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Chili · Travailler et économie

Travailler au Chili : emploi pour un Français, salaire minimum, cotisations, impôts et économie du pays

L’essentiel

Un Français qui souhaite travailler au Chili demande, depuis l'étranger, une résidence temporaire pour activités rémunérées sur la base d'un contrat d'au moins trois mois avec un employeur disposant d'une adresse au Chili, et ne commence à travailler qu'après l'obtention du visa. Le revenu minimum mensuel est de 553 553 CLP depuis le 1er mai 2026 et la durée légale du travail est de 42 heures par semaine depuis le 26 avril 2026. Le salarié cotise 10 % de son salaire à une AFP (plus une commission) et 7 % à Fonasa ou à une Isapre, tandis que l'employeur finance une cotisation de retraite qui monte par étapes. La convention fiscale franco-chilienne répartit l'imposition des salaires (article 14), et la convention de sécurité sociale permet à un salarié détaché de rester affilié au régime français pendant deux ans, prolongeables de deux ans avec l'accord des autorités.

  • 553 553 CLP par mois : revenu minimum mensuel des 18-65 ans depuis le 1er mai 2026 (412 938 CLP pour les moins de 18 ans et les plus de 65 ans) : Direction du travail du Chili, loi n° 21.830.
  • 42 heures par semaine depuis le 26 avril 2026, puis 40 heures le 26 avril 2028 : loi n° 21.561 sur la réduction du temps de travail : ministère du Travail du Chili.
  • 10 % du salaire pour la pension (AFP, plus une commission) et 7 % pour la santé (Fonasa ou Isapre) : cotisations du salarié : CLEISS.
  • 15,25 % : retenue sur les honoraires des indépendants en 2026, portée à 16 % en 2027 puis 17 % en 2028 : administration fiscale du Chili (SII).
  • 53,1 % des exportations du Chili en 2025 viennent du cuivre, et 60,5 % de la minière : Sous-secrétariat aux relations économiques internationales.
  • 2 ans, prolongeables de 2 ans avec l'accord des autorités : durée du détachement d'un salarié sous la convention de sécurité sociale franco-chilienne (article 7) : CLEISS.

Repères économiques : Chili

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+2,5 %
Inflation
4,2 %
Taux de chômage
9,0 %
PIB par habitant
17 995 $
Population
19,9 millions

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Droit au travail : la résidence temporaire pour activités rémunérées

Le Service national des migrations (SERMIG) range les personnes qui exercent une activité licite rémunérée dans une sous-catégorie de la résidence temporaire. La demande se dépose depuis l’étranger sur le portail de démarches numériques, avec un passeport, un casier judiciaire du pays d’origine (et, pour qui a résidé cinq ans ou plus ailleurs, un certificat de ce pays) et un justificatif de la relation de travail. Trois formes sont décrites : le contrat de travail signé avec une personne physique ou morale qui possède une adresse postale ou une succursale au Chili, inscrite au SII (déclaration de début d’activité en vigueur), pour une durée minimale de trois mois ; le contrat de prestation de services (honoraires), notarié, avec une clause de validité et d’impôt sur le revenu ; et l’offre d’emploi notariée, accompagnée d’une lettre d’acceptation du candidat.

La Direction du travail rappelle que l’étranger ne peut commencer son activité qu’une fois le visa de résidence obtenu : le contrat comporte une clause de prise d’effet à cette date. Les touristes en permanence transitoire ne sont pas autorisés à travailler, sauf exceptions (artistes, sportifs, conférenciers, experts techniques). Si l’emploi prend fin, le permis lié au contrat devient caduc et un délai de 30 jours s’ouvre pour régulariser la situation avec un nouvel employeur. Le guide pour vivre au Chili détaille la résidence définitive et la carte d’identité chilienne.

Contrat de travail, clauses obligatoires et durée du travail

Selon la Direction du travail, le contrat d’un travailleur étranger se signe devant notaire et comporte, en plus des clauses habituelles du code du travail, une clause de validité subordonnée à l’obtention du visa, l’engagement de l’employeur de payer le passage de retour vers le pays d’origine, les retenues de sécurité sociale et une clause relative à l’impôt sur le revenu. Le SERMIG précise que l’employeur signe devant un notaire chilien et le salarié devant le consulat compétent lorsqu’il se trouve à l’étranger. La Direction du travail sert tous les travailleurs, chiliens ou étrangers, sans distinction.

