diagnostic.
Démarches
- Avant le départ : demande d’e-visa en ligne (migration.gov.bi) ou préparation du paiement de 90 USD pour un visa à l’arrivée, et conservation d’une copie imprimée du certificat reçu par courriel.
- Avant le départ : souscrire une assurance ou un contrat d’assistance couvrant hospitalisation et évacuation sanitaire, en l’absence de toute coordination franco-burundaise et compte tenu des infrastructures locales qualifiées de défaillantes.
- Avant le départ : consultation médicale/centre de vaccination pour la fièvre jaune (obligatoire), les hépatites A et B, la fièvre typhoïde, la méningite ACWY, et la prophylaxie antipaludéenne.
- Avant tout déplacement : consulter les conseils aux voyageurs de France Diplomatie, actualisés régulièrement, certaines zones frontalières étant formellement déconseillées ou déconseillées sauf raison impérative.
- Affiliation volontaire à la CFE recommandée en l’absence de toute coordination maladie.
- Dans les mois suivant l’arrivée : inscription au registre des Français établis hors de France, auprès de l’ambassade de France à Bujumbura (ouverte sur rendez-vous).
Questions fréquentes
Faut-il une assurance santé pour entrer au Burundi ?
Aucun justificatif d'assurance n'a été identifié parmi les pièces requises pour le visa, mais France Diplomatie qualifie d'impérative la souscription d'un contrat couvrant frais médicaux, hospitalisation et évacuation sanitaire, les infrastructures médicales locales étant qualifiées de défaillantes et l'ambassade ne prenant en charge aucun frais.
Qu'est-ce que la Carte d'Assurance Maladie (CAM) burundaise, et un expatrié français peut-il en bénéficier ?
C'est le régime national d'assurance maladie du Burundi, rendu obligatoire en février 2025 pour tout adulte non couvert par un autre mécanisme, au tarif de 3 000 BIF, avec une prise en charge annoncée de 80 % des soins courants. Conçue pour la population résidente burundaise, elle ne remplace pas une assurance reconnue en France pour un ressortissant français.
La sécurité sociale française coordonne-t-elle la santé avec le Burundi ?
Non : aucune convention bilatérale de sécurité sociale entre la France et le Burundi n'a été identifiée. Le CLEISS ne recense que 16 pays et territoires africains conventionnés, et le Burundi n'y figure pas ; aucune coordination maladie n'existe donc entre les deux régimes.
Où se faire soigner à Bujumbura en cas de besoin sérieux ?
L'Hôpital Prince Régent Charles, établissement public de référence de plus de 600 lits, et le CHUK (Hôpital Roi Khaled), centre hospitalo-universitaire, sont les principales structures publiques. Le Kira Hospital, clinique privée ouverte en 2015, propose des services spécialisés. Aucun de ces établissements n'est présenté comme répondant aux normes européennes de qualité des soins.
Quelles zones du Burundi sont déconseillées par France Diplomatie ?
L'intégralité de la frontière avec la République démocratique du Congo est formellement déconseillée, de même que certains secteurs proches de la frontière rwandaise et le nord du parc national de la Kibira. D'autres zones sont déconseillées sauf raison impérative. Le reste du territoire, dont Bujumbura, est placé sous vigilance renforcée, avec des restrictions de circulation nocturne recommandées.
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Rédaction Expavy
Sources
- France Diplomatie — Burundi, Conseils aux voyageurs, Sécurité
- France Diplomatie — Burundi, Conseils aux voyageurs, Santé
- France Diplomatie — Burundi, Conseils aux voyageurs, Entrée et séjour
- France Diplomatie — Burundi, page pays (conseils par pays / destination)
- France Diplomatie — Registre mondial des Français établis hors de France (carte-registre, données 2025)
- CLEISS — Fiches pays (liste des pays conventionnés, Burundi absent)
- Banque mondiale — Espérance de vie à la naissance, Burundi
- Banque mondiale — Dépense de santé courante (% du PIB), Burundi
- Office Burundais des Recettes (OBR) — Communiqué relatif à la Carte d'Assurance Maladie (CAM)
- P4H Network — In Burundi, the Carte d'Assistance Maladie (CAM) is compulsory for everyone
- IWACU (Burundi) — Édition spéciale, Carte d'assurance maladie : est-elle viable ?
- Wikipedia — Prince Regent Charles Hospital (Bujumbura)
- Wikipedia — Kamenge University Hospital (CHUK)
- Wikipedia — Kira Hospital
- Ambassade de France au Burundi — Section consulaire