Aller au contenu principal
Expavy

Afrique du Sud · Travailler et économie

Travailler en Afrique du Sud : visas de travail, salaire minimum, impôt sur le revenu et économie pour un Français

L’essentiel

Pour travailler en Afrique du Sud, un Français demande un visa de travail au Department of Home Affairs : le Critical Skills Work Visa pour une profession de la liste des compétences critiques, le General Work Visa dans les autres cas, avec un système de points (100 points requis) publié au Government Gazette. Le salaire minimum national s'élève à 30,23 rands de l'heure depuis le 1er mars 2026 (environ 1,61 €), et l'impôt sur le revenu suit un barème progressif de 18 % à 45 %, avec un seuil d'imposition de 99 000 rands pour les moins de 65 ans. Le Remote Work Visa permet de télétravailler pour un employeur étranger, au-delà d'un revenu brut annuel de 650 796 rands. La France n'a pas de convention de sécurité sociale avec ce pays, mais une convention fiscale existe depuis 1995.

  • 30,23 rands de l'heure (environ 1,61 €) : salaire minimum national depuis le 1er mars 2026, contre 28,79 rands auparavant (SA News).
  • 100 points : seuil du système de points pour le General Work Visa et le Critical Skills Work Visa (Government Gazette du 18 octobre 2024).
  • 650 796 rands par an (environ 34 650 €) : revenu brut minimal du Remote Work Visa, pour un séjour de plus de 3 mois à 3 ans (DHA).
  • 99 000 rands (environ 5 270 €) : seuil d'imposition des moins de 65 ans pour l'année fiscale du 1er mars 2026 au 28 février 2027 ; taux de 18 % à 45 % (SARS).
  • 1 % du salaire pour le salarié et 1 % pour l'employeur : cotisation d'assurance chômage UIF (Department of Employment and Labour).
  • 30 611 rands par mois (environ 1 630 €) : salaire mensuel moyen du secteur formel non agricole en mai, primes et heures supplémentaires comprises (Stats SA).

Repères économiques : Afrique du Sud

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+1,1 %
Inflation
3,2 %
Taux de chômage
32,4 %
PIB par habitant
6 598 $
Population
64,7 millions
Change
1 € = 18,78 ZAR
rand, cours BCE du jour

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Droit au travail et choix du visa

Le séjour de 90 jours sans visa dont bénéficient les Français vaut pour la visite : le titulaire d’un visa de visite n’est pas autorisé à occuper un emploi local (Department of Home Affairs, ou DHA). Un emploi en Afrique du Sud passe par un visa de travail, qui se demande auprès du DHA ou de son prestataire agréé.

  • General Work Visa (article 19(2) de la loi sur l’immigration) : délivré pour la durée du contrat de travail et pour cinq ans au plus. L’employeur remet un engagement écrit sur les frais d’expulsion éventuels, et le candidat fournit un rapport médical signé par un praticien (DHA).
  • Critical Skills Work Visa (article 19(4)) : jusqu’à cinq ans, pour une profession figurant sur la liste des compétences critiques publiée au Government Gazette. Le dossier comprend une évaluation des diplômes étrangers par la SAQA, l’inscription auprès de l’ordre professionnel quand la loi l’exige, et des rapports médical et radiologique de moins de six mois (DHA).
  • Intra-company Transfer Work Visa, Business Visa et visas pour entreprises : trois autres catégories de la liste du DHA, pour les mutations au sein d’un groupe, les créateurs d’activité et les entreprises qui recrutent.

Pour ces visas de travail, les pages du DHA demandent un rapport médical et non l’adhésion à un medical scheme : l’exigence de couverture médicale auprès d’un medical scheme enregistré concerne les visas d’études et d’échange, et une preuve de couverture médicale figure sur la liste du visa de retraité. Un salarié qui s’installe organise malgré tout sa protection santé ; voir remboursement des soins en Afrique du Sud.

