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Guide étudiant

Stage ou études à l’étranger : convention, santé, durée et financement

Un stage ou un semestre d’études à l’étranger demande une préparation sur quatre fronts : la convention, la rémunération, la couverture santé et le financement. Ce guide suit l’ordre d’un dossier de départ, avec les règles de la carte européenne d’assurance maladie, les seuils de durée et les aides disponibles.

Stage ou études : deux projets, une même préparation

Un étudiant français peut partir à l’étranger dans deux cadres. Le premier est l’échange universitaire ou le cursus complet dans un établissement étranger, avec ou sans programme Erasmus+. Le second est le stage, effectué dans une entreprise, une association ou un laboratoire, encadré par une convention signée avec son établissement d’origine. Les deux ouvrent des droits à des aides et des seuils de durée qui décident de la couverture santé. Pour le principe général des exigences d’assurance par pays, voir le guide étudiant à l’étranger, et pour les échanges européens le guide Erasmus et échanges universitaires.

Les points à vérifier sont les mêmes dans les deux cas : ce que demande le pays d’accueil pour le visa, ce que demande l’établissement pour l’inscription, le niveau de couverture santé qui en découle et le financement. La page assurance étudiant à l’étranger recense les exigences par destination.

La convention de stage et la recherche d’un stage

Le stage est une expérience professionnelle temporaire destinée à acquérir des compétences en lien avec la formation, sous la responsabilité d’un tuteur. Il repose sur une convention écrite, signée avant le début par le stagiaire, l’organisme d’accueil, le tuteur, l’établissement d’enseignement et l’enseignant référent. Ce document protège toutes les parties et précise les missions, la durée, les horaires et la gratification. La durée légale d’un stage dans un même organisme d’accueil est de six mois, soit 924 heures, avec la possibilité d’enchaîner plusieurs stages dans l’année auprès d’employeurs différents. Les stages à l’étranger sont autorisés, avec une vérification de la couverture santé et des conditions de visa propres au pays.

Plusieurs pistes ouvrent la recherche d’un stage à l’étranger :

  • Le service des relations internationales de l’établissement, qui connaît les partenaires, instruit les candidatures Erasmus+ et signe la convention.
  • Erasmus+ stage, pour une mobilité de stage dans un pays européen, financée par une bourse.
  • France Travail et EURES, qui regroupent des offres internationales, des ressources pour adapter son CV et, côté France Travail, des informations sur les stages Erasmus+ en Europe.
  • Les réseaux : anciens élèves, enseignants, entreprises présentes à l’étranger, candidatures spontanées.
  • Business France, pour un premier poste après le diplôme : le VIE s’adresse aux 18-28 ans, pour des missions de 6 à 24 mois dans 119 pays (chiffre de juin 2026).

Pour un salarié qui souhaite poursuivre à l’international, le guide travailler à l’étranger prend le relais.

La gratification : le repère français et la règle du pays

En France, un stage donne lieu à une gratification dès qu’il dépasse deux mois consécutifs (44 jours à raison de 7 heures par jour), ou 309 heures au total, même réparties sur plusieurs périodes. Le service-public.fr indique pour 2026 un minimum de 4,50 € par heure de stage, soit 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale, versé chaque mois, calculé sur les heures réellement effectuées ou lissé. Les gratifications qui ne dépassent pas ce montant sont exonérées de CSG et de CRDS, et un stagiaire reste couvert par l’assurance maladie de ses parents pour les soins courants en France.

Ces règles décrivent le cadre français. Pour un stage à l’étranger, le montant et les modalités de la gratification se fixent dans la convention signée avec l’organisme d’accueil et l’établissement, dans le respect de la réglementation du pays d’accueil : un point à négocier au moment de l’offre, avant de réserver ses billets. Si l’activité du stagiaire relève, selon le droit local, d’une activité professionnelle, l’affiliation au régime du pays d’accueil peut s’imposer, avec une incidence sur la couverture santé française comme l’explique la section consacrée à la santé.

La durée : 3 mois, 6 mois ou un an, ce qui change

La durée du séjour déclenche plusieurs seuils, qui se vérifient dès le premier échange avec l’établissement.

  • Environ 3 mois : un stage ou un séjour court dans l’Union européenne reste couvert par la CEAM. Hors Europe, les étudiants qui partent moins de six mois restent, selon ameli, rattachés à l’assurance maladie de leurs parents pour les soins urgents, aux tarifs français. La gratification devient obligatoire à partir de deux mois en France.
  • 6 mois : c’est le plafond légal d’un stage dans un même organisme (924 heures) et un seuil à plusieurs effets. Au Royaume-Uni, un séjour de six mois ou plus demande un visa étudiant et la surtaxe de santé (IHS), alors que la CEAM suffit en dessous. Hors accords, ameli associe l’inscription au régime du pays d’accueil à des études d’au moins six mois.
  • Un an : la bourse Erasmus+ finance une mobilité de 2 à 12 mois, et l’aide à la mobilité internationale de 1 à 10 mois consécutifs. Une CEAM, valable deux ans au maximum, couvre une année d’échange dans l’UE, à condition de ne pas exercer d’activité professionnelle locale. L’assurance exigée par l’établissement ou le visa se vérifie séparément pour une année complète.

