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Liban · Prendre sa retraite

Retraite au Liban : résidence sans activité, fiscalité de la pension, santé et coût de la vie

L’essentiel

Le Liban offre aux retraités plusieurs cartes de résidence sans activité professionnelle, délivrées par la Sûreté générale, qui reposent sur un engagement notarié de ne pas travailler et sur des fonds bloqués ou un revenu attesté, par exemple 1 milliard de livres libanaises (environ 9 900 €) sur un compte bloqué trois mois pour la résidence annuelle. La convention fiscale franco-libanaise de 1962 réserve en principe l'impôt sur les pensions de source privée à l'État de résidence, mais maintient en France celui des pensions publiques françaises. La couverture santé suppose une assurance, car l'Assurance Maladie française cesse de couvrir un retraité installé hors de l'Union européenne ; la CFE propose une offre retraités à partir de 147 € par mois. Le choix de la ville se fait d'abord sur la carte sécuritaire de France Diplomatie.

  • 1 milliard de livres libanaises (environ 9 900 €) : solde minimal d'un compte bloqué trois mois pour la résidence annuelle sans activité, ou revenu mensuel attesté de 50 millions (environ 495 €).
  • 1,5 milliard de livres (environ 14 800 €) : solde minimal pour le visa de résidence de six mois à entrées multiples sur relevé bancaire.
  • 4,5 milliards de livres (environ 44 500 €) de garantie en espèces, plus 54 millions de frais (environ 535 €) : résidence permanente de trois ans.
  • 64 ans : âge au-delà duquel l'engagement notarié de ne pas travailler n'est plus demandé pour la résidence annuelle.
  • 24 juillet 1962 : date de la convention fiscale franco-libanaise, dont l'article 18 réserve les pensions privées à l'État de résidence.
  • 147 € par mois et 15 ans de cotisations : tarif d'appel de l'offre retraités de la CFE, et durée de cotisation exigée pour les séjours remboursés en France.

Repères économiques : Liban

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
-7,1 %
Inflation
14,6 %
Taux de chômage
11,0 %
PIB par habitant
4 473 $
Population
5,8 millions

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Prendre sa retraite au Liban : les voies de séjour

Un Français entre au Liban avec un visa gratuit d’un mois délivré à l’arrivée, que la Sûreté générale permet de prolonger jusqu’à trois mois. Pour s’installer durablement sans travailler, le retraité demande l’une des résidences prévues par la Sûreté générale : il s’agit de cartes de séjour sans activité professionnelle, qui reposent sur un engagement notarié de ne pas travailler et sur une preuve de moyens financiers. La Sûreté générale les décrit par catégories de ressources plutôt que sous le nom de visa retraité : elles s’adressent à toute personne disposant de revenus ou d’un compte bloqué.

Le tableau ci-dessous compare les quatre voies. Les montants sont publiés en livres libanaises et convertis ici au taux officiel de 89 500 livres pour 1 dollar (moyenne de 2025, Banque mondiale) et au cours de la BCE du 01/10/2026 (1 € = 1,1298 USD), à titre indicatif. La page vivre au Liban présente le cadre général de l’installation et la fiche assurance santé expatrié au Liban les obligations d’assurance.

Résidence annuelle sur revenus ou relevé bancaire

La résidence annuelle « revenu mensuel ou relevé bancaire » est la voie la plus courante pour un retraité. La Sûreté générale demande une déclaration notariée selon laquelle le demandeur n’exercera aucun travail rémunéré (cette déclaration n’est plus exigée au-delà de 64 ans), un passeport valable au moins un an avec deux copies, trois photographies d’identité, un titre de propriété ou un bail, et l’une des justifications financières suivantes :

  • un relevé montrant un compte bloqué depuis trois mois d’au moins 1 milliard de livres libanaises (environ 9 900 €), ou l’équivalent en devises ;
  • un relevé montrant un revenu mensuel de 50 millions de livres (environ 495 €), ou l’équivalent en devises ;
  • un compte joint bloqué d’au moins 2 milliards de livres (environ 19 800 €), également prévu par la même page.

