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Koweït · Travailler et économie

Travailler au Koweït quand on est français : permis de travail, salaire, impôts et protection sociale

L’essentiel

Pour travailler dans le secteur privé au Koweït, un Français obtient un permis de résidence au titre de l'article 18, délivré sur autorisation de travail de l'administration compétente et lié à son employeur-parrain. Le salaire minimum du secteur privé est de 75 dinars koweïtiens par mois (environ 218 €) selon l'Organisation internationale du travail ; la durée légale est de 48 heures par semaine et l'indemnité de fin de service se calcule selon l'ancienneté. Les textes consultés ne mentionnent pas d'impôt sur le revenu des personnes physiques, et la convention franco-koweïtienne répartit le droit d'imposer les salaires, les pensions et les revenus indépendants. L'économie reste dominée par les hydrocarbures, avec un plan de diversification à long terme.

  • 75 KWD (environ 218 €) par mois : salaire minimum du secteur privé, fixé par une décision ministérielle (fiche de l'Organisation internationale du travail, décembre 2023).
  • 48 heures par semaine (8 heures par jour), ramenées à 36 heures par semaine pendant le Ramadan.
  • 30 jours de congé annuel payé après six mois de service.
  • 15 jours de salaire par année pendant les cinq premières années, puis un mois par année : indemnité de fin de service, plafonnée à 18 mois de salaire.
  • 183 jours : durée maximale de séjour dans l'année qui, avec deux autres conditions, laisse l'imposition du salaire à l'État de résidence (convention fiscale).
  • Plus de 35 % du PIB et 92 % des exportations en 2023 : poids des hydrocarbures (France Diplomatie).

Repères économiques : Koweït

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+2,7 %
Inflation
2,4 %
Taux de chômage
2,2 %
PIB par habitant
32 312 $
Population
4,9 millions

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Droit au travail, permis de résidence et contrat

Le visa de 30, 60 ou 90 jours accordé à un Français ne donne pas le droit de travailler : il se choisit selon le motif du déplacement (tourisme, famille, affaires). Pour un séjour professionnel de longue durée, le candidat entreprend, avec son employeur-parrain, les démarches de carte de séjour longue durée, la « Civil ID » (France Diplomatie). Le règlement d’application de la loi sur la résidence, publié par le ministère de l’Intérieur le 21 octobre 2019, prévoit une entrée pour le secteur privé sur la base d’une autorisation de travail délivrée par l’administration compétente, puis une résidence ordinaire au titre de l’article 18.

  • Parrainage : le transfert de la résidence d’un salarié du secteur privé vers un autre employeur exige l’accord de l’administration ; l’employeur doit aussi signaler les absences et la fin ou la rupture du contrat, et rapatrier le salarié à ses frais à la fin de la relation de travail.
  • Changer d’employeur : l’OIT décrit un transfert possible avec l’accord de l’employeur après un an d’emploi continu, ou sans son accord trois ans après la délivrance du permis, avec des règles propres aux petites et moyennes entreprises, aux zones franches et à certains secteurs.
  • Contrat : il peut être verbal ou écrit en arabe ; écrit, il est rédigé en trois exemplaires, des traductions pouvant s’y ajouter.
  • Passeport et sortie : la confiscation du passeport par l’employeur est interdite, et aucun permis de sortie n’est exigé pour quitter le pays (OIT).
  • Paiement : les salaires se versent tous les quinze jours ou tous les mois, par le système de protection des salaires, sur un compte bancaire agréé.

Le guide travailler à l’étranger aide à choisir entre détaché et expatrié, et le glossaire définit le contrat local. Les formalités d’installation figurent dans la page vivre au Koweït.

Salaire minimum et niveaux de salaire

La fiche de l’Organisation internationale du travail de décembre 2023 indique un salaire minimum de 75 dinars koweïtiens par mois dans le secteur privé, fixé par la décision ministérielle n° 14 ; le ministre ne peut statuer sur le salaire minimum qu’une fois tous les cinq ans au plus. Au cours de la Banque centrale du Koweït du 05/10/2026 (344,263 fils pour 1 €), 75 KWD équivalent à environ 218 €. Ce plancher concerne surtout les emplois peu qualifiés : pour un salarié recruté à l’international, le niveau se négocie dans le contrat.

Les sources officielles consultées ne publient pas de salaire moyen par secteur : la page vivre au Koweït détaille le budget. Deux repères réglementaires aident à situer les niveaux. Le premier est le seuil de 500 KWD (environ 1 450 €) par mois exigé de l’étranger qui fait venir sa famille, avec des dispenses pour des professions comme les médecins, les ingénieurs ou les enseignants universitaires. Le second est la liste des avantages à lire dans l’offre : logement, transport, scolarité et billets d’avion varient selon les employeurs et se comparent ligne par ligne.

