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Liban · Travailler et économie

Travailler au Liban : visa, résidence de travail, cotisations, impôt sur le revenu et économie

L’essentiel

Un Français qui part travailler au Liban demande avant le départ un visa de long séjour à entrées multiples, même pour un stage ou une mission brève, puis une carte de résidence de travail délivrée par la Sûreté générale, dont les frais annuels vont de 18 à 108 millions de livres libanaises selon la catégorie. Le salarié recruté localement est déclaré par son employeur à la CNSS, tandis que le salarié détaché reste, en principe, rattaché au régime français pendant trois ans renouvelables une fois, faute de convention de sécurité sociale entre les deux pays. La convention fiscale du 24 juillet 1962 répartit le droit d'imposer les salaires, les pensions et les revenus indépendants. L'économie, éprouvée depuis 2019, reste fragile selon la Banque mondiale.

  • 18 à 108 millions de livres libanaises (environ 180 à 1 070 €) : frais publiés de la résidence annuelle de travail selon la catégorie (Sûreté générale).
  • 3 ans, renouvelables une fois : durée du détachement au régime français dans un pays sans convention de sécurité sociale (CLEISS).
  • 3 branches à la CNSS : maladie-maternité, indemnité de fin de service et allocations familiales ; 409 078 salariés déclarés (site de la CNSS).
  • 183 jours : durée maximale d'une mission temporaire pour qu'un salarié payé par son employeur d'origine reste imposé dans son pays de départ (convention de 1962, article 19).
  • 24 juillet 1962 : date de signature de la convention fiscale franco-libanaise, ratifiée à Beyrouth le 28 novembre 1963.
  • 98 % : part de sa valeur perdue par la livre libanaise depuis 2019 (Banque mondiale), d'où l'importance de la monnaie de paie.

Repères économiques : Liban

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
-7,1 %
Inflation
14,6 %
Taux de chômage
11,0 %
PIB par habitant
4 473 $
Population
5,8 millions

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Travailler au Liban : visa de long séjour et autorisation de travail

Un Français entre au Liban avec un visa gratuit d’un mois délivré à l’arrivée, mais cette formule vaut pour le tourisme. Pour travailler ou effectuer un stage, y compris dans une ONG et même pour une courte période, France Diplomatie demande de déposer une demande de visa de long séjour à entrées multiples auprès de l’ambassade du Liban à Paris ou du consulat général du Liban à Marseille, selon le lieu de résidence. Des stagiaires arrivés sans visa à l’aéroport de Beyrouth ont été refoulés. Le visa de volontariat est demandé par la structure d’accueil au Liban avant l’arrivée du volontaire.

La Sûreté générale distingue, parmi les visas, le visa de travail, autorisé par le ministère du Travail, et plusieurs visas de visite, dont un pour les missions ponctuelles de nature commerciale, de conseil ou de formation. Le ministère du Travail libanais (labor.gov.lb) précise les conditions d’octroi du permis de travail : cette information se vérifie auprès de l’employeur et du ministère avant de signer un contrat. La page vivre au Liban présente les autres formalités d’installation.

Résidence de travail : catégories, frais et famille

Une fois le permis de travail obtenu, la Sûreté générale délivre une carte de résidence annuelle de travail, rangée dans une catégorie de 1 à 4. Les frais publiés sont de 108 millions de livres libanaises par an pour la catégorie 1, 72 millions pour la catégorie 2, 24 millions pour la catégorie 3 et 18 millions pour la catégorie 4 ; ils figurent dans le tableau ci-dessous. Un service accéléré est proposé moyennant un supplément de 4,9 millions de livres (environ 50 €) par carte. Lorsqu’une résidence de trois ans peut être accordée, les frais correspondent à trois fois le tarif annuel.

  • Famille : les tarifs des catégories 1 et 2 incluent les membres de la famille du titulaire ; les catégories 3 et 4 concernent le titulaire seul.
  • Changement d’employeur : la Sûreté générale prévoit un transfert de parrainage, facturé 2 millions de livres (environ 20 €).
  • Catégorie applicable : le rattachement à l’une des quatre catégories dépend de l’emploi et de l’autorisation de travail ; l’employeur le précise au moment du dépôt du dossier.

Les conversions en euros reposent sur le taux officiel de 89 500 livres pour 1 dollar (moyenne de 2025, Banque mondiale) et sur le cours de la BCE du 01/10/2026 (1 € = 1,1298 USD). Le taux pratiqué au quotidien peut différer.

Contrat, salaire minimum et monnaie de paie

Le contrat de travail d’un salarié étranger précise la rémunération, la durée et l’employeur qui parraine le séjour. Le contrat local place le salarié sous le droit libanais ; le détachement relève du droit français, voir le guide détaché ou expatrié.