La famille du demandeur obtient automatiquement une résidence, à l’exception des hommes adultes dont le dossier est examiné avant décision ; chacun fournit un engagement notarié de ne pas travailler. La durée de la carte suit celle du passeport lorsqu’il reste valable plus de six mois sans dépasser un an. Les mineurs sont exemptés de frais, et le barème publié prévoit 18 millions de livres (environ 180 €) pour les autres catégories de résidence annuelle ; le montant applicable à cette voie se confirme auprès du centre régional de la Sûreté générale (Beyrouth, Jounieh, Tripoli, Zahlé et autres).

Visa de six mois et résidence permanente de trois ans

Le visa de résidence de six mois à entrées multiples repose sur un relevé d’un compte ouvert dans une banque libanaise : solde minimal de 1,5 milliard de livres (environ 14 800 €) et relevé certifié des trois derniers mois, avec une déclaration notariée de ne pas travailler. Seul le titulaire du compte en bénéficie ; il est refusé aux personnes qui ont reçu un ordre de quitter le pays et aux titulaires d’une résidence de travail. La demande se dépose au secrétariat du centre régional de la Sûreté générale, moyennant un service payant.

La résidence permanente de trois ans sur garantie en espèces exige une garantie de 4,5 milliards de livres (environ 44 500 €), déposée en espèces ou par chèque de banque au ministère des Finances, direction du Trésor, ainsi que 54 millions de livres de frais (environ 535 €), un passeport valable au moins trois ans, un bail ou un titre de propriété et un engagement écrit de ne pas travailler pour les moins de 64 ans. Elle couvre le titulaire, son épouse, ses enfants mineurs et ses proches de plus de 64 ans.

Ces conditions étant publiées par circulaire de la Sûreté générale, les pages officielles, relues le jour de la demande, font foi. Les fonds sont placés dans le cadre du système bancaire libanais, fragilisé depuis 2019 selon la Banque mondiale : se renseigner auprès de la banque et de la Banque du Liban (bdl.gov.lb) avant de bloquer une somme est une précaution utile.

Fiscalité de la pension française : la convention fiscale franco-libanaise

La convention signée à Paris le 24 juillet 1962 répartit le droit d’imposer entre la France et le Liban. Son article 18 dispose que les pensions et les rentes viagères ne sont imposables que dans l’État dont le bénéficiaire est résident, sous réserve de l’article 20. Pour un retraité résident fiscal du Liban, la pension d’un régime de base, complémentaire ou privé relève donc du droit libanais ; la fiche de la DGFiP « Vous résidez au Liban » ne cite parmi les pensions à déclarer en France que celles versées par l’État français ou ses collectivités locales.

  • Pensions publiques (article 20) : imposables en France, sauf pour la personne qui possède exclusivement la nationalité libanaise. Un binational franco-libanais n’est donc pas concerné par cette exception.
  • Dividendes et intérêts (articles 15 et 16) : imposables dans l’État de résidence du bénéficiaire.
  • Revenus immobiliers (article 9) : imposables dans l’État où se situent les biens, par exemple pour un logement loué en France.
  • Successions (articles 28 et 32) : les immeubles relèvent de l’État où ils se situent ; les biens incorporels, de l’État de résidence du défunt.

La résidence fiscale se détermine selon la loi de chaque État ; en cas de double résidence, le centre des intérêts vitaux, puis le lieu de séjour le plus long, tranchent (article 2). L’article 26 ajoute que les revenus imposables dans un seul État ne peuvent pas être imposés dans l’autre, même par retenue à la source, mais que chaque État peut calculer son impôt au taux correspondant à l’ensemble des revenus. La DGFiP invite à se rapprocher de l’administration fiscale du pays de résidence pour connaître les obligations déclaratives locales : l’impôt libanais sur les traitements, salaires et pensions figure parmi les impôts visés par la convention, et son application à une pension de source étrangère se vérifie auprès du ministère des Finances libanais.