Le système de points pour les visas de travail

Le ministre de l’Intérieur a publié le 18 octobre 2024, au Government Gazette (n° 51416), un système de points applicable au General Work Visa et au Critical Skills Work Visa. Un candidat doit réunir 100 points et satisfaire aux autres exigences (police, rapport médical). Si les 100 points viennent d’une profession de la liste des compétences critiques, il peut obtenir un Critical Skills Work Visa ; s’ils viennent d’une autre combinaison de critères, un General Work Visa.

  • Profession de la liste des compétences critiques : 100 points.
  • Qualification : 50 points pour un niveau 9 ou 10 du cadre sud-africain des certifications (NQF), 30 points pour un niveau 7 ou 8.
  • Offre d’emploi (obligatoire) : 50 points au-dessus de 976 194 rands bruts par an (environ 51 970 €), 20 points entre 650 976 et 976 194 rands (environ 34 660 € à 51 970 €).
  • Expérience : 20 points de 5 à 10 ans, 30 points au-delà de 10 ans.
  • Employeur de confiance (Trusted Employer) : 30 points ; maîtrise d’une langue officielle : 10 points.

Le DHA précise les modalités de dépôt sur son site : un candidat vérifie, avant de s’engager, que le système et les seuils restent ceux de l’avis de 2024.

Remote Work Visa et télétravail depuis l'Afrique du Sud

Le Remote Work Visa est un visa de visite (article 11(1)(b)(iv)) pour une activité de télétravail de plus de trois mois et de trois ans au plus, au service d’un employeur établi à l’étranger. La liste des pièces du DHA, en vigueur depuis le 9 octobre 2024, demande notamment :

  • un contrat de travail signé avec l’employeur étranger ;
  • la preuve de moyens suffisants : un salaire brut d’au moins 650 796 rands par an (environ 34 650 €), justifié par trois mois de relevés bancaires ;
  • un billet d’avion retour ou sa réservation, un passeport valable 30 jours après la date de départ prévue, et un certificat de fièvre jaune si le voyage passe par une zone endémique.

Le titulaire n’est pas autorisé à occuper un emploi en Afrique du Sud et ne demande pas de changement de statut sur place, sauf circonstances exceptionnelles. Sur le plan fiscal, le DHA indique que le titulaire résident fiscal d’un pays lié à l’Afrique du Sud par une convention de non-double imposition, comme la France, s’inscrit auprès du SARS au-delà de 183 jours de présence sur douze mois. La liste des pièces du DHA ne mentionne pas d’exigence d’assurance médicale pour ce visa ; une couverture santé reste indispensable en pratique. Voir le guide visas pour nomades numériques et l’assurance nomade digital.

Salaire minimum et niveaux de salaire

Les conversions de cette page s’appuient sur le cours de référence de la BCE du 02/10/2026 : 18,7839 rands pour 1 €. Le salaire minimum national est passé de 28,79 à 30,23 rands par heure ordinaire travaillée au 1er mars 2026 (environ 1,61 €), soit une hausse de 1,44 rand annoncée par la ministre de l’Emploi et du Travail. Il s’applique aussi aux travailleurs agricoles et aux employés de maison ; les participants au programme public de travaux d’intérêt général relèvent d’un taux distinct de 16,62 rands par heure (SA News).

Pour situer les rémunérations du secteur formel non agricole, Stats SA publie un salaire mensuel moyen, primes et heures supplémentaires comprises : 30 611 rands en mai 2026 (environ 1 630 €), en hausse de 4,1 % sur un an et de 2,6 % sur le trimestre. Cette moyenne masque de grands écarts entre secteurs et fonctions ; le salaire proposé se compare à celui d’un poste équivalent sur place avant de signer. Les seuils de l’offre d’emploi du système de points donnent un autre repère pour les postes qualifiés.

