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Nigeria · Travailler et économie

Travailler au Nigeria en tant que français : autorisation de travail, salaire, impôts et cotisations

L’essentiel

Un Français ne peut travailler au Nigeria qu'avec une autorisation liée à son employeur : l'entreprise obtient un quota d'expatrié, le salarié entre avec un visa de type STR puis régularise son séjour par un CERPAC. Le salaire minimum national est de 70 000 NGN par mois depuis la loi de 2024, et l'impôt sur le revenu relève de la réforme fiscale de 2025, avec une première tranche de 800 000 NGN par an à 0 %. La convention fiscale franco-nigériane (en vigueur depuis le 2 mai 1991) répartit le droit d'imposer les salaires, mais aucune convention de sécurité sociale ne lie les deux pays. Le cadre contractuel, la couverture santé et la fiscalité se règlent donc avant la prise de poste.

  • Salaire minimum national fixé par la loi et revalorisé périodiquement, avec une révision prévue tous les trois ans ; le montant en vigueur est publié par les autorités fédérales.
  • CERPAC : 2 000 USD pour un étranger salarié, valable jusqu'à 2 ans et renouvelable tant que le quota et le contrat restent valides.
  • Impôt sur le revenu : tranche initiale exonérée, puis taux de 15 % à 25 % selon la tranche (Nigeria Tax Act 2025).
  • Retenue à la source : l'employeur déduit le PAYE et le reverse avant le 10 du mois suivant.
  • Pension locale : 18 % minimum des émoluments (10 % employeur, 8 % salarié) ; les étrangers peuvent cotiser volontairement.
  • Convention fiscale France-Nigeria : signée le 27/02/1990, en vigueur depuis le 02/05/1991 ; aucune convention de sécurité sociale.

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Repères chiffrés : Nigeria

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+4,0 %
Inflation
23,0 %
Taux de chômage
3,1 %
PIB par habitant
1 224 $
Population
237,5 millions
Espérance de vie
54,6 ans
Dépense de santé (% du PIB)
4,2 %
Médecins pour 1 000 hab.
0,38
Lits d’hôpital pour 1 000 hab.
0,5

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Droit au travail et autorisations nécessaires pour un Français

Au Nigeria, le droit de travailler d’un étranger dépend d’une chaîne d’autorisations. Selon le Nigeria Immigration Service (NIS), l’employeur sponsor doit d’abord obtenir l’approbation d’un quota d’expatrié auprès du ministère de l’Intérieur ou du Contrôleur général de l’immigration. Le candidat reçoit alors une lettre d’autorisation de visa, entre avec un visa de type STR (Subject to Regularization) et régularise ensuite sa situation par une demande de CERPAC, en général dans un délai de l’ordre de 90 jours après l’arrivée.

Le travail reste limité à l’employeur qui a obtenu le quota : un changement d’employeur exige une nouvelle approbation et une nouvelle procédure. Les visas d’affaires (F4A, F4B, F4C) autorisent des visites professionnelles et ne se transforment pas en permis de travail depuis le territoire nigérian. Pour une mission de courte durée, un permis de travail temporaire de six mois, non renouvelable, existe pour des travaux spécialisés (NIS). France Diplomatie ajoute que les autorités peuvent refuser la prolongation d’un visa ou un changement de catégorie après l’entrée : le bon visa se choisit donc avant le départ.

Visa de travail, CERPAC et délais

  • Avant le départ : le dossier de visa se constitue sur le portail de l’immigration nigériane et se dépose au centre OIS de Paris, avec un passeport valable au moins six mois après le retour (France Diplomatie).
  • À l’arrivée : carte électronique d’arrivée et de départ, puis visite médicale et prise de biométrie dans le cadre de la demande de CERPAC.
  • CERPAC : carte de résident et d’étranger exigée au-delà de 56 jours ; 2 000 USD pour un étranger salarié (NIS). Le NIS indique une validité pouvant aller jusqu’à deux ans, renouvelable tant que le quota de l’employeur et le contrat restent valides, et des permis liés pour les personnes à charge.
  • Délais : les pages consultées du NIS ne donnent pas de délai de traitement du quota ; il se demande au service de l’immigration et à l’employeur avant de fixer une date de prise de poste.

Voir aussi le guide vivre au Nigeria pour les démarches d’installation de la famille.