Pour un séjour qui se prolonge ou se répète, le terme CEAM du glossaire rappelle sa validité et ses limites, et l’assurance voyage longue durée couvre les séjours qui ne relèvent pas d’un cursus.

Visas, formalités et assurance exigée par le pays ou l’établissement

Dans l’Union européenne, un étudiant français s’inscrit dans les conditions du pays d’accueil, sans visa. Ailleurs, la durée et la nature du séjour déterminent le visa : le Royaume-Uni demande un visa étudiant à partir de six mois, accompagné de la surtaxe de santé (IHS). Selon ameli, cette surtaxe est remboursable pendant un an à compter du début du visa lorsque l’étudiant suit des études à temps plein sans travailler et détient une CEAM valide. Le Québec organise une coordination dédiée : les formulaires SE 401-Q-106 (échange) ou SE 401-Q-102 (inscription québécoise) permettent de s’inscrire à la RAMQ avant le départ, tandis que l’Andorre relève du formulaire SE 130-04.

Beaucoup de visas étudiants exigent une preuve d’assurance santé, avec des critères propres à chaque pays, mais ce n’est pas une règle universelle. Le visa F-1 américain ne comporte aucune exigence fédérale, alors que la quasi-totalité des universités des États-Unis imposent leur propre plan santé ; la Nouvelle-Zélande vérifie l’assurance au niveau des établissements ; le Canada varie selon la province et l’établissement. Une assurance qui convient à l’ambassade peut donc ne pas suffire à l’université, et inversement : les deux se vérifient séparément. Le ministère des Affaires étrangères rassemble par ailleurs les formalités avant le départ sur France Diplomatie.

La couverture santé : CEAM, régime français ou régime du pays

Union européenne, EEE, Suisse. La carte européenne d’assurance maladie se demande au moins quinze jours avant le départ, sur le compte ameli, par téléphone ou auprès de la caisse. Chaque membre de la famille, y compris les enfants de moins de 16 ans, a besoin de sa propre carte. Elle reste valable deux ans au maximum et couvre les soins qui deviennent nécessaires pendant le séjour, selon la législation du pays d’accueil. En cas de départ imminent, un certificat provisoire valable trois mois la remplace. Les frais avancés se remboursent avec les factures, depuis le compte ameli ou avec le formulaire S3125. Un étudiant inscrit en France dans un programme d’échange bénéficie de la protection contre les accidents du travail lorsque l’accident survient dans l’université d’accueil. Si l’étudiant exerce une activité professionnelle sur place, il doit s’affilier au régime local et perd son affiliation française.

Hors accords. Pour les étudiants de moins de 20 ans ou partant moins de six mois, ameli indique que les parents restent affiliés et que les soins urgents sont remboursés aux tarifs français, à condition que l’établissement soit agréé et que l’étudiant revienne au moins une fois par an en France. Pour ceux qui ont plus de 20 ans ou partent plus de six mois, ameli demande de s’inscrire au régime étudiant ou général du pays d’accueil. La règle précise se confirme auprès de sa caisse selon l’âge et la durée.

Compléter par une assurance. Dans les pays à frais de santé élevés, comme les États-Unis, le Canada ou l’Asie, ameli recommande de souscrire un contrat d’assistance ou d’assurance qui garantit le remboursement des frais médicaux et le rapatriement. Une assurance santé au 1er euro rembourse dès la première dépense, avec les garanties d’hospitalisation et d’assistance : c’est le socle de couverture d’un cursus hors Europe. La page assurance étudiant à l’étranger présente comment comparer ces contrats, et le guide du budget santé aide à chiffrer l’ensemble.

Responsabilité civile et rapatriement : deux garanties à ne pas oublier

Deux protections complètent les soins courants. La responsabilité civile vie privée couvre les dommages causés à un tiers dans la vie quotidienne, un logement ou une salle de cours ; beaucoup d’établissements d’accueil la demandent à l’inscription. Le rapatriement sanitaire organise le retour en France après un accident ou une maladie grave : il relève d’une garantie d’assistance distincte des régimes publics. Les pages responsabilité civile expatrié et rapatriement et assistance détaillent ce que ces garanties incluent.

Avant le départ, une courte liste de contrôle évite les oublis :

  • convention de stage signée, avec la gratification et la durée précisées ;
  • CEAM demandée quinze jours avant le départ pour chaque membre de la famille ;
  • assurance conforme aux exigences du visa et à celles de l’établissement ;
  • garanties de responsabilité civile, d’assistance et de rapatriement ;
  • demande de bourse Erasmus+ et d’aide à la mobilité déposée auprès de l’établissement ;
  • copie des papiers d’identité, de l’attestation d’assurance et des numéros d’assistance.

