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Israël · Système de santé

Le système de santé israélien : caisses de santé, panier de soins et accès pour un Français

L’essentiel

Israël applique depuis 1995 la loi sur l’assurance maladie nationale : chaque résident s’inscrit à l’une des quatre caisses de santé (koupot holim), organismes publics agréés qui fournissent un panier de soins défini par la loi. Un nouvel immigrant s’inscrit dès l’aéroport, avec une exonération de cotisation santé de 6 mois (12 mois avec une allocation de soutien au revenu) et sans délai d’attente ; un Israélien de retour après une longue absence peut subir un délai de 2 à 6 mois. En cas d’urgence, Magen David Adom répond au 101. Les touristes et les titulaires de visas de type B n’entrent pas dans ce régime : la CFE ou une assurance internationale prend alors le relais.

  • Loi sur l’assurance maladie nationale en vigueur depuis janvier 1995 : quatre caisses, un panier de soins uniforme, révisé chaque année (comité 2026 doté de 650 millions ₪).
  • Dépenses de santé de 146,0 milliards ₪ en 2024, soit 7,3 % du PIB (Bureau central de statistiques) ; 62 % des dépenses sont financées par prépaiement obligatoire contre 75 % en moyenne dans l’OCDE.
  • Espérance de vie en 2024 : 81,4 ans pour les hommes et 85,5 ans pour les femmes (Bureau central de statistiques).
  • 3,5 médecins et 5,6 infirmiers pour 1 000 habitants, 3,0 lits d’hôpital pour 1 000 contre 4,2 en moyenne dans l’OCDE (OCDE, 2025).
  • Cotisation santé des salariés en 2026 : 3,23 % jusqu’à 7 703 ₪, puis 5,17 % jusqu’à 51 910 ₪ (Bitouah Leoumi).
  • Résidents de retour : 1 mois d’attente par année d’absence, minimum 2 mois, maximum 6 mois ; rachat possible pour 16 860 ₪ depuis le 1er janvier 2026.

La loi de 1995 : un régime universel pour les résidents

La loi sur l’assurance maladie nationale, en vigueur depuis janvier 1995, fixe la responsabilité de l’État pour les services de santé de l’ensemble des résidents, hors touristes (ministère israélien des Affaires étrangères). Tout résident de 18 ans ou plus cotise via l’institut national d’assurance (Bitouah Leoumi), avec deux exceptions : les femmes mariées sans activité hors du foyer sont dispensées de cotiser, et les personnes qui immigrent après 62 ans paient la seule cotisation santé. Le financement associe les cotisations progressives des résidents, les prélèvements sur les employeurs et les indépendants, des fonds de l’institut, le budget du ministère de la Santé et la participation des patients.

La qualité de résident repose sur le « centre de vie » : domicile, famille, scolarité des enfants, travail ou études. Elle peut être reconnue aux titulaires d’un visa de type A, tandis que les visas de type B (touriste, travailleur étranger) restent exclus de cette reconnaissance (Bitouah Leoumi). Dans son panorama 2025, l’OCDE indique que toute la population est couverte pour un panier de services de base, avec des dépenses de 7,6 % du PIB contre 9,3 % en moyenne dans l’OCDE, soit 4 352 dollars par habitant en parité de pouvoir d’achat contre 5 967. Le Bureau central de statistiques chiffre les dépenses 2024 à 7,3 % du PIB.

Les quatre caisses de santé (koupot holim) : organismes publics agréés

Les quatre caisses de santé (koupot holim) sont des organismes agréés qui dispensent le panier de soins sous la supervision du ministère de la Santé (CLEISS). La loi leur accorde un statut égal et leur interdit de refuser un adhérent en raison de l’âge ou de l’état de santé. Chaque assuré choisit librement sa caisse ; les conjoints peuvent s’inscrire dans deux caisses différentes et les enfants de moins de 18 ans suivent la caisse du parent qui perçoit les allocations familiales.

L’inscription conditionne l’accès aux soins. Les nouveaux immigrants s’inscrivent à l’aéroport Ben Gourion ; en cas d’oubli, la démarche se fait en personne dans un bureau de poste, et devient possible en ligne sur le site de Bitouah Leoumi trois semaines après l’alya. Le changement de caisse passe par le même site ou par un bureau de poste. Le choix dépend du lieu de résidence, du médecin souhaité et des compléments proposés.