La loi n° 21.561 réduit progressivement la durée légale hebdomadaire : 44 heures à partir du 26 avril 2024, 42 heures depuis le 26 avril 2026, puis 40 heures le 26 avril 2028 ; les employeurs peuvent anticiper la réduction. Le guide travailler à l’étranger compare contrat local, détachement et expatriation.

Salaire minimum et niveaux de rémunération

La Direction du travail indique que, depuis le 1er mai 2026 (loi n° 21.830, publiée au Journal officiel le 22 juin 2026), le revenu minimum mensuel est de 553 553 CLP pour les travailleurs de plus de 18 ans et jusqu’à 65 ans, de 412 938 CLP pour les moins de 18 ans et les plus de 65 ans, et de 356 815 CLP à des fins non salariales. Il avait été fixé à 539 000 CLP le 1er janvier 2026, et sera réajusté au 1er janvier 2027 selon l’inflation cumulée entre le 1er mai et le 31 décembre 2026.

Les sources officielles consultées ne publient pas de grille de salaires par métier : la rémunération d’un cadre français se négocie avec l’employeur, qui peut y inclure des avantages (logement, scolarité, assurance santé) à préciser par écrit. Le guide budgétiser sa santé à l’expatriation aide à intégrer le poste santé dans cette négociation.

Cotisations sociales : AFP, santé, assurance chômage et réforme des pensions

Le CLEISS publie les taux au 1er juin 2025 pour un salarié du secteur privé :

  • Retraite, invalidité, survie : 10 % du salaire pour le salarié (12 à 14 % dans les métiers à usure prématurée), plus une commission de gestion à l’AFP de 0,49 à 1,45 % ; l’employeur finance 1,78 % pour l’assurance invalidité et survie.
  • Santé-maternité : 7 % à la charge du salarié, versés à Fonasa ou à une Isapre.
  • Accidents du travail et maladies professionnelles : 0,93 à 3,4 % à la charge de l’employeur selon l’activité.
  • Assurance chômage : 2,4 à 3 % pour l’employeur, 0,6 % pour le salarié en contrat à durée indéterminée.

Les plafonds sont exprimés en unités de fomento : 87,8 UF pour la plupart des risques et 131,9 UF pour l’assurance chômage. La Superintendance des pensions ajoute que la réforme introduit une cotisation à la charge de l’employeur : 1 % de la rémunération du 1er août 2025 au 31 juillet 2026, puis 3,5 % du 1er août 2026 au 31 juillet 2027, pour atteindre à terme 8,5 % au total. Le salarié étranger affilié à un régime de sécurité sociale hors du Chili peut, sous conditions et pour des contrats de « techniciens étrangers » (loi n° 18.156), être dispensé de cotiser à l’AFP, sans accéder alors au système chilien. La page système de santé du Chili détaille le choix entre Fonasa et Isapre.

Impôt sur le revenu, règle des trois ans et convention fiscale franco-chilienne

Le SII applique aux salaires un impôt unique de deuxième catégorie, calculé chaque mois. Pour octobre 2026, la tranche exonérée va jusqu’à 974 038,50 CLP par mois ; viennent ensuite des taux de 4 %, 8 %, 13,5 %, 23 %, 30,4 % et 35 %, puis 40 % au-delà de 22 366 810 CLP par mois. Le SII prévoit pour les nouveaux arrivants une règle favorable : un étranger qui établit son domicile ou sa résidence au Chili n’est imposé que sur ses revenus de source chilienne pendant les trois premières années, durée que le directeur régional peut prolonger dans des cas qualifiés ; ensuite, il est imposé sur ses revenus de source chilienne et étrangère comme tout résident.

La convention fiscale du 7 juin 2004, en vigueur depuis le 10 juillet 2006, répartit le droit d’imposer. Pour les salaires (article 14), la règle de base est l’imposition dans l’État où l’emploi s’exerce ; l’État de résidence imposera seul si la présence dans l’autre État n’excède pas 183 jours sur douze mois, avec un employeur non résident de cet État et une rémunération non supportée par un établissement stable. Pour éviter la double imposition (article 22), la France accorde un crédit d’impôt sur les revenus imposables au Chili, et le Chili autorise ses résidents à imputer l’impôt payé en France. La résidence fiscale se détermine selon l’article 4 et la situation du foyer : un conseil fiscal personnalisé est utile avant le départ.