Santé du retraité : pas de S1, CFE ou assurance internationale

L’Assurance Maladie indique qu’un retraité qui réside de façon permanente hors de l’Union européenne, de l’Espace économique européen, de la Suisse et du Royaume-Uni voit ses frais de santé cesser d’être couverts par le régime français ; le formulaire S1, valable en Europe, ne s’applique pas (voir le mode d’emploi du formulaire S1). Les conventions bilatérales qui organisent les soins des retraités ne comprennent pas le Liban. Le retraité informe sa caisse d’assurance maladie et sa caisse de retraite de son départ ; il n’est pas obligé de restituer sa carte Vitale, à la différence des membres de sa famille.

  • CFE : l’offre retraités (RetraitExpat, présentée aussi sous le nom SeniorExpat) s’adresse aux retraités d’une pension du régime de base français sans activité professionnelle. Elle débute à 147 € par mois selon le tarif d’appel, ne comporte pas de questionnaire de santé, n’impose aucune carence en cas d’adhésion avant le départ ou dans les trois mois de l’installation, puis trois ou six mois selon l’âge. Voir le glossaire RetraitExpat et le guide assurance maladie du retraité à l’étranger.
  • Séjours en France : depuis le 1er juillet 2019, un retraité résidant dans un pays sans convention est remboursé lors de ses séjours temporaires en France à condition d’avoir cotisé au moins 15 ans à un ou plusieurs régimes obligatoires français, après inscription au Cnarefe. Un adhérent CFE retraité du régime général adresse ses demandes à la CPAM de Seine-et-Marne.
  • Assurance internationale : une couverture avec évacuation répond à la vérification de solvabilité pratiquée par les hôpitaux. Le détail figure dans la page remboursement des soins au Liban et dans le guide système de santé libanais.

La pension française continue d’être versée à l’étranger. Chaque année, la caisse envoie un justificatif d’existence ; depuis juin 2024, l’application « Mon certificat de vie » permet de le valider par reconnaissance biométrique, à défaut de quoi le formulaire se fait remplir par le consulat de France ou une autorité locale. Un seul certificat suffit pour toutes les caisses (CLEISS). Voir le guide toucher sa retraite à l’étranger et la page assurance retraite à l’étranger.

Coût de la vie du retraité et choix de la ville

Le budget d’un retraité au Liban se calcule en dollars et se confronte aux prix relevés sur place. Le taux de change officiel est resté à 89 500 livres pour 1 dollar en 2024 et en 2025 (Banque mondiale) et les seuils de résidence ci-dessus, de 495 € de revenu mensuel à 44 500 € de garantie, donnent l’échelle des fonds demandés. Les statistiques de prix sont publiées par l’Administration centrale de la statistique (cas.gov.lb), et les indicateurs actualisés figurent dans le bloc « Repères économiques » ci-dessus.

  • Beyrouth : capitale, services consulaires, établissements universitaires et grand choix d’hôpitaux ; la carte sécuritaire de France Diplomatie précise le niveau de vigilance par quartier.
  • Jounieh et Byblos (Jbail) : villes littorales du Mont-Liban, à proximité de la capitale.
  • Tripoli et Zahlé : grandes villes du Nord et de la Békaa, dont le niveau de vigilance se lit sur la carte de France Diplomatie avant tout projet.

Le critère décisif d’un retraité est la proximité d’un hôpital doté des spécialités utiles à son suivi, puis la sécurité du quartier et l’accès à une pharmacie. Pour la vie quotidienne, la page vivre au Liban détaille les villes, la monnaie et les formalités ; Expavy aide à comparer les assurances santé adaptées à l’âge et aux antécédents.