Temps de travail, congés, fin de service et chaleur

La fiche de l’OIT résume ainsi la loi sur le travail dans le secteur privé :

  • Durée : 8 heures par jour ou 48 heures par semaine, 36 heures par semaine pendant le Ramadan, avec une heure de pause après cinq heures de travail. Un jour de repos hebdomadaire est garanti ; le travail ce jour-là est rémunéré au moins 150 % du salaire journalier de base.
  • Heures supplémentaires : de 125 % à 150 % du taux horaire de base, dans la limite de deux heures par jour, six heures par semaine et 180 heures par an.
  • Congés : 30 jours de congé annuel payé après six mois de service ; congé de maternité de 70 jours payés, plus jusqu’à quatre mois sans solde.
  • Maladie : 15 jours à plein salaire, puis 10 jours aux trois quarts, 10 jours à moitié et 30 jours au quart du salaire, ensuite sans solde.
  • Accident du travail : salaire complet pendant les six premiers mois, puis moitié, et frais de traitement à la charge de l’employeur.
  • Chaleur : le travail en extérieur est interdit de 11 heures à 16 heures du 1er juin au 31 août, sauf dans le pétrole et le gaz.

L’indemnité de fin de service est un droit légal. Pour un salarié payé au mois, elle représente 15 jours de salaire par année pendant les cinq premières années, puis un mois de salaire par année, dans la limite de 18 mois de salaire, calculée au prorata. Elle tient lieu de prestation de fin de carrière, puisque les expatriés sont exclus de la pension de vieillesse locale (voir plus bas). Le guide retraite aide à anticiper ce manque.

Impôt sur le revenu et convention fiscale franco-koweïtienne

La convention entre la France et le Koweït, signée à Koweït le 7 février 1982 et entrée en vigueur le 1er septembre 1983, a été modifiée par deux avenants, entrés en vigueur en 1991 et en 1995 (texte consolidé sur impots.gouv.fr). Côté koweïtien, son article 2 énumère l’impôt sur le revenu des sociétés, le prélèvement au profit de la fondation pour le développement scientifique et l’impôt religieux (zakat) ; il ne mentionne aucun impôt sur le revenu des personnes physiques. La liste des textes économiques de l’autorité d’investissement cite par ailleurs une loi sur l’impôt sur le revenu koweïtien et une loi sur l’imposition des groupes d’entreprises multinationales, qui visent des entités, pas des salariés.

  • Résidence fiscale (article 4) : la personne physique résidente des deux États relève de l’État où elle a son foyer d’habitation permanent, puis du centre de ses intérêts vitaux. Un salarié qui garde son foyer en France peut donc rester résident fiscal français.
  • Salaires (article 13) : ils sont imposables dans l’État de résidence, sauf si l’emploi est exercé dans l’autre État ; un séjour de 183 jours au plus dans l’année, avec un employeur non résident de cet État et sans charge pour un établissement stable, laisse l’imposition à l’État de résidence.
  • Indépendants (article 12) : les revenus d’une profession libérale ne sont imposables que dans l’État de résidence, sauf base fixe dans l’autre État.
  • Éviter la double imposition (article 19) : la France accorde un crédit d’impôt dont le montant dépend de la catégorie de revenu, égal à l’impôt payé au Koweït ou à l’impôt français correspondant selon le cas.

Un non-résident fiscal qui perçoit des revenus de source française, par exemple des loyers, les déclare chaque année : l’administration fiscale applique un taux minimum de 20 % jusqu’à 29 579 € de revenu net imposable puis de 30 % au-delà (notice 2041-E, déclaration des revenus de 2025). La situation personnelle se vérifie sur impots.gouv.fr ou auprès du service des impôts des particuliers non-résidents ; le guide détaché ou expatrié éclaire les cas fréquents.

Cotisations sociales : ce que couvre (et ne couvre pas) le régime local

L’institution publique de sécurité sociale (PIFSS) définit l’assuré comme tout salarié koweïtien du secteur public ou privé, travailleur indépendant koweïtien, ou Koweïtien travaillant dans un pays du Conseil de coopération du Golfe. Les salariés étrangers n’en font pas partie : l’OIT note qu’aucune pension de vieillesse, d’invalidité ou de survivant n’est prévue pour eux par la loi, et que l’indemnité de fin de service tient lieu de prestation. Leur protection repose sur l’employeur : assurance santé liée à la résidence, soins et salaire en cas d’accident du travail, indemnités de maladie.

La France n’a pas de convention de sécurité sociale avec le Koweït : le pays ne figure pas dans la liste des accords bilatéraux en vigueur du CLEISS. Un salarié détaché hors convention reste affilié à la sécurité sociale française pendant 3 ans, renouvelables une fois, mais doit aussi respecter les obligations locales. Les cotisations, la CFE et la retraite complémentaire sont détaillées dans le guide CFE et dans la page remboursement des soins au Koweït.