Détaché, indépendant, télétravail : trois statuts, trois régimes

Le salarié détaché envoyé par son entreprise pour accomplir un travail déterminé reste soumis à la législation française si la durée prévisible ne dépasse pas deux ans ; le détachement peut se prolonger de deux ans au plus avec l’accord des autorités compétentes des deux pays (article 7 de la convention générale du 25 juin 1999). Ses ayants droit qui l’accompagnent suivent la même législation (article 10). Le CLEISS précise en revanche que la convention ne prévoit aucune coordination en matière d’assurance maladie et maternité pour les actifs : la page remboursement des soins au Chili décrit les conséquences. Le guide détaché ou expatrié compare les deux statuts.

L’indépendant qui émet des reçus d’honoraires (« boletas de honorarios ») subit une retenue de 15,25 % en 2026 (14,5 % en 2025), progressivement portée à 16 % en 2027 et à 17 % en 2028 : elle finance des protections sociales (pensions, santé, accidents du travail, allocations familiales). Le CLEISS cite pour les indépendants 7 % de cotisation santé et aucune couverture contre le chômage. Le SERMIG ne liste pas de sous-catégorie dédiée au télétravail ou au nomadisme numérique parmi les quinze sous-catégories de la résidence temporaire : la situation d’un télétravailleur se confirme auprès du service avant le départ.

L'économie chilienne : secteurs, monnaie et perspectives

Le Sous-secrétariat aux relations économiques internationales (Subrei) indique que les exportations de biens ont atteint 110,4 milliards de dollars en 2025 (+11,6 %). La minière en représente 60,5 %, soit 66,7 milliards de dollars (+18,9 %), et le cuivre seul 53,1 % (+17,7 %), contre 46,9 % pour les exportations hors cuivre, en hausse de 5,5 %. Les exportations agricoles ont progressé de 1,5 % et les exportations industrielles de 2,1 %. Du côté des importations, les biens d’équipement ont augmenté de 25 %, signe d’une reprise de l’investissement.

La Subrei relève la dépendance au cycle des prix des matières premières comme une vulnérabilité structurelle et fait de la diversification un défi pour le pays. La monnaie est le peso chilien (CLP). Pour un Français, le recrutement passe en pratique par un employeur établi au Chili, qui conduit la procédure de résidence décrite plus haut. Expavy aide à comparer les contrats santé d’un salarié, détaché ou local, avant la signature. La page fiche complète du Chili regroupe les repères d’assurance.

Questions fréquentes

Peut-on travailler au Chili avec un visa de touriste ?

Le SERMIG indique que les touristes en permanence transitoire ne sont pas autorisés à travailler, sauf exceptions pour certains artistes, sportifs, conférenciers et experts techniques. Un salarié demande une résidence temporaire pour activités rémunérées depuis l'étranger, sur la base d'un contrat d'au moins trois mois.

Quel est le salaire minimum au Chili ?

553 553 CLP par mois depuis le 1er mai 2026 pour les 18-65 ans (loi n° 21.830), 412 938 CLP pour les moins de 18 ans et les plus de 65 ans, selon la Direction du travail. Un réajustement fondé sur l'inflation est prévu au 1er janvier 2027.

Quelle est la durée légale du travail au Chili ?

42 heures par semaine depuis le 26 avril 2026 : la loi n° 21.561 la ramène de 44 heures (26 avril 2024) à 42 heures, puis à 40 heures le 26 avril 2028.

Quelles cotisations un salarié doit-il verser au Chili ?

10 % du salaire pour la pension (AFP) plus une commission de gestion de 0,49 à 1,45 %, et 7 % pour la santé (Fonasa ou Isapre). Le salarié en contrat à durée indéterminée verse aussi 0,6 % pour l'assurance chômage (CLEISS, taux au 1er juin 2025).

Comment un salarié détaché au Chili reste-t-il affilié au régime français ?

La convention du 25 juin 1999 le maintient sous la législation française pour une durée prévisible de deux ans, prolongeable de deux ans avec l'accord des autorités des deux pays. Elle ne coordonne pas l'assurance maladie des actifs.

Où paie-t-on l'impôt sur son salaire quand on travaille au Chili ?

La convention fiscale franco-chilienne prévoit l'imposition des salaires dans l'État où l'emploi s'exerce, sauf présence de 183 jours au plus sur douze mois avec un employeur non résident. Le SII n'impose que les revenus de source chilienne pendant les trois premières années de résidence.

Quelle retenue subit un indépendant au Chili ?

15,25 % sur les honoraires en 2026, selon le SII, avec un passage à 16 % en 2027 et à 17 % en 2028, ce qui finance sa protection sociale.

Les autres guides : Chili