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Tunisie · Travailler et économie

Travailler en Tunisie quand on est français : emploi, salaires et économie

L’essentiel

Un Français qui souhaite travailler en Tunisie signe un contrat de travail visé par le ministère de l’Emploi et détient une carte de séjour portant la mention d’autorisation de travail, la demande d’autorisation s’engageant avant l’arrivée. Le SMIG non agricole atteint 554,736 TND par mois pour 48 heures hebdomadaires en 2026 et le salaire de base moyen 924 TND dans l’enquête de l’INS sur 2022, avec des niveaux bien supérieurs pour les cadres, l’informatique et la finance. Un salarié en contrat local relève de la CNSS et de la CNAM, alors qu’un salarié détaché conserve le régime français pour 3 ans, prolongeables de 3 ans. L’économie progresse de 2,3 % au deuxième trimestre 2026, avec un chômage de 14,9 %.

  • SMIG non agricole : 554,736 TND par mois pour 48 h et 470,251 TND pour 40 h en 2026 ; SMAG agricole : 21,336 TND par jour (décrets du Journal officiel du 30 avril 2026).
  • Salaire de base moyen des permanents : 924 TND par mois, 1 698 TND pour les cadres et 658 TND pour les ouvriers (INS, enquête sur 2022).
  • Croissance du PIB de 2,3 % au deuxième trimestre 2026 en glissement annuel, après 2,6 % au premier (INS) ; inflation de 5,4 % en août 2026.
  • Chômage de 14,9 % au deuxième trimestre 2026 : 11,8 % pour les hommes, 21,6 % pour les femmes, 35,4 % pour les 15-24 ans (INS).
  • Détachement depuis la France : 3 ans, prolongeables de 3 ans, avec le formulaire SE 351-01 délivré par l’Urssaf (CLEISS).
  • Exportations de 63 695,1 millions de dinars en 2025, dont 69,9 % vers l’Union européenne ; exportations de phosphates et dérivés +15 %, industries mécaniques et électriques +8,7 % (INS).

Repères économiques : Tunisie

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+2,5 %
Inflation
5,2 %
Taux de chômage
15,1 %
PIB par habitant
4 657 $
Population
12,3 millions

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Travailler en Tunisie quand on est français : contrat visé et autorisation de travail

Un Français sans nationalité tunisienne séjourne librement 3 mois, mais l’exercice d’une activité salariée suppose deux documents. Selon le Code du travail tunisien (articles 258 à 269), l’étranger doit détenir un contrat de travail visé par le ministère chargé de l’Emploi et une carte de séjour portant la mention « autorisé à exercer un travail salarié en Tunisie ». L’ambassade de France précise que la demande d’autorisation de travail doit être engagée avant l’arrivée, auprès du consulat général de Tunisie en France.

Le parcours se déroule en général en quatre temps : l’employeur tunisien dépose le dossier au ministère de l’Emploi en justifiant que le poste réclame une compétence absente du marché local ; le ministère délivre l’attestation correspondante ; le futur salarié obtient son visa auprès de la représentation tunisienne ; après l’entrée en Tunisie, il demande sa carte de séjour au ministère de l’Intérieur avec le contrat visé, un justificatif de logement et ses pièces d’identité, pour un traitement en un mois au plus lorsque le dossier est complet. Prévoyez plusieurs semaines pour l’ensemble.

  • Contrat : le texte du Code du travail limite la durée du contrat d’un étranger à un an, renouvelable une fois, avec des dérogations pour les projets de développement agréés. Le salarié exerce la profession et dans le gouvernorat indiqués au contrat. Confirmez la durée applicable auprès du ministère, le droit du travail ayant évolué depuis 2025 avec un encadrement plus strict des contrats à durée déterminée.
  • Obligations de l’employeur : inscription du salarié étranger sur un registre spécial dans un délai de 48 heures et information du ministère en cas de départ.
  • Droits du salarié : mêmes règles du Code du travail et mêmes droits à la sécurité sociale que ses collègues tunisiens.

Pour l’installation elle-même (carte de séjour, logement, scolarité), consultez notre guide vivre en Tunisie.

