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République dominicaine · Travailler et économie

Travailler en République dominicaine quand on est français : permis de travail, salaire minimum, cotisations, impôt et économie

L’essentiel

Un Français qui souhaite travailler en République dominicaine demande une résidence temporaire laborale (RT-3) : elle dure un an, exige un visa de négocios múltiples (NM1) et un contrat d'au moins un an enregistré par le ministère du Travail. La plus haute des échelles du salaire minimum du secteur privé non sectorisé s'établit à 29 988 pesos par mois depuis le 1er février 2026. Le salarié local est affilié au Système dominicain de sécurité sociale, avec une cotisation salariale de 3,04 % pour la santé et de 2,87 % pour la pension, tandis que l'impôt sur le revenu s'applique par tranches à partir de 416 220 pesos par an. Aucune convention fiscale ni de sécurité sociale ne lie la France à la République dominicaine : le détachement relève alors du droit interne français, pour trois ans renouvelables une fois.

  • 1 an : durée de la résidence temporaire laborale (RT-3), avec un contrat d'au moins un an ou à durée indéterminée enregistré par le ministère du Travail : Direction générale des migrations (DGM).
  • 29 988 pesos par mois : plus haute échelle du salaire minimum du secteur privé non sectorisé depuis le 1er février 2026 : Superintendance des banques, résolution CNS 01-2025.
  • 10,13 % du salaire : cotisation santé totale du régime contributif (3,04 % à la charge du salarié et 7,09 % à la charge de l'employeur) : Trésorerie de la sécurité sociale (TSS).
  • 416 220 pesos par an : seuil d'exonération de l'impôt sur le revenu, puis taux de 15 %, 20 % et 25 % : Direction générale des impôts (DGII).
  • 3 ans renouvelables une fois : durée du détachement d'un salarié français hors convention, avec maintien du régime français : CLEISS.
  • 18 % : taux général de la TVA locale (ITBIS) : DGII.

Repères économiques : République dominicaine

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+2,1 %
Inflation
3,9 %
Taux de chômage
5,1 %
PIB par habitant
11 059 $
Population
11,5 millions

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Droit au travail, permis et visa de travail

Le séjour touristique de 30 jours ne donne pas le droit de travailler. Pour exercer un emploi salarié, la Direction générale des migrations (DGM) délivre la résidence temporaire laborale (RT-3) : un permis d’un an pour l’étranger qui entre dans le pays exclusivement à des fins de travail, sur la base d’un contrat. La DGM exige un passeport valable six mois au moins, un visa de négocios múltiples (NM1), un acte de naissance légalisé ou apostillé, un casier judiciaire des cinq dernières années, un acte de mariage ou une déclaration de célibat, des examens médicaux dans un établissement agréé, une police de garantie souscrite auprès d’un assureur agréé par la DGM et un contrat de travail d’un an ou à durée indéterminée, notarié et revêtu du sceau du ministère du Travail.

  • Coûts publiés par la DGM : dépôt du dossier 14 000 pesos, examens médicaux 6 300 pesos pour un adulte et 4 200 pesos pour un enfant, délai de 90 jours.
  • Particularité : la DGM précise que ce type de résidence n’ouvre pas de cédula d’identité personnelle.
  • Travailleurs temporaires : le permis de travailleur temporaire est un statut de non-résident d’un an, renouvelable une fois sur preuve de prolongation du contrat. Il vise les entreprises qui recrutent pour des travaux agricoles ou de construction et suppose une résolution du ministère du Travail enregistrant le contrat ; les frais de dépôt s’élèvent à 7 000 pesos.
  • Pensionados et rentistas : la loi n° 171-07 (article 15) autorise ces résidents à exercer des activités rémunérées, le salaire étant imposé comme celui de tout salarié dominicain.

Les formalités de séjour sont décrites dans vivre en République dominicaine, et le guide travailler à l’étranger donne la vue d’ensemble.

Salaire minimum et niveaux de salaire

Le Comité national des salaires du ministère du Travail fixe le salaire minimum du secteur privé non sectorisé par la résolution CNS 01-2025 du 26 février 2025. La Superintendance des banques en rapporte la plus haute échelle : 27 988,80 pesos par mois à partir du 1er avril 2025, puis 29 988 pesos par mois à partir du 1er février 2026. Les échelles inférieures, qui dépendent de la taille de l’entreprise, figurent dans la résolution elle-même et se confirment auprès du ministère du Travail.