Le salaire minimum légal est exprimé en livres libanaises et son montant en vigueur se lit sur le site du ministère du Travail et dans les circulaires de la CNSS. Depuis 2019, la livre libanaise a perdu 98 % de sa valeur et le secteur bancaire reste fragilisé (Banque mondiale), si bien que les candidats comparent une offre en livres, en dollars ou mixte avant de signer. Le niveau de salaire s’apprécie donc dans la monnaie effectivement versée, au taux auquel elle est convertie, et selon les avantages (logement, scolarité, assurance santé).

Cotisations sociales : CNSS, régime français et absence de convention

La Caisse nationale de sécurité sociale libanaise (CNSS, en anglais NSSF) comprend trois branches : la maladie-maternité, l’indemnité de fin de service et les allocations familiales. Son site indique, au 04/10/2026, 409 078 salariés déclarés, 19 655 adhérents volontaires et 1 273 097 personnes bénéficiant d’une couverture santé. Les cotisations sont déclarées par l’employeur, qui dispose d’un compte en ligne ; les conditions applicables à un salarié étranger se confirment auprès de la CNSS (+961 1 700 801).

Le CLEISS indique que le Liban ne figure pas parmi la quarantaine d’États liés à la France par une convention bilatérale de sécurité sociale. Deux régimes s’appliquent donc selon le statut :

  • Salarié détaché par son employeur français : il est maintenu au régime obligatoire français, avec cotisations payées en France, pendant 3 ans renouvelables une fois. Ce maintien ne dispense pas des cotisations locales éventuelles. Les soins sont remboursés dans la limite des tarifs français, sur factures acquittées avec le formulaire S 3125c.
  • Salarié expatrié en contrat local : il relève du régime libanais et quitte le régime français. Il informe sa caisse d’assurance maladie, restitue sa carte Vitale et peut cotiser volontairement à la CFE pour les risques maladie-maternité, accidents du travail et retraite de base.

Côté retraite, sans accord, chaque pays examine séparément les droits : les périodes accomplies au Liban ne comptent pas pour le taux de la pension française, et les cotisations libanaises n’ouvrent pas automatiquement une pension payable en France (CLEISS). La page remboursement des soins au Liban reprend ces règles par situation.

Impôt sur le revenu : la convention fiscale franco-libanaise

La convention signée à Paris le 24 juillet 1962, approuvée par la loi du 6 août 1963 et publiée par le décret du 2 janvier 1964, évite les doubles impositions en matière d’impôts sur le revenu et sur les successions. Elle définit le résident d’un État comme la personne assujettie à l’impôt à raison de son domicile ou de sa résidence ; en cas de double résidence, le centre des intérêts vitaux, puis le lieu de séjour le plus long, tranchent (article 2).

  • Salaires (article 19) : imposables dans l’État où s’exerce l’activité. Une mission temporaire de 183 jours au plus, dont la rémunération reste supportée et payée par l’établissement d’origine, n’est pas considérée comme une activité dans le pays d’accueil ; au-delà, l’impôt s’applique dans le pays de la mission.
  • Rémunérations publiques (article 20) : celles qu’un État verse à une personne exerçant son activité dans l’autre État restent imposables dans l’État payeur, sauf pour une personne qui possède la seule nationalité de l’autre État.
  • Professions libérales (article 22) : imposables dans l’État où l’activité est exercée.
  • Dividendes et intérêts (articles 15 et 16) : imposables dans l’État de résidence du bénéficiaire.
  • Revenus immobiliers (article 9) : imposables dans l’État où se situent les biens.

La méthode d’élimination des doubles impositions figure à l’article 26 : les revenus exclusivement imposables dans un État ne peuvent pas être imposés dans l’autre, et l’État de résidence accorde une déduction égale à l’impôt payé dans l’autre État pour les redevances, les jetons de présence, les professions libérales et les artistes et sportifs. Chaque contribuable vérifie ses obligations déclaratives auprès de l’administration fiscale française et auprès du ministère des Finances libanais (finance.gov.lb), dont le barème de l’impôt sur les salaires se consulte en ligne.

Indépendants, télétravail et mission courte

Le revenu d’une profession libérale s’impose là où l’activité s’exerce (article 22), tandis que les bénéfices d’une entreprise s’imposent dans son État de résidence, sauf établissement stable dans l’autre État (article 10). Sur le plan social, il s’appuie sur la CFE pour la maladie-maternité (CLEISS) et sur le régime libanais selon les conditions fixées par la CNSS. Les cartes de séjour fondées sur des revenus ou un solde bancaire s’accompagnent d’un engagement notarié de ne pas travailler : un travail à distance pour un employeur étranger s’apprécie donc avec la Sûreté générale (ligne d’information 1717) avant l’installation, tout comme les missions commerciales ponctuelles.

Pour un projet de travail à distance, le guide visas nomades numériques et la page assurance nomade digital rassemblent des repères. Le détail des couvertures figure dans la fiche assurance santé expatrié au Liban.