Salaire minimum, niveaux de rémunération et contrat

Le salaire minimum national est de 70 000 NGN par mois. Il a été annoncé par le président de la République le 18 juillet 2024, à l’issue d’une négociation avec les centrales syndicales, après un relèvement depuis la précédente offre de 62 000 NGN, avec un engagement de réexamen au bout de trois ans au lieu de cinq (présidence de la République). Ce plancher national ne reflète pas la rémunération d’un cadre expatrié, négociée en général en devise ou en package avec le logement, le véhicule, la sécurité et la couverture santé.

Aucun barème officiel de salaires par métier n’a été consulté : le niveau de rémunération se fixe dans le contrat et se compare avec l’employeur, en tenant compte du taux de change du naira, très mouvant, indiqué dans le bloc « Repères économiques » ci-dessus. Le contrat de travail se rédige par écrit et précise la durée, la mission, la rémunération, la monnaie de paiement, la couverture santé, les congés et la prise en charge du rapatriement. Pour un salarié envoyé par un employeur français, la page détaché ou expatrié aide à choisir le statut.

Impôt sur le revenu et convention fiscale franco-nigériane

La réforme fiscale de 2025 (Nigeria Tax Act) encadre l’impôt sur le revenu. D’après la National Assembly Library Trust Fund, les revenus annuels de 800 000 NGN ou moins sont exonérés, et le loyer annuel donne droit à un abattement de 20 %, plafonné à 500 000 NGN. Les administrations fiscales indiquent que la première tranche de 800 000 NGN est taxée à 0 % et que les tranches suivantes sont taxées de 15 % à 25 % ; les bornes se lisent dans la quatrième annexe de la loi. Les salariés sont imposés par retenue à la source (PAYE) : l’employeur la reverse au plus tard le 10 du mois suivant et dépose les déclarations annuelles avant le 31 janvier ; les indépendants déclarent avant le 31 mars (administration fiscale de l’État du Niger, qui décrit ces règles).

La convention fiscale France-Nigeria, signée à Paris le 27 février 1990 et entrée en vigueur le 2 mai 1991, évite les doubles impositions. Son article 15 prévoit que les salaires sont imposables dans l’État où l’emploi est exercé ; le salarié qui séjourne moins de 183 jours sur douze mois consécutifs, payé par un employeur non résident et sans charge supportée par un établissement stable local, n’est imposable que dans son État de résidence. Pour la France, l’article 23 prévoit un crédit d’impôt égal à l’impôt français correspondant pour les autres revenus. La résidence fiscale se détermine selon l’article 4 (foyer d’habitation permanent, centre des intérêts vitaux). Une consultation du texte sur impots.gouv.fr et un conseil individualisé restent nécessaires pour une situation précise.

Cotisations sociales, détachement et indépendants

Le CLEISS ne recense aucune convention de sécurité sociale entre la France et le Nigeria. Un salarié détaché par son employeur français reste alors affilié au régime français pendant 3 ans, renouvelables une fois(6 ans au total), les cotisations françaises étant payées comme s’il travaillait en France ; des cotisations locales peuvent rester dues (CLEISS). Les soins sont remboursés dans la limite des tarifs français, sur factures acquittées et formulaire S 3125c. Voir la page remboursements des soins au Nigeria.

Côté local, la Commission nationale des pensions indique un taux minimal de 18 % des émoluments mensuels (10 % pour l’employeur, 8 % pour le salarié) et précise que les étrangers qui travaillent au Nigeria ne sont pas tenus par la loi d’y participer, mais peuvent le faire volontairement. L’assurance maladie nationale (NHIA) s’adresse aux Nigérians et aux résidents légaux ; elle ne remplace pas une assurance internationale (voir système de santé). Un indépendant doit disposer d’un titre qui l’autorise à exercer : un visa d’affaires ne donne pas le droit de travailler, et la création d’une société avec des actionnaires étrangers suit des règles propres à vérifier auprès des administrations nigérianes. La CFE reste une solution volontaire : voir le guide CFE.