Contrat de travail, durée du travail et congés

Le Basic Conditions of Employment Act fixe des règles minimales, résumées par le gouvernement du Western Cape :

  • Durée du travail : 45 heures par semaine au plus, soit 9 heures par jour pour cinq jours de travail ou moins, 8 heures par jour au-delà.
  • Heures supplémentaires : 10 heures par semaine au plus, rémunérées 1,5 fois le taux horaire normal ; le travail un jour férié donne droit à une double rémunération ou à un repos négocié.
  • Congés : jusqu’à 21 jours consécutifs de congés annuels, six semaines de congé maladie payé sur un cycle de 36 mois, quatre mois consécutifs de congé de maternité et trois jours payés par an pour raisons familiales.
  • Préavis : une semaine jusqu’à six mois d’ancienneté, deux semaines de six mois à un an, quatre semaines à partir d’un an.

Un contrat écrit précise la rémunération, la durée du travail et le lieu d’exercice. Le guide travailler à l’étranger aide à relire un contrat, et la page détaché ou expatrié compare les deux statuts.

Impôt sur le revenu, UIF et convention fiscale franco-sud-africaine

L’année fiscale sud-africaine court du 1er mars au 28 février. Le SARS publie, pour la période du 1er mars 2026 au 28 février 2027, le barème progressif suivant (revenu imposable annuel, en rands) :

  • jusqu’à 245 100 (environ 13 050 €) : 18 % ;
  • de 245 101 à 383 100 (environ 20 400 €) : 44 118 plus 26 % de l’excédent sur 245 100 ;
  • de 383 101 à 530 200 (environ 28 230 €) : 79 998 plus 31 % de l’excédent sur 383 100 ;
  • de 530 201 à 695 800 (environ 37 040 €) : 125 599 plus 36 % de l’excédent sur 530 200 ;
  • de 695 801 à 887 000 (environ 47 220 €) : 185 215 plus 39 % de l’excédent sur 695 800 ;
  • de 887 001 à 1 878 600 (environ 100 010 €) : 259 783 plus 41 % de l’excédent sur 887 000 ;
  • au-delà de 1 878 600 : 666 339 plus 45 % de l’excédent sur 1 878 600.

Un crédit d’impôt (rebate) de 17 820 rands (environ 949 €) s’applique à tous les contribuables, ce qui porte le seuil d’imposition à 99 000 rands (environ 5 270 €) pour les moins de 65 ans. À titre d’illustration, le salaire moyen de mai (30 611 rands par mois, soit 367 332 rands par an) donnerait environ 58 078 rands d’impôt annuel, soit près de 3 090 € : calcul indicatif à partir du barème, hors déductions, UIF et crédits.

  • UIF : l’assurance chômage est financée à parts égales, 1 % du salaire par le salarié et 1 % par l’employeur. Les étrangers qui travaillent sous contrat et doivent être rapatriés à la fin de celui-ci figurent parmi les exclus (Department of Employment and Labour).
  • Convention franco-sud-africaine du 8 novembre 1993, en vigueur depuis le 1er novembre 1995 : l’article 4 départage la double résidence (foyer d’habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité) ; l’article 15 réserve l’imposition d’un salaire à l’État de résidence quand le séjour dans l’autre État n’excède pas 183 jours dans l’année, que l’employeur n’y est pas résident et que la charge de la rémunération n’est pas supportée par un établissement stable ; l’article 23 évite la double imposition par un crédit d’impôt.
  • Sécurité sociale : le CLEISS ne liste pas l’Afrique du Sud parmi les pays qui ont conclu une convention bilatérale avec la France ; le statut de détaché ou d’expatrié détermine donc le régime applicable (voir remboursement des soins).

Indépendants, entrepreneurs et télétravail

Un indépendant ou un créateur d’entreprise se renseigne d’abord sur le visa qui l’autorise à exercer : le Business Visa figure sur la liste du DHA, et le Remote Work Visa couvre le télétravail pour un employeur étranger. Le SARS est l’interlocuteur pour l’enregistrement fiscal, les éventuels acomptes d’impôt et la TVA. Le barème de la section précédente s’applique au revenu imposable d’une personne physique.