L'économie libanaise : secteurs, monnaie et perspectives

Depuis 2019, le Liban traverse, selon la Banque mondiale, l’effondrement économique et financier le plus grave de son histoire : le secteur bancaire est insolvable, la livre a perdu 98 % de sa valeur et plus d’un tiers de la population a basculé dans la pauvreté. Le conflit de 2023-2024 a coûté 14 milliards de dollars selon l’évaluation de novembre 2024, dont 6,8 milliards de dommages physiques et 7,2 milliards de pertes économiques ; les besoins de reconstruction sont estimés à 11 milliards de dollars.

  • Monnaie : le taux de change officiel est resté à 89 500 livres pour 1 dollar en 2024 et en 2025 (Banque mondiale). Le contrat de travail précise la monnaie de paie et, le cas échéant, le taux de conversion appliqué.
  • Secteurs : le tourisme est décrit comme un moteur de croissance, tandis que les financements internationaux se concentrent sur l’énergie, l’eau, la reconstruction, la santé, la protection sociale et le soutien aux petites entreprises.
  • Perspectives : après une reprise en 2025, la Banque mondiale a publié le 21/08/2026 une projection de contraction de l’économie en 2026, liée à la reprise du conflit ; la restructuration bancaire et la gestion budgétaire figurent parmi les priorités de réforme.

Les indicateurs actualisés (croissance, inflation, chômage) figurent dans le bloc « Repères économiques » ci-dessus. Avant de choisir un poste, Expavy aide à comparer les assurances santé selon le statut et la durée de la mission.

Frais de la résidence annuelle de travail selon la catégorie

Catégorie ou situationFrais publiés (LBP)Équivalent indicatifPrécision
Travail, catégorie 1108 000 000environ 1 070 €Inclut les membres de la famille
Travail, catégorie 272 000 000environ 710 €Inclut les membres de la famille
Travail, catégorie 324 000 000environ 240 €Titulaire seul
Travail, catégorie 418 000 000environ 180 €Titulaire seul
Étudiant15 000 000environ 150 €Pour comparaison avec les catégories de travail
Supplément de traitement accéléré4 900 000environ 50 €Par carte de résidence

Source : Sûreté générale libanaise, barème des frais de résidence (consulté le 04/10/2026). Conversions au taux officiel de 89 500 LBP pour 1 USD (Banque mondiale, moyenne de 2025) et au cours de la BCE du 01/10/2026 (1 € = 1,1298 USD), arrondies.

Questions fréquentes

Un Français a-t-il besoin d'un visa de travail pour le Liban ?

Oui. France Diplomatie demande un visa de long séjour à entrées multiples, à obtenir avant le départ auprès de l'ambassade du Liban à Paris ou du consulat général à Marseille, pour tout travail ou stage, même bref. Le visa de travail est autorisé par le ministère du Travail libanais, puis la Sûreté générale délivre la carte de résidence.

Combien coûte la résidence de travail au Liban ?

Les frais publiés par la Sûreté générale vont de 18 millions de livres libanaises (environ 180 €) à 108 millions (environ 1 070 €) par an selon la catégorie du permis, avec un supplément de 4,9 millions (environ 50 €) pour le traitement accéléré. Une résidence de trois ans coûte trois fois le tarif annuel.

Quelle sécurité sociale pour un salarié français au Liban ?

Faute de convention de sécurité sociale, le salarié détaché reste affilié au régime français pendant 3 ans renouvelables une fois et se fait rembourser dans la limite des tarifs français, tandis que le salarié en contrat local relève du régime libanais (CNSS) et peut cotiser volontairement à la CFE.

Que couvre la CNSS libanaise ?

La CNSS comprend trois branches : maladie-maternité, indemnité de fin de service et allocations familiales. Les conditions d'affiliation d'un salarié étranger se confirment auprès de la caisse, qui déclare 409 078 salariés et 1 273 097 personnes bénéficiant d'une couverture santé.

Où est imposé le salaire d'un Français qui travaille au Liban ?

La convention fiscale du 24 juillet 1962 impose en principe les salaires dans l'État où l'activité s'exerce. Une mission temporaire de 183 jours au plus, avec une rémunération supportée par l'établissement d'origine, reste imposée dans le pays de départ. La situation de chaque contribuable se vérifie auprès de l'administration fiscale.

Peut-on travailler comme indépendant ou en télétravail au Liban ?

Les revenus d'une profession libérale s'imposent là où l'activité s'exerce selon la convention. Les résidences fondées sur un solde bancaire ou des revenus exigent un engagement notarié de ne pas travailler : la compatibilité d'un travail à distance se confirme auprès de la Sûreté générale avant l'installation.

L'économie libanaise permet-elle de trouver un emploi ?

La Banque mondiale décrit une crise engagée depuis 2019, une livre qui a perdu 98 % de sa valeur et une projection de contraction pour 2026 après une reprise en 2025. Les offres se comparent selon la monnaie de paie, la sécurité du poste et la couverture santé prévue au contrat.

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