SMIG, SMAG et salaires en Tunisie

Le SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti) des secteurs non agricoles et le SMAG (salaire minimum agricole garanti) ont été revalorisés avec effet au 1er janvier 2026 par des décrets publiés au Journal officiel du 30 avril 2026. Le barème progresse de 5 % par an jusqu’en 2028 (tableau ci-dessous). Pour 48 heures hebdomadaires, le SMIG horaire s’établit à 2,667 TND ; il s’applique aussi aux pensions servies par la CNSS, qui suivent ces revalorisations. Au cours du jour (1 euro = 3,3749 TND selon la Banque centrale), le SMIG de 48 heures équivaut à environ 164 euros par mois.

Les salaires réels dépassent largement le minimum légal pour les profils qualifiés. L’enquête Emploi et salaires auprès des entreprises de l’INS, portant sur 2022 (SMIG de 460 TND à l’époque), donne les salaires de base moyens mensuels des permanents suivants :

  • Ensemble des salariés : 924 TND ; cadres 1 698 TND ; professions intermédiaires 1 050 TND ; employés 822 TND ; ouvriers 658 TND.
  • Activités financières et d’assurance : 2 605 TND en moyenne (3 258 TND pour les cadres).
  • Information et communication : 1 908 TND en moyenne (2 329 TND pour les cadres).
  • Industrie manufacturière : 793 TND en moyenne (1 572 TND pour les cadres) ; hébergement et restauration : 800 TND.

Ces moyennes reflètent des données antérieures aux revalorisations récentes : actualisez-les d’environ 5 % par an depuis 2022 pour le plancher légal, et négociez le salaire de votre poste en dinars et, pour un recrutement international, en euros. Un salaire local en dinars se compare mal à une rémunération française ; pour un cadre venu de France, un contrat de détachement ou un package d’expatriation reste la formule la plus fréquente.

Offshore et entreprises totalement exportatrices : emplois pour les cadres étrangers

Le régime offshore concerne les entreprises totalement exportatrices. Elles sont considérées comme non résidentes pour les changes lorsque leur capital provient d’un apport en devises convertibles d’au moins 66 % par des non-résidents tunisiens ou étrangers. Ce statut ouvre aux entreprises concernées la possibilité de recruter des agents de direction et d’encadrement de nationalité étrangère, dans la limite de quatre personnes par entreprise selon l’Agence de promotion de l’industrie. Pour les autres entreprises, la loi sur l’investissement (loi n° 2016-71) autorise jusqu’à 30 % de cadres étrangers jusqu’à la fin de la troisième année d’activité, puis 10 %, avec dans tous les cas la possibilité d’en recruter quatre.

Ces entreprises concentrent une grande part de l’emploi qualifié exporté : composants automobiles, câblage, équipements électriques et électroniques, aéronautique, textile et centres de relation client. Les investissements directs étrangers entrants ont augmenté de 28 % sur les neuf premiers mois de 2025, dont 64 % captés par le secteur manufacturier (Bpifrance Assurance Export, d’après les données tunisiennes). Les autorités ciblent les technologies de l’information, la pharmacie, l’automobile, l’aéronautique et les énergies renouvelables.

Pour un cadre français, le détachement ou le recrutement par la filiale tunisienne d’un groupe sont les voies les plus courantes. Les seuils et conditions évoluent : confirmez-les auprès de l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation ou de l’Agence de promotion de l’investissement extérieur avant de signer.

Télétravail, freelance et activité indépendante

Le télétravail salarié ne fait pas encore l’objet de dispositions générales dans le droit du travail tunisien : le texte existant vise la fonction publique et une réforme du Code du travail est à l’étude. Un Français qui travaille à distance pour un employeur établi hors de Tunisie reste donc dans une zone d’incertitude juridique quant au titre de séjour adapté : un séjour de moins de 3 mois en visiteur ne vaut pas autorisation de travail local. Renseignez-vous auprès du consulat de Tunisie ou d’un conseil local avant de vous installer pour une durée longue, et consultez notre guide des visas pour nomades numériques ainsi que la page assurance nomade digital.

Pour une activité indépendante en Tunisie, la convention franco-tunisienne de sécurité sociale pose la règle de l’assujettissement dans l’État où s’exerce l’activité (article 5), avec des exceptions pour les prestations de services ponctuelles. Un indépendant installé en Tunisie relève du régime des non-salariés de la CNSS, qui lui ouvre l’assurance maladie de la CNAM, alors que le freelance sur plateformes numériques évolue encore dans un cadre peu précis, ce qui renforce l’intérêt de déclarer son activité et de se doter d’une assurance santé complémentaire.