Le panier de soins et la participation de l’assuré

Le panier couvre notamment les consultations de médecine générale et de spécialistes, les médicaments figurant sur la liste du ministère (avec un reste à charge pouvant atteindre 15 % d’après le CLEISS), les analyses de laboratoire, l’hospitalisation (générale, maternité, psychiatrique, longue durée), la chirurgie et les greffes, les soins préventifs dentaires des enfants, les premiers secours et le transport sanitaire, les dispositifs médicaux, l’obstétrique, les traitements de fertilité et les soins paramédicaux. Si un traitement n’existe pas en Israël, la prise en charge à l’étranger est prévue (ministère israélien des Affaires étrangères).

Le panier évolue chaque année : le gouvernement a nommé le 16 novembre 2025 le comité 2026, doté de 650 millions de shekels, chargé d’examiner des centaines de médicaments et de technologies (ministère de la Santé). La participation de l’assuré existe pour les consultations de spécialistes et les centres ambulatoires, avec un plafond trimestriel par famille ; les nouveaux immigrants obtiennent 50 % de réduction sur ce plafond pendant un an. Le portail « Kol HaBriout » du ministère de la Santé centralise les informations sur les participations et les remises.

Assurances complémentaires des caisses (Shaban) et assurance privée

Chaque caisse peut proposer une assurance complémentaire, le « Shaban », qui couvre des services hors panier. La prime est identique pour tous les adhérents d’une même caisse, sauf pour les soins infirmiers de longue durée où elle peut varier avec l’âge (ministère israélien des Affaires étrangères). Le ministère de l’Alya et de l’Intégration rappelle qu’un résident peut souscrire un complément de caisse, une assurance privée, ou les deux, pour obtenir des services supplémentaires.

Selon l’OCDE, 62 % des dépenses de santé sont couverts par le prépaiement obligatoire, contre 75 % en moyenne : le reste relève des ménages et des assurances volontaires, ce qui explique l’intérêt de compléments pour le dentaire adulte, l’optique ou les prestations non incluses dans le panier. Les Français non éligibles à la caisse trouveront dans le guide assurance santé expatrié et dans celui de la CFE les repères pour comparer.

Hôpitaux, urgences et Magen David Adom (101)

En urgence, quatre numéros nationaux s’appliquent : 100 pour la police, 101 pour Magen David Adom (secours médicaux), 102 pour les pompiers et 104 pour le Commandement du front intérieur (gov.il). Le réseau comprend des hôpitaux, des cliniques et des centres de protection maternelle et infantile (ministère israélien des Affaires étrangères).

Côté ressources, l’OCDE relève en 2025 : 3,0 lits d’hôpital pour 1 000 habitants (4,2 en moyenne), 3,5 médecins (3,9) et 5,6 infirmiers (9,2) pour 1 000, ainsi que 17 scanners, IRM et appareils TEP par million d’habitants (51 en moyenne). Les résultats cliniques se situent au-dessus de la moyenne : mortalité à 30 jours de 4,5 % après infarctus (6,5 %) et de 4,4 % après AVC (7,7 %), dépistage du cancer du sein chez 71 % des femmes de 50 à 69 ans (55 %). Le Bureau central de statistiques compte 1,7 lit de soins généraux pour 1 000 habitants en 2024. L’espérance de vie atteint 83,8 ans selon l’OCDE, soit 2,7 ans de plus que la moyenne.

Nouveaux immigrants : une couverture dès l’arrivée

Un nouvel immigrant s’inscrit à une caisse pendant l’accueil à l’aéroport. Les cotisations sont suspendues automatiquement : jusqu’à 12 mois pour l’assurance nationale et jusqu’à 6 mois pour l’assurance santé (12 mois avec l’allocation de soutien au revenu), pour les personnes sans activité ou à faible revenu (ministère de l’Alya et de l’Intégration). Ensuite, l’employeur prélève les cotisations sur la paie, alors qu’un indépendant ou une personne sans emploi règle directement Bitouah Leoumi.

Les immigrants au titre de la loi du retour sont exemptés du délai d’attente décrit ci-dessous (Bitouah Leoumi), et la réduction de 50 % sur le plafond trimestriel de participation s’applique pendant un an. Les personnes arrivées après 62 ans ne paient que la cotisation santé. La page remboursement des soins en Israël récapitule chaque situation.