Indépendants, investisseurs et télétravail

Le règlement de 2019 prévoit une résidence pour l’investisseur ou l’associé étranger d’une activité commerciale ou industrielle (article 19), sur présentation de la licence d’activité délivrée par l’administration compétente, à produire aussi au renouvellement. L’autorité d’investissement (KDIPA) rappelle que la loi sur la promotion de l’investissement direct permet à un investisseur étranger de détenir jusqu’à 100 % d’une société koweïtienne et prévoit, pour les entités licenciées, une exonération d’impôt sur le revenu ou d’autres impôts pour une durée de dix ans au plus à compter de l’exploitation effective.

Une résidence hors emploi (article 24) existe pour qui prouve ses ressources, mais elle ne vaut pas autorisation de travailler : le texte réserve au directeur de la résidence la possibilité d’autoriser un travail à la demande d’une administration. Les sources officielles consultées ne décrivent pas de visa spécifique au télétravail : un Français qui travaille à distance pour un employeur étranger se renseigne auprès du ministère de l’Intérieur sur le titre adapté. Les solutions de couverture figurent dans l’assurance nomade digital.

Économie : hydrocarbures, diversification et monnaie

France Diplomatie décrit une économie dépendante des hydrocarbures : en 2023, ils représentent plus de 35 % du PIB, 92 % des exportations et 93 % des recettes de l’État. Le fonds souverain Kuwait Investment Authority détient des actifs importants. Sur la répartition sectorielle, l’industrie pèse 41,6 % du PIB, les services 58 % et l’agriculture et la pêche 0,4 %. Le Koweït est membre de l’OPEP et dixième exportateur mondial de pétrole.

Le programme « New Kuwait 2035 », présenté en 2017, vise à faire du pays un centre régional commercial, financier et touristique, avec des investissements dans les infrastructures urbaines, les transports, l’énergie et l’environnement. Le pays mène aussi une politique de koweïtisation du secteur privé, ce qui compte pour qui recherche un poste. La France est présente avec 39 entreprises implantées, un chiffre d’affaires de 585 millions d’euros et 2 139 personnes employées, et le Koweït est le troisième partenaire commercial de la France dans le Golfe. La monnaie est le dinar koweïtien, ancré à un panier de devises, dont le cours du 05/10/2026 est de 344,263 fils pour 1 €.

Pour comparer les couvertures santé liées à un contrat local ou à un détachement, la page assurance santé expatrié donne des repères ; Expavy aide à les confronter à votre situation.

Questions fréquentes

Faut-il un permis de travail pour travailler au Koweït quand on est français ?

Oui. Le visa de court séjour ne permet pas de travailler. Un salarié du secteur privé obtient une résidence au titre de l'article 18, sur autorisation de travail de l'administration compétente, liée à son employeur-parrain ; la carte de séjour longue durée se nomme Civil ID.

Quel est le salaire minimum au Koweït ?

L'Organisation internationale du travail indique, dans sa fiche de décembre 2023, un salaire minimum de 75 KWD par mois dans le secteur privé (environ 218 €), fixé par une décision ministérielle. Pour un salarié recruté à l'international, le niveau se négocie dans le contrat.

Le Koweït prélève-t-il un impôt sur le salaire d'un expatrié ?

Les textes consultés ne mentionnent pas d'impôt sur le revenu des personnes physiques : la convention franco-koweïtienne liste côté koweïtien l'impôt sur les sociétés, un prélèvement scientifique et la zakat. La situation fiscale française se vérifie séparément, car la résidence fiscale dépend du foyer et du centre des intérêts vitaux.

Comment se calcule l'indemnité de fin de service au Koweït ?

Pour un salarié payé au mois, elle représente 15 jours de salaire par année pendant les cinq premières années, puis un mois de salaire par année, dans la limite de 18 mois de salaire et au prorata, selon la fiche de l'OIT.

Peut-on cotiser à la sécurité sociale koweïtienne quand on est étranger ?

L'institution publique de sécurité sociale définit l'assuré comme un salarié koweïtien ou un Koweïtien travaillant dans le Golfe. Les salariés étrangers relèvent de l'indemnité de fin de service et de l'assurance santé liée à la résidence ; la France n'a pas de convention de sécurité sociale avec le Koweït.

Combien d'heures par semaine travaille-t-on au Koweït ?

La durée légale est de 48 heures par semaine (8 heures par jour), réduite à 36 heures par semaine pendant le Ramadan, avec un jour de repos hebdomadaire. Les heures supplémentaires sont majorées de 25 % à 50 % et plafonnées.

Un Français peut-il créer sa société au Koweït ?

L'autorité d'investissement indique que la loi sur l'investissement direct permet jusqu'à 100 % de détention étrangère d'une société koweïtienne licenciée, avec des exonérations d'impôt de dix ans au plus. La résidence d'investisseur se demande au titre de l'article 19 avec la licence d'activité.

Les autres guides : Koweït