Télétravail et nomadisme numérique

Les pages du NIS consultées décrivent les catégories de visas d’affaires et de travail, sans catégorie dédiée au télétravail ou au nomadisme numérique. Un Français qui travaille à distance pour un employeur étranger depuis le Nigeria s’informe donc auprès du service de l’immigration sur la catégorie de visa adaptée à la durée prévue : le visa d’affaires ne donne pas le droit de travailler et ne se transforme pas en permis de travail sur place. Sur le plan fiscal, la durée de présence (183 jours selon la convention) et la résidence au sens de l’article 4 déterminent l’État d’imposition ; l’assurance santé se choisit selon la page assurance nomade digital.

L'économie nigériane : secteurs, monnaie et perspectives

La monnaie est le naira (NGN). France Diplomatie rappelle que l’Agence française de développement a engagé 2,5 milliards d’euros au Nigeria depuis 2010, principalement sous forme de prêts, avec trois priorités : la diversification économique, la transition énergétique à faible intensité carbone et l’agriculture durable pour la sécurité alimentaire. Lors de la visite du ministre délégué en avril 2021, les secteurs de la logistique, de la banque, de l’énergie, de l’agroalimentaire et des infrastructures ont été cités pour l’investissement.

Les perspectives dépendent de la mise en œuvre de la réforme fiscale, de la stabilité de la monnaie et de la situation sécuritaire décrite par France Diplomatie ; les indicateurs de croissance, d’inflation et de chômage sont actualisés dans le bloc « Repères économiques ». Avant d’accepter un poste, il est utile de relire les informations de la fiche Nigeria et de demander à l’employeur les mesures de sécurité et de santé prévues dans le contrat.

Les étapes d'un emploi salarié au Nigeria

ÉtapeQui agitDocument ou démarcheSource
Quota d'expatriéEmployeur sponsorApprobation du ministère de l'Intérieur ou du Contrôleur général de l'immigrationNigeria Immigration Service
Visa d'entréeSalariéVisa STR, dossier en ligne et dépôt au centre OIS de ParisFrance Diplomatie, NIS
RégularisationSalarié et employeurCERPAC, 2 000 USD, visite médicale et biométrieNigeria Immigration Service
ImpôtEmployeurPAYE retenu à la source, reversé avant le 10 du mois suivantAdministration fiscale d'État
Retraite localeEmployeur et salarié18 % minimum pour les Nigérians ; participation volontaire pour un étrangerPenCom
Sécurité sociale françaiseEmployeur françaisDétachement hors convention : 3 ans renouvelables une foisCLEISS

Les montants et délais se confirment auprès du Nigeria Immigration Service et de l'administration fiscale avant toute démarche.

Questions fréquentes

Peut-on travailler au Nigeria avec un visa d'affaires ?

Non : selon le Nigeria Immigration Service, les visas d'affaires couvrent des visites professionnelles et ne se transforment pas en permis de travail depuis le territoire. Un emploi suppose un quota d'expatrié, un visa STR puis un CERPAC.

Quel est le salaire minimum au Nigeria ?

70 000 NGN par mois, depuis la loi de 2024 annoncée par la présidence le 18/07/2024, avec un réexamen prévu après trois ans. Ce plancher ne reflète pas la rémunération des cadres expatriés.

Combien coûte le CERPAC pour un salarié étranger ?

Le Nigeria Immigration Service annonce 2 000 USD pour un étranger salarié ; le titre est valable jusqu'à deux ans et renouvelable tant que le quota de l'employeur et le contrat restent valides.

Comment est imposé le salaire d'un Français au Nigeria ?

Le salaire est imposé par retenue à la source (PAYE) selon la réforme fiscale de 2025, avec 800 000 NGN par an exonérés puis des taux de 15 % à 25 %. La convention franco-nigériane répartit le droit d'imposer et prévoit un crédit d'impôt en France.

Existe-t-il une convention de sécurité sociale France-Nigeria ?

Non : le CLEISS ne la recense pas dans sa liste des accords. Un salarié détaché reste affilié à la Sécurité sociale française pendant 3 ans, renouvelables une fois, ce qui n'exclut pas d'éventuelles cotisations locales.

Un étranger cotise-t-il à la retraite nigériane ?

La Commission nationale des pensions indique que les étrangers qui travaillent au Nigeria ne sont pas tenus d'adhérer au régime contributif, mais qu'ils peuvent y participer volontairement (minimum 18 % des émoluments pour les affiliés).

Les autres guides : Nigeria