Sans employeur local, la couverture santé et la protection sociale se choisissent soi-même : CFE, assurance internationale ou adhésion à un medical scheme. Le guide CFE ou assurance privée compare les options, et la page assurance nomade digital traite des activités à distance.

L'économie : secteurs, rand et perspectives

Au deuxième trimestre 2026, Stats SA relève un recul de 0,2 % du produit intérieur brut réel, après une hausse de 0,4 % au premier trimestre (communiqué du 8 septembre). Selon les branches, les services financiers, immobiliers et aux entreprises progressent de 0,3 %, les transports de 0,9 % et les services publics généraux de 1,0 %, tandis que le commerce, la restauration et l’hébergement reculent de 1,9 %, l’industrie manufacturière de 1,8 % et les mines de 3,0 %, avec des baisses marquées pour les métaux du groupe du platine, le manganèse, l’or et le minerai de fer.

La monnaie est le rand (ZAR) : 18,7839 rands pour 1 € le 2 octobre 2026 (BCE). Les indicateurs d’emploi et de chômage actualisés figurent dans le bloc des repères économiques de cette page. Les perspectives se suivent sur les publications de Stats SA, de la banque centrale (SARB) et du Trésor national. Voir aussi vivre en Afrique du Sud pour le coût de la vie et l’évolution de l’électricité.

Questions fréquentes

Un Français peut-il travailler en Afrique du Sud avec un visa de visite ?

Non : le séjour de 90 jours sans visa vaut pour la visite. Un emploi local suppose un visa de travail délivré par le Department of Home Affairs ; même le Remote Work Visa, qui est un visa de visite, n'autorise pas à occuper un emploi en Afrique du Sud.

Quelle est la différence entre le General Work Visa et le Critical Skills Work Visa ?

Le Critical Skills Work Visa concerne une profession de la liste des compétences critiques, valable jusqu'à cinq ans. Le General Work Visa couvre les autres cas, pour la durée du contrat et cinq ans au plus. Les deux passent par un système de 100 points.

Qu'est-ce que le Remote Work Visa et quel revenu exige-t-il ?

C'est un visa de visite de plus de trois mois et de trois ans au plus pour travailler à distance pour un employeur étranger. Le DHA demande un salaire brut d'au moins 650 796 rands par an (environ 34 650 €), prouvé par trois mois de relevés bancaires.

Quel est le salaire minimum en Afrique du Sud ?

30,23 rands par heure ordinaire depuis le 1er mars 2026 (environ 1,61 €), contre 28,79 rands auparavant. Il s'applique à l'ensemble des travailleurs, y compris agricoles et employés de maison, hors programme public d'emplois temporaires.

À partir de quel revenu paie-t-on l'impôt sur le revenu ?

Le seuil d'imposition est de 99 000 rands par an (environ 5 270 €) pour les moins de 65 ans sur la période du 1er mars 2026 au 28 février 2027, grâce au crédit d'impôt de 17 820 rands. Le premier taux est de 18 %.

Existe-t-il une convention de sécurité sociale entre la France et l'Afrique du Sud ?

Aucune : le CLEISS ne la recense pas parmi les conventions bilatérales de la France. Le salarié détaché garde en principe le régime français hors convention, l'expatrié relève du système local et peut compléter par la CFE ou une assurance internationale.

Quelles retenues figurent sur la fiche de paie d'un salarié ?

L'employeur retient l'impôt sur le revenu et l'UIF, à 1 % du salaire pour le salarié, auxquels s'ajoute 1 % à sa propre charge. Les autres prélèvements, comme une cotisation à un medical scheme, dépendent du contrat.

Combien d'heures par semaine un salarié peut-il travailler ?

Au plus 45 heures par semaine, dont 9 heures par jour pour cinq jours de travail ou moins. Les heures supplémentaires sont limitées à 10 heures par semaine et payées 1,5 fois le taux normal.

Les autres guides : Afrique du Sud