Les sources officielles consultées ne publient pas de grille de salaires moyens par profession ou par ville ; le bloc « Repères économiques » ci-dessus donne les indicateurs macroéconomiques. Le salaire minimum offre toutefois une échelle de référence locale, et le montant de l’impôt comme des cotisations se calcule sur la rémunération réelle. Un contrat local se négocie en pesos ; certains contrats d’expatriés fixent une partie de la rémunération en devises, à préciser par écrit dans le contrat.

Cotisations sociales et affiliation

Le Système dominicain de sécurité sociale repose sur la loi n° 87-01 et trois régimes, dont le régime contributif, qui couvre les salariés publics et privés et les employeurs. La Trésorerie de la sécurité sociale (TSS) publie les taux suivants :

  • Assurance santé familiale (SFS) : 3,04 % à la charge du salarié et 7,09 % à la charge de l’employeur, soit 10,13 % au total.
  • Assurance vieillesse, invalidité et survie : 2,87 % pour le salarié et 7,10 % pour l’employeur.
  • Risques professionnels : aucune retenue sur le salarié ; l’employeur verse 1 % fixe plus 0,10 à 0,30 % selon le niveau de risque de l’entreprise.

Au total, la part salariale de la santé et de la pension atteint 5,91 % du salaire. Les plafonds de salaire cotisable en vigueur depuis le 1er février 2026 sont de 232 230 pesos pour la santé, de 464 460 pesos pour la pension et de 92 892 pesos pour les risques professionnels. La TSS précise qu’un étranger obtient un numéro d’affiliation s’il détient un visa de travail, une carte de migration ou une carte de régularisation ; un étranger muni seulement d’un passeport ne cotise pas au système et n’en reçoit aucune prestation. Le fonctionnement des soins est décrit dans le système de santé en République dominicaine.

Impôt sur le revenu, TVA et absence de convention fiscale

La DGII publie le barème de l’impôt sur le revenu des personnes physiques pour 2026 : exonération jusqu’à 416 220 pesos par an ; 15 % de la fraction comprise entre 416 220,01 et 624 329 pesos ; 31 216 pesos plus 20 % de la fraction comprise entre 624 329,01 et 867 123 pesos ; 79 776 pesos plus 25 % au-delà de 867 123,01 pesos (réponse officielle du 16 janvier 2026). La DGII précise que cette échelle vaut aussi pour les pensionnés et que des modifications de ces seuils, prévues par la loi n° 30-26, s’appliquent à partir de l’exercice 2027. La TVA locale (ITBIS) est de 18 % au taux général.

Aucune convention fiscale ne lie la France à la République dominicaine. La liste des conventions en vigueur au 1er janvier 2026, publiée au BOFiP le 29 avril 2026, ne la mentionne pas, et la liste des accords d’échange de renseignements ne la mentionne pas non plus. Sans convention, chaque État applique son droit interne : la résidence fiscale française doit être appréciée au cas par cas, car on peut rester résident fiscal de France bien que son domicile soit à l’étranger. Un conseil fiscal confirme le traitement avant le départ.

Détaché, expatrié, indépendant et télétravailleur

Le CLEISS décrit le détachement hors convention : l’employeur établi en France qui envoie un salarié dans un État sans accord peut le maintenir au régime français dans le cadre du droit interne, pour trois ans renouvelables une fois, avec un délai de deux ans avant un nouveau détachement dans le même pays pour la même entreprise (article R.761-1 du Code de la sécurité sociale). Le salarié a alors un double statut : affilié au régime français, il l’est aussi au régime du pays d’accueil, dont les cotisations obligatoires sont dues. Passé la durée maximale, il devient expatrié et ne relève plus que du régime local. Voir détaché ou expatrié.

L’indépendant relève, d’après l’article 7 de la loi n° 87-01, du régime contributif-subventionné lorsque ses revenus moyens atteignent au moins un salaire minimum national, et du régime subventionné en dessous. Son statut de séjour doit lui permettre d’exercer, ce qui se vérifie auprès de la DGM. Le télétravailleur qui sert des clients étrangers depuis un séjour touristique ne trouve pas, dans les pages de la DGM lues pour cette page, de catégorie dédiée ; un avis préalable de la DGM s’impose, et le guide visas nomades numériques ainsi que l’assurance nomade digital complètent le sujet.