Les aides : Erasmus+, aide à la mobilité internationale, régions

Bourse Erasmus+. Un étudiant qui part en Europe pour un échange inter-établissements ou un stage professionnel dans le cadre de son cursus perçoit une bourse généralement comprise entre 300 et 700 € par mois, selon le type de mobilité et le pays, pour une mobilité de 2 à 12 mois en général. Les étudiants des territoires d’outre-mer reçoivent 786 € par mois quel que soit le type de mobilité, et un complément d’inclusion de 250 € par mois existe pour les étudiants en situation de handicap, aux échelons 6 et 7 de bourse sur critères sociaux, résidant en zone rurale ou dans un quartier prioritaire. Un soutien aux déplacements durables complète le dispositif, et la bourse se cumule avec les aides sociales.

Aide à la mobilité internationale (AMI). L’AMI verse 400 € par mois, pendant 1 à 10 mois consécutifs, dans la limite de 10 mois sur l’ensemble des études. Elle s’adresse aux boursiers sur critères sociaux (ou bénéficiaires d’une allocation annuelle) préparant un diplôme national dans un établissement public, dont l’étude ou le stage s’intègre au cursus. Elle se demande auprès du service des relations internationales de l’établissement.

Autres financements. Les régions proposent leurs propres aides (par exemple la bourse Mermoz en Hauts-de-France ou le Pass Monde en Normandie), certaines cumulables avec les aides de l’État. Des fondations soutiennent des projets, Fulbright France, le DAAD allemand ou des ministères étrangers financent des séjours dans leur pays, et des programmes comme MICEFA (Amérique du Nord) ou PQÉÉ (Québec) permettent de payer les droits d’inscription à son établissement d’origine plutôt que ceux de l’université d’accueil. Le guide PVT présente l’alternative du permis vacances-travail, et l’assurance PVT ses garanties.

Questions fréquentes

Comment trouver un stage à l’étranger ?

La première porte d’entrée est le service des relations internationales de l’établissement, qui connaît les partenaires et signe la convention. S’y ajoutent les stages Erasmus+ en Europe, les offres internationales de France Travail et d’EURES, les réseaux des anciens élèves et les candidatures directes. Pour un premier emploi après le diplôme, le VIE de Business France s’adresse aux 18-28 ans.

Un stage à l’étranger est-il rémunéré ?

En France, une gratification est obligatoire au-delà de 309 heures de stage, soit environ deux mois, avec un minimum de 4,50 € par heure en 2026. Pour un stage à l’étranger, le montant et les modalités se fixent dans la convention signée avec l’organisme d’accueil et l’établissement, dans le cadre de la réglementation du pays. Une bourse Erasmus+ ou une aide à la mobilité internationale peut compléter le financement.

Quelle assurance maladie pour un stage ou des études en Europe ?

Dans l’Union européenne, l’Espace économique européen et en Suisse, la carte européenne d’assurance maladie (CEAM) ouvre l’accès aux soins nécessaires dans les mêmes conditions qu’un assuré local. Elle se demande au moins quinze jours avant le départ, avec une carte par personne, y compris pour les enfants de moins de 16 ans, et reste valable deux ans au maximum. Une assurance complémentaire reste conseillée pour le rapatriement et la responsabilité civile.

Quelle couverture pour étudier ou faire un stage hors d’Europe ?

La CEAM ne s’applique pas hors Europe. Ameli distingue les étudiants de moins de 20 ans ou partant moins de six mois, dont les soins urgents restent remboursés aux tarifs français, des étudiants plus âgés ou partant plus longtemps, qui doivent s’inscrire au régime du pays d’accueil. Une assurance santé au 1er euro avec rapatriement est recommandée, surtout dans les pays à frais élevés comme les États-Unis ou le Canada.

Partir 6 mois à l’étranger : que change ce seuil ?

Le seuil de six mois revient dans plusieurs règles : au Royaume-Uni, la CEAM suffit pour moins de six mois, alors qu’un visa étudiant et la surtaxe de santé (IHS) s’appliquent à partir de six mois. Hors accords, ameli lie aussi l’affiliation au régime local à une durée d’études d’au moins six mois. La durée du séjour se confirme donc dès la préparation du dossier.

Quelles aides financières pour étudier à l’étranger ?

La bourse Erasmus+ s’élève généralement entre 300 et 700 € par mois pour une mobilité de 2 à 12 mois en Europe. L’aide à la mobilité internationale (AMI) de 400 € par mois, de 1 à 10 mois, s’adresse aux boursiers sur critères sociaux. Les régions, des fondations et des programmes comme Fulbright ou le DAAD apportent d’autres financements.

La CEAM couvre-t-elle le rapatriement sanitaire ?

La CEAM couvre uniquement les soins devenus nécessaires pendant le séjour, dans les conditions du pays d’accueil. Le rapatriement sanitaire relève d’une garantie d’assistance distincte, qu’une assurance voyage ou une assurance santé internationale permet d’obtenir. Ameli recommande de souscrire un contrat qui couvre les frais médicaux et le rapatriement.

Pour comparer des assurances santé adaptées à un stage ou à des études à l’étranger, Expavy présente les options selon la destination et la durée : Assurance étudiant à l’étranger