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Maroc · Prendre sa retraite

Partir vivre au Maroc à la retraite : séjour, fiscalité, santé et démarches

L’essentiel

Partir vivre au Maroc à la retraite est possible avec une carte d’immatriculation « visiteur » (1 à 10 ans), accordée à celui qui justifie de ressources suffisantes et s’engage à ne pas travailler, puis une carte de résident après 4 ans de résidence ininterrompue. La pension française d’un retraité résident fiscal au Maroc est en principe imposée au Maroc pour les pensions privées, alors que les pensions publiques restent en principe imposables en France. Côté santé, la convention franco-marocaine