Économie, secteurs, monnaie et perspectives

Selon la Direction générale du Trésor (page du 17 février 2026), l’économie est dominée par les services : tourisme, commerce et services financiers ; l’industrie (construction, manufacture, mines) joue un rôle important. Le tourisme représente 15 % du PIB et le pays a accueilli un nombre record de 11,7 millions de visiteurs en 2025. Les transferts de la diaspora ont atteint 11,9 milliards de dollars en 2025, soit 9,2 % du PIB, et les investissements directs étrangers ont dépassé 4,8 milliards de dollars. La monnaie est le peso dominicain (DOP), dont le change figure dans le bloc « Repères économiques » ci-dessus.

Parmi les risques, le Trésor cite la forte dépendance à la conjoncture américaine, la vulnérabilité climatique et la nécessité de réformes budgétaires et dans le secteur électrique. Pour un salarié, les perspectives dépendent donc surtout du tourisme et des services, qui concentrent l’activité. L’assurance santé reste à organiser dès la signature du contrat : voir remboursement des soins en République dominicaine et l’assurance santé expatrié.

Les cadres de travail pour un Français et leurs conditions

SituationTitre ou statutConditions principalesPoint d'attention
Salarié en contrat localRésidence temporaire laborale (RT-3), 1 anVisa NM1 ; contrat d'au moins un an enregistré par le ministère du Travail ; police de garantieAffiliation au régime contributif ; pas de cédula pour ce statut
Travailleur temporairePermis de non-résident, 1 an renouvelable une foisContrat et résolution du ministère du Travail ; secteurs agricole et constructionStatut de non-résident
Pensionado ou rentistaRésidence par investissement, 1 anPension d'au moins 1 500 USD ou rentes d'au moins 2 000 USD par moisActivité rémunérée permise, salaire imposé comme celui d'un Dominicain
Salarié détachéDétachement hors conventionEmployeur en France ; 3 ans renouvelables une foisDouble statut : cotisations dues aussi au régime local obligatoire
IndépendantSelon le statut de séjourRégime contributif-subventionné si revenus moyens d'au moins un salaire minimumVérifier le droit d'exercer auprès de la DGM
Touriste ou télétravailleurSéjour de 30 jours au plusAucun droit de travailler sur placeAvis préalable de la DGM pour une activité à distance

Sources : Direction générale des migrations (DGM), loi n° 171-07, TSS, DGII, CLEISS.

Questions fréquentes

Un Français peut-il travailler en République dominicaine avec un visa touristique ?

Non : le séjour touristique de 30 jours ne donne pas le droit de travailler. Il faut une résidence temporaire laborale (RT-3), qui exige un visa NM1 et un contrat d'au moins un an enregistré par le ministère du Travail.

Quel est le salaire minimum en République dominicaine ?

La plus haute échelle du secteur privé non sectorisé est de 29 988 pesos par mois depuis le 1er février 2026 (résolution CNS 01-2025). Les échelles inférieures dépendent de la taille de l'entreprise et se vérifient auprès du ministère du Travail.

Quelles cotisations sociales prélève-t-on sur le salaire ?

La TSS publie 3,04 % pour la santé et 2,87 % pour la pension à la charge du salarié, soit 5,91 % au total, l'employeur versant 7,09 % pour la santé, 7,10 % pour la pension et 1 % plus 0,10 à 0,30 % pour les risques professionnels.

Comment est taxé le salaire d'un Français en République dominicaine ?

Le barème de la DGII exonère les 416 220 premiers pesos par an, puis applique 15 %, 20 % et 25 % par tranches. Aucune convention fiscale ne lie la France à la République dominicaine : la situation fiscale personnelle se confirme avec un conseil fiscal.

Combien de temps un salarié français peut-il être détaché sans convention ?

Trois ans, renouvelables une fois, selon le droit interne français décrit par le CLEISS ; un délai de deux ans est ensuite requis avant un nouveau détachement dans le même pays pour la même entreprise.

Un pensionado peut-il exercer une activité rémunérée ?

Oui : l'article 15 de la loi n° 171-07 le permet, le salaire étant imposé comme celui de tout salarié dominicain.

Quels sont les grands secteurs de l'économie dominicaine ?

Les services dominent, avec le tourisme (15 % du PIB), le commerce et la finance ; la construction, la manufacture et les mines complètent le tableau, et les transferts de la diaspora pèsent 9,2 % du PIB selon le Trésor.

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