Résidents de retour : le délai d’attente de 2 à 6 mois

Un délai d’attente concerne les personnes qui ont vécu à l’étranger au moins 18 mois consécutifs sans cotiser à l’assurance santé pendant au moins 12 mois, ou qui ont perdu leur statut de résident. Il atteint un mois par année d’absence (une année correspondant à 12 mois dont au moins 182 jours à l’étranger), avec un minimum de 2 mois et un maximum de 6 mois. Un mois d’attente équivaut à 25 jours consécutifs de présence en Israël, et les cotisations restent dues pendant la période (Bitouah Leoumi).

Sont exemptés : les immigrants de la loi du retour, les mineurs et les « mineurs de retour » reconnus par le ministère de l’Alya, les soldats libérés depuis moins de 24 mois et les titulaires d’un visa A/1 reconnus nouveaux immigrants. Le délai se rachète par un paiement de 16 860 ₪ depuis le 1er janvier 2026, en une fois ou en six mensualités, possible depuis l’étranger avant le retour ; il se rembourse uniquement si le retour n’a pas lieu ou si le statut de résident est refusé, et doit être réglé en totalité avant l’accès aux soins en Israël (hors soins à l’étranger et traitements de fertilité).

Touristes, visas B et Français non éligibles : CFE et assurance internationale

Les touristes et les titulaires de visas B restent hors du régime public. Pour ces profils, la couverture passe par la CFE (affiliation volontaire au régime français), par l’assurance fournie par l’employeur ou par une assurance santé internationale. La convention franco-israélienne de sécurité sociale de 1965 coordonne la maternité, la vieillesse, les accidents du travail et les prestations familiales ; l’assurance maladie relève de chaque pays (CLEISS).

La fiche assurance expatrié en Israël détaille les obligations selon le visa, et le guide systèmes de santé à l’étranger aide à comparer les modèles nationaux. Expavy met en regard ces options via le diagnostic.

Questions fréquentes

Comment fonctionne le système de santé israélien ?

Chaque résident cotise à l’assurance santé via Bitouah Leoumi et s’inscrit à l’une des quatre caisses de santé, qui fournissent un panier de soins défini par la loi de 1995 : consultations, hospitalisation, médicaments de la liste du ministère, maternité, transport sanitaire. Une participation s’applique pour certains actes, avec un plafond trimestriel par famille.

Combien de caisses de santé existe-t-il et peut-on en changer ?

Il existe quatre caisses de santé, au statut égal d’après la loi, qui ne peuvent refuser un adhérent pour son âge ou son état de santé. Le choix est libre et le changement se fait sur le site de Bitouah Leoumi ou dans un bureau de poste. Les conjoints peuvent relever de caisses différentes.

Un nouvel immigrant est-il couvert dès son arrivée ?

Oui : il s’inscrit à une caisse de santé à l’aéroport, sans délai d’attente. Les cotisations santé sont suspendues jusqu’à 6 mois (12 mois avec l’allocation de soutien au revenu) pour les personnes sans activité ou à faible revenu, et l’assurance nationale jusqu’à 12 mois. Une réduction de 50 % s’applique pendant un an sur le plafond de participation.

Quel est le délai d’attente pour un résident de retour en Israël ?

Il atteint un mois par année d’absence, avec un minimum de 2 mois et un maximum de 6 mois, pour les personnes restées au moins 18 mois à l’étranger sans cotiser pendant 12 mois ou ayant perdu le statut de résident. Les nouveaux immigrants de la loi du retour en sont exemptés. Un rachat est possible pour 16 860 ₪ depuis le 1er janvier 2026.

Quel numéro appeler en cas d’urgence en Israël ?

Le 101 joint Magen David Adom pour les secours médicaux. Le 100 correspond à la police, le 102 aux pompiers et le 104 au Commandement du front intérieur. Ces numéros sont publiés par le portail gouvernemental gov.il.

Un touriste français peut-il s’inscrire à une caisse de santé ?

La loi de 1995 s’adresse aux résidents, hors touristes, et les visas de type B ne confèrent pas la qualité de résident. Un touriste ou un salarié sous visa B/1 s’appuie donc sur une assurance privée, la CFE ou la couverture de son employeur, à vérifier avant le départ.

À quoi servent les assurances complémentaires des caisses ?

Le Shaban couvre des services hors panier et son tarif est identique pour tous les membres d’une même caisse, sauf pour les soins infirmiers de longue durée. L’OCDE indique que 62 % des dépenses de santé sont financés par prépaiement obligatoire, ce qui explique l’intérêt de compléments pour les postes peu couverts.

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