Les voies de séjour du retraité comparées

VoieDuréeCondition financièreFrais publiésPersonnes concernées
Visa à l'arrivée1 mois, prolongeable jusqu'à 3 moisAucuneGratuit pour les FrançaisTitulaire
Visa de résidence de 6 mois, entrées multiples6 moisCompte bancaire libanais d'au moins 1,5 milliard LBP (≈ 14 800 €), relevé de 3 moisService payant, montant à confirmerTitulaire du compte seul
Résidence annuelle, revenu ou relevé bancaire1 an, selon la validité du passeportCompte bloqué 3 mois d'au moins 1 milliard LBP (≈ 9 900 €) ou revenu mensuel de 50 millions LBP (≈ 495 €)18 millions LBP (≈ 180 €) pour les autres catégories, à confirmerTitulaire et famille, hommes adultes examinés au cas par cas
Résidence permanente, garantie en espèces3 ansGarantie de 4,5 milliards LBP (≈ 44 500 €) déposée au Trésor54 millions LBP (≈ 535 €)Titulaire, conjoint, enfants mineurs, proches de plus de 64 ans

Source : Sûreté générale libanaise (consulté le 04/10/2026). Conversions au taux officiel de 89 500 LBP pour 1 USD (Banque mondiale, moyenne de 2025) et au cours de la BCE du 01/10/2026 (1 € = 1,1298 USD), arrondies.

Questions fréquentes

Existe-t-il un visa retraité pour le Liban ?

La Sûreté générale présente plusieurs résidences sans activité plutôt qu'un visa retraité dédié : résidence annuelle sur revenu ou relevé bancaire, visa de résidence de six mois sur relevé bancaire et résidence permanente de trois ans sur garantie en espèces. Toutes demandent un engagement de ne pas travailler.

Quelles ressources faut-il pour s'installer au Liban comme retraité ?

Pour la résidence annuelle : un compte bloqué trois mois d'au moins 1 milliard de livres libanaises (environ 9 900 €) ou un revenu mensuel de 50 millions (environ 495 €). Pour le visa de six mois : 1,5 milliard (environ 14 800 €). Pour la résidence permanente : une garantie de 4,5 milliards (environ 44 500 €).

La pension de retraite française est-elle imposée au Liban ?

L'article 18 de la convention fiscale du 24 juillet 1962 réserve les pensions à l'État de résidence du bénéficiaire. La pension d'un retraité résident du Liban relève donc du droit libanais, sauf les pensions publiques françaises, qui restent imposables en France pour les personnes qui ne possèdent pas exclusivement la nationalité libanaise.

Un retraité français installé au Liban reste-t-il couvert par l'Assurance Maladie ?

Non : l'Assurance Maladie indique que les frais de santé d'un retraité résidant hors Union européenne ne sont plus couverts. Le retraité adhère à la CFE ou souscrit une assurance internationale, et ses séjours en France sont remboursés sous condition de 15 ans de cotisations.

Combien coûte la CFE pour un retraité ?

L'offre retraités débute à 147 € par mois selon le tarif d'appel de la CFE, variable avec le pays et l'âge. Elle ne comporte pas de questionnaire de santé et s'adresse aux retraités d'une pension du régime de base français sans activité professionnelle.

Comment toucher sa pension française depuis le Liban ?

La caisse de retraite continue de verser la pension à l'étranger sur justificatif d'existence annuel. L'application « Mon certificat de vie » permet de le valider par reconnaissance biométrique ; sinon le formulaire est rempli par le consulat de France ou une autorité locale.

Quelle ville choisir pour une retraite au Liban ?

Le choix se fait d'abord sur la carte sécuritaire de France Diplomatie, puis selon la proximité d'un hôpital, la sécurité du quartier et l'accès aux services. Beyrouth concentre les services et les hôpitaux ; Jounieh et Byblos sont des villes littorales proches de la capitale.

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