CNSS tunisienne, détachement et contrat local : la protection sociale du salarié

Le statut détermine le régime d’affiliation. La différence est détaillée dans notre guide détaché ou expatrié.

  • Contrat local : le salarié relève du régime tunisien dès qu’il exerce en Tunisie. L’employeur l’affilie à la CNSS (vieillesse, invalidité, survivants, prestations familiales, chômage) et à la CNAM (maladie, maternité, accidents du travail). Avant le départ, la caisse française délivre le formulaire SE 351-02, qui atteste les périodes d’assurance françaises. Les ayants droit restés en France s’adressent à leur CPAM avec le formulaire SE 351-05 (CLEISS).
  • Salarié détaché : le salarié envoyé par son employeur établi en France conserve le régime français. La durée initiale est de 3 ans, prolongeables de 3 ans ; le formulaire SE 351-01 est délivré par l’Urssaf (ou la MSA) et la prolongation fait l’objet d’un examen conjoint avec le ministère tunisien des Affaires sociales. Le salarié doit être de nationalité française ou tunisienne.

Côté impôt, la convention fiscale franco-tunisienne (article 22) prévoit qu’un salaire est imposable dans l’État où l’emploi est exercé ; il reste imposable seulement dans l’État de résidence si le séjour n’excède pas 183 jours dans l’année, si l’employeur n’est pas résident de l’autre État et si la charge de la rémunération n’est pas supportée par un établissement stable situé dans cet État. Pour comprendre qui rembourse vos soins en poste, lisez notre page remboursement des soins en Tunisie.

L’économie tunisienne : croissance, inflation, chômage

D’après l’INS, le PIB a progressé de 2,3 % au deuxième trimestre 2026 en glissement annuel, après 2,6 % au premier trimestre, soit 2,4 % sur le premier semestre ; la croissance du trimestre s’appuie sur l’agriculture et les services, tandis que l’industrie se stabilise. L’inflation s’établit à 5,4 % en août 2026 et la Banque centrale maintient son taux directeur à 7 %, avec des avoirs nets en devises de 92 jours d’importation au 1er octobre 2026.

Le marché du travail reste le point faible : le chômage s’élève à 14,9 % au deuxième trimestre 2026 pour une population active de 4,19 millions de personnes et un taux d’activité de 44,7 %. Le taux atteint 21,6 % chez les femmes, 35,4 % chez les 15-24 ans et 26,6 % chez les diplômés du supérieur. Les finances publiques demeurent sous tension : Bpifrance Assurance Export évalue la dette publique à environ 84 % du PIB et le déficit à 5,7 % du PIB en 2025, d’après les projections de la Banque mondiale.

Pour un expatrié, ces indicateurs expliquent deux réalités : un marché local de l’emploi très concurrentiel pour un contrat en dinars, et une demande soutenue de cadres expérimentés dans les entreprises exportatrices et les filiales de groupes étrangers.

Secteurs moteurs : tourisme, phosphates, textile, composants automobiles et offshoring

  • Tourisme : plus de 11 millions de visiteurs en 2025, au-dessus du précédent record de 2019 (environ 9,4 millions), et 7,886 milliards de dinars de recettes au 22 décembre 2025, en hausse de 6,3 % sur un an (Banque centrale de Tunisie). Algériens et Libyens forment les premiers contingents de visiteurs, devant les Européens.
  • Phosphates et dérivés : les exportations de ce secteur ont progressé de 15 % en 2025 (INS). Le bassin minier de Gafsa en est le cœur.
  • Industries mécaniques et électriques (composants automobiles, câblage, électronique, aéronautique) : exportations en hausse de 8,7 % en 2025 (INS), premier secteur industriel exportateur.
  • Textile, habillement et cuir : exportations en recul de 1,7 % en 2025 (INS), mais un secteur qui reste un grand employeur de main-d’œuvre.
  • Agriculture et agroalimentaire : valeur ajoutée agricole en hausse de 9,5 % sur les trois premiers trimestres de 2025 après les sécheresses ; l’huile d’olive représente environ 8 % des exportations (Bpifrance Assurance Export).
  • Énergie : exportations en baisse de 30,2 % en 2025 (INS), les produits raffinés en repli.

