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Santé internationaleExpavy

Fiche pays — Amériques

Assurance expatrié et assurance santé au Chili

Rue résidentielle colorée du quartier de Bellavista à Santiago du Chili, avec la cordillère des Andes en arrière-plan

En 5 lignes

Le Chili n'a pas de système de santé universel gratuit à la française : le financement repose sur une cotisation obligatoire de 7 % du salaire, versée soit à FONASA (assurance publique, environ 85 % de la population, ouverte aux étrangers dès le dépôt d'une demande de permis de résidence), soit à une ISAPRE (assureur privé, sélection médicale, primes croissantes avec l'âge). Aucune assurance santé n'est légalement exigée pour un séjour touristique de moins de 90 jours, mais France Diplomatie la présente comme indispensable, l'ambassade ne pouvant prendre en charge les frais d'hospitalisation. Le programme vacances-travail (PVT), ouvert de 18 à 30 ans (quota annuel de 400 places, jamais atteint), impose une assurance couvrant toute la durée du séjour dès le dépôt du dossier. La convention de sécurité sociale France-Chili, en vigueur depuis 2001, coordonne les pensions de vieillesse, d'invalidité et de survivants, et ne prend en charge les soins de santé que pour les titulaires de pension résidant au Chili : pour un actif, le CLEISS confirme qu'elle ne prévoit aucune coordination maladie-maternité, chacun relevant intégralement de la législation chilienne. Sans couverture, une hospitalisation privée non prise en charge peut atteindre plusieurs milliers de dollars, les cliniques exigeant une garantie de paiement dès l'admission.

Source : France Diplomatie — Chili, Santé

Chiffres clés

  • 9 516 Français inscrits au registre consulaire au Chili en 2025 (9 359 en 2024, soit +1,68 %).
  • Espérance de vie à la naissance : 81,17 ans en 2023 (Banque mondiale).
  • Dépenses de santé : 10,17 % du PIB en 2023, environ 1 737 USD par habitant (Banque mondiale).
  • Séjour touristique sans visa limité à 90 jours pour les titulaires d'un passeport français (France Diplomatie).

Système de santé local

Le système de santé chilien repose sur une cotisation obligatoire de 7 % du salaire, que chaque travailleur formel doit verser soit à FONASA (Fondo Nacional de Salud, l’assureur public), soit à une ISAPRE (Institución de Salud Previsional, l’un des assureurs privés en concurrence). FONASA couvre aujourd’hui environ 85 % de la population et répartit ses affiliés en quatre tranches de revenu (A à D), la tranche A (personnes sans ressources) bénéficiant d’un accès gratuit au réseau public. Les ISAPRE vendent des plans individuels avec sélection médicale à l’entrée : elles couvrent une population en baisse continue (environ 2,5 millions de bénéficiaires fin 2025, contre près d’un tiers de plus cinq ans auparavant), en échange d’un accès plus rapide aux cliniques privées.

Un résident étranger peut s’affilier à FONASA ou à une ISAPRE dans les mêmes conditions qu’un Chilien, à condition de disposer d’un numéro d’identification (RUT). Un salarié sous contrat voit sa cotisation de 7 % prélevée automatiquement par son employeur dès qu’il obtient un titre de séjour, ou même pendant l’instruction de sa demande de résidence : un RUT provisoire et une affiliation FONASA restent accessibles à ce stade, y compris pour une personne sans emploi formel déclarée dépourvue de ressources. En dehors de ce cadre, l’ accès aux soins pour un étranger sans statut de résident dépend des établissements et n’est pas garanti par un dispositif équivalent à la Sécurité sociale française.

Les cliniques privées de Santiago (Clínica Alemana, Clínica Las Condes, Clínica Santa María, Clínica Indisa) offrent des infrastructures et un niveau de soins comparables aux standards européens, mais à des tarifs élevés, avec une garantie de paiement systématiquement exigée à l’admission — assurée ou non. La loi chilienne impose en revanche aux structures d’urgence de traiter tout patient quel que soit son statut d’assurance, la facturation intervenant après la prise en charge.