Le commerce extérieur de 2025 donne la mesure de l’ouverture du pays : 63 695,1 millions de dinars d’exportations et 85 495,4 millions d’importations, soit un déficit de 21 800,3 millions, avec l’Union européenne comme premier client (69,9 % des exportations). La zone euro capte aussi près de 68 % des exportations de biens, 35 % des touristes et 75 % des envois de fonds des Tunisiens de l’étranger (Bpifrance Assurance Export). En 2022, la répartition du PIB (INS) donnait 15,9 % à l’industrie manufacturière, 12,7 % au commerce, 11,7 % aux services publics, 11,1 % à l’agriculture et 3,6 % à l’hôtellerie-restauration.

Quel que soit le secteur, pensez à votre protection : un contrat local en Tunisie demande de bien distinguer la couverture CNAM de votre assurance complémentaire ou internationale. Expavy compare ces solutions pour les salariés en poste en Tunisie (voir le guide salarié et entreprise).

SMIG non agricole et SMAG : le barème échelonné fixé par décret

Application au 1er janvierSMIG 48 h (TND par mois)SMIG 40 h (TND par mois)SMAG (TND par jour)
2026554,736470,25121,336
2027582,400493,30422,400
2028611,520517,57123,520

Décrets n° 66 et 67 publiés au Journal officiel de la République tunisienne du 30 avril 2026, avec effet rétroactif au 1er janvier 2026. SMAG pour un travailleur de 18 ans et plus, par jour de travail effectif.

Questions fréquentes

Un Français a-t-il besoin d’une autorisation de travail en Tunisie ?

Oui. Le Code du travail tunisien exige un contrat de travail visé par le ministère chargé de l’Emploi et une carte de séjour portant la mention d’autorisation de travail. L’ambassade de France précise que la demande d’autorisation s’engage avant l’arrivée, auprès du consulat général de Tunisie en France.

Quel est le SMIG en Tunisie ?

Le SMIG non agricole est fixé à 554,736 TND par mois pour 48 heures hebdomadaires et 470,251 TND pour 40 heures, avec application au 1er janvier 2026. Il progresse à 582,400 TND en 2027 puis 611,520 TND en 2028 pour 48 heures. Le SMAG agricole est de 21,336 TND par jour de travail effectif.

Quel est le salaire moyen en Tunisie ?

Dans l’enquête de l’INS portant sur 2022, le salaire de base moyen des salariés permanents des entreprises s’élevait à 924 TND par mois : 1 698 TND pour les cadres, 1 050 TND pour les professions intermédiaires, 822 TND pour les employés et 658 TND pour les ouvriers. Il atteint 2 605 TND dans la finance et l’assurance.

Peut-on faire du télétravail depuis la Tunisie pour un employeur français ?

Le droit du travail tunisien ne contient pas encore de dispositions générales sur le télétravail salarié. Un séjour de moins de 3 mois sans visa correspond à un séjour de visiteur. Pour une installation durable, renseignez-vous auprès du consulat de Tunisie sur le titre de séjour adapté et souscrivez une assurance santé internationale.

Qu’est-ce qu’une entreprise totalement exportatrice (offshore) ?

C’est une entreprise dont la production est destinée à l’exportation et dont le capital provient d’un apport en devises convertibles d’au moins 66 % par des non-résidents. Elle peut recruter des agents de direction et d’encadrement étrangers dans la limite de quatre personnes par entreprise, selon l’Agence de promotion de l’industrie.

Un salarié détaché en Tunisie reste-t-il affilié à la Sécurité sociale française ?

Oui. Le détachement initial dure 3 ans, prolongeables de 3 ans. L’Urssaf délivre le formulaire SE 351-01 à l’employeur établi en France si le maintien au régime français est accepté. Le salarié, de nationalité française ou tunisienne, conserve l’assurance maladie française sans cotisation supplémentaire.

Quel est le taux de chômage en Tunisie ?

Il s’établit à 14,9 % au deuxième trimestre 2026 selon l’INS, avec 11,8 % chez les hommes, 21,6 % chez les femmes, 35,4 % chez les 15-24 ans et 26,6 % chez les diplômés du supérieur. La population active compte 4,19 millions de personnes.

Combien de temps dure un contrat de travail pour un étranger en Tunisie ?

Le texte du Code du travail limite le contrat d’un étranger à un an, renouvelable une fois, avec des dérogations pour les projets de développement agréés. Le droit du travail évolue, notamment pour les contrats à durée déterminée : confirmez la durée applicable auprès du ministère de l’Emploi avant de signer.

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