Obligations légales et de visa

  • Séjour touristique (moins de 90 jours) : aucune assurance santé exigée légalement pour l’entrée sur le territoire ; France Diplomatie la qualifie néanmoins d’indispensable en pratique, aucune prise en charge par l’ambassade n’étant possible en cas d’hospitalisation.
  • PVT (programme vacances-travail) : accord bilatéral France-Chili signé à Paris le 8 juin 2015, en vigueur depuis le 1er novembre 2015, ouvert de 18 à 30 ans (condition en évolution selon les sources consultées, à reconfirmer avant toute demande), quota annuel de 400 places (jamais atteint à ce jour), séjour de 12 mois une fois le visa activé. Assurance obligatoire couvrant toute la durée du séjour, exigée dans le dossier ; aucun montant minimum de garantie n’est fixé par les textes consultés, mais un dossier d’assurance incomplet est une cause fréquente de refus. Une épargne minimale de 2 500 € est par ailleurs exigée dans le dossier.
  • Résidence temporaire ou définitive : le Servicio Nacional de Migraciones (SERMIG) ne demande pas systématiquement de justificatif d’ assurance santé pour toutes les catégories de résidence temporaire ; en revanche, la demande de permis ouvre l’accès à un RUT (provisoire, puis définitif) et à l’affiliation FONASA, avant même l’obtention du titre.
  • Salariés détachés et autres résidents temporaires : dès l’emploi formel déclaré, la cotisation de 7 % est prélevée automatiquement et affectée à FONASA par défaut, sauf choix explicite d’une ISAPRE par le salarié.

Aucune amende chiffrée officielle n’a été identifiée pour une simple absence de couverture hors PVT ; le risque documenté est une facturation intégrale des soins non urgents dans le secteur privé, avec garantie de paiement exigée dès l’admission.

Coût de quelques actes médicaux

Ordres de grandeur relevés auprès de sources spécialisées, pas des grilles tarifaires officielles.

Coût de quelques actes médicaux en Chili, secteur public et privé
ActeSecteur publicSecteur privé
Consultation généraliste (FONASA, secteur public)Gratuite à faible copaiement selon la tranche de revenu (A à D)—
Consultation généraliste, clinique privée (patient non assuré)—≈35 000 à 47 000 CLP (≈37 à 50 USD)
Passage aux urgences, clinique privée (avant assurance)—≈100 000 à 300 000 CLP (≈105 à 315 USD)
IRM (imagerie par résonance magnétique), secteur privé—≈450 USD hors couverture
Hospitalisation d'une semaine, secteur privé, sans couverture—tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement ; un ordre de grandeur ponctuel supérieur à 10 000 000 CLP (≈10 500+ USD) pour une semaine a été relevé, à confirmer au cas par cas
ISAPRE (assurance privée locale), formule milieu de gamme, par mois—≈80 000 à 150 000 CLP par adulte seul (≈84 à 158 USD) ; couple ≈150 000 à 250 000 CLP (≈158 à 263 USD)
AmbulanceSAMU : intégré au réseau public d'urgencetarif variable selon opérateur privé (ex. HELP), non communiqué publiquement

Accords de sécurité sociale avec la France

Une convention générale de sécurité sociale entre la France et le Chili a été signée à Santiago le 25 juin 1999 et est entrée en vigueur le 1er septembre 2001, complétée par un arrangement administratif du 22 octobre 1999. Le CLEISS en assure la liaison côté français.

  • Champ couvert : vieillesse, invalidité et survivants (totalisation des périodes d’assurance dans les deux pays), ainsi que les soins de santé, mais ce dernier volet ne bénéficie qu’aux titulaires d’une pension ou d’une rente résidant dans l’autre État. Les accidents du travail et l’assurance chômage ne sont pas coordonnés par cette convention.
  • Pour un actif expatrié au Chili, le CLEISS est explicite : « la convention franco-chilienne ne prévoit pas de disposition de coordination en matière d’assurance maladie et maternité ». Un salarié relève donc intégralement de la législation chilienne (affiliation FONASA ou ISAPRE) pour lui-même, sans couverture coordonnée pour sa famille restée en France ni prise en charge d’un séjour ou d’un accouchement en France au titre de son activité chilienne.
  • Un salarié détaché dans le cadre strict de la convention peut rester assujetti au régime français pour une durée limitée, mais cela ne dispense pas de vérifier l’accès effectif aux soins sur place, la convention ne coordonnant pas ce volet pour les actifs.

Le CLEISS ne formule pas, pour le Chili, de recommandation explicite de repli comme il le fait pour d’autres pays ; en pratique, en l’absence de coordination maladie pour les actifs, une adhésion volontaire à la Caisse des Français de l’étranger (CFE) ou une assurance privée internationale restent les solutions les plus citées pour combler cette absence, avant ou en complément d’une affiliation locale à FONASA ou une ISAPRE.

Quelle assurance selon mon profil

Matrice générale — ne recommande aucun produit ni assureur précis.

Quelle assurance selon le profil, pour Chili
ProfilContrainte réglementairePoints d’attention
PVT (18-30 ans)Assurance obligatoire 12 mois, toute la durée du séjour, quota annuel de 400 placesVérifier la condition d'âge (en évolution selon les sources) et l'épargne minimale de 2 500 € avant la demande
ÉtudiantAucune exigence uniforme d'assurance identifiée dans les textes consultésVérifier directement auprès du consulat du Chili compétent et de l'établissement d'accueil
Salarié détaché / résident temporaireConvention France-Chili sans coordination maladie-maternité pour les actifsAffiliation FONASA ou ISAPRE dès la demande de résidence (RUT provisoire), 7 % prélevé dès l'emploi formel
RetraitéConvention couvre les soins de santé des seuls titulaires de pension résidant au ChiliVérifier les modalités d'application exactes auprès du CLEISS et de sa caisse de retraite avant le départ
Famille avec enfants mineursFONASA ne facture pas de supplément pour les personnes à charge (cargas) une fois l'affilié principal inscritChaque membre doit néanmoins remplir ses propres conditions de statut migratoire pour ouvrir ses droits

Hôpitaux et réseau de soins

  • Santiago : Clínica Alemana (Vitacura) — infrastructures de pointe, personnel qualifié, citée par le consulat de France au Chili.
  • Santiago : Clínica Las Condes (Las Condes) — établissement privé de référence pour les expatriés.
  • Santiago : Clínica Santa María et Clínica Indisa (Providencia) — citées par le consulat de France parmi les contacts médicaux utiles.

Démarches

  • Avant le départ : souscrire une assurance couvrant frais médicaux, hospitalisation et rapatriement sanitaire, quelle que soit la durée du séjour envisagée.
  • Pour un PVT : constituer le dossier avec une assurance valable toute la durée du séjour et un justificatif d'épargne minimale de 2 500 €, avant le dépôt de la demande.
  • Pour un séjour de plus de 90 jours : engager la démarche de résidence temporaire auprès du Servicio Nacional de Migraciones (tramites.extranjeria.gob.cl) avant l'expiration du délai sans visa.
  • Dès le dépôt de la demande de résidence : solliciter un RUT (provisoire puis définitif) et une affiliation FONASA, ou orienter la cotisation de 7 % vers une ISAPRE si ce choix est fait.
  • Dans les 6 mois suivant l'arrivée : inscription au registre des Français établis hors de France auprès du consulat général à Santiago (gratuite, valable 5 ans, recommandée).
  • Pour un retraité : se renseigner directement auprès du CLEISS et de sa caisse de retraite française sur les modalités d'application du volet « soins de santé » de la convention avant le départ.

Questions fréquentes

Le Chili a-t-il un système de santé public gratuit comme la France ?

Non. Le financement repose sur une cotisation obligatoire de 7 % du salaire, versée soit à FONASA (assureur public, accès gratuit ou à faible coût selon la tranche de revenu), soit à une ISAPRE (assureur privé, avec sélection médicale). Un résident étranger s'affilie dans les mêmes conditions qu'un Chilien dès qu'il dispose d'un RUT.

Une assurance santé est-elle obligatoire pour entrer au Chili en tant que touriste ?

Non, aucun texte consulté n'impose de justificatif d'assurance à l'entrée pour un séjour de moins de 90 jours. France Diplomatie la présente néanmoins comme indispensable en pratique, l'ambassade ne pouvant prendre en charge des frais d'hospitalisation parfois très élevés.

La convention de sécurité sociale France-Chili couvre-t-elle mes frais médicaux sur place si je suis salarié ?

Non. Le CLEISS est explicite : cette convention ne prévoit aucune coordination en matière d'assurance maladie et maternité pour les actifs, qui relèvent intégralement de la législation chilienne (FONASA ou ISAPRE). Seuls les titulaires d'une pension ou d'une rente résidant au Chili bénéficient du volet « soins de santé » de la convention.

Comment un résident étranger s'affilie-t-il à FONASA ?

Avec un RUT, provisoire ou définitif. Une demande de permis de résidence en cours d'instruction suffit en général à obtenir un RUT provisoire et une affiliation FONASA ; un salarié sous contrat formel voit ensuite sa cotisation de 7 % prélevée automatiquement par son employeur.

Quelle est la différence entre FONASA et une ISAPRE ?

FONASA est l'assureur public, financé par la cotisation obligatoire de 7 %, qui couvre environ 85 % de la population avec un accès gratuit ou à faible coût selon le niveau de revenu. Une ISAPRE est un assureur privé, avec sélection médicale à l'entrée et primes croissantes avec l'âge, choisi par une part décroissante de la population pour un accès plus rapide aux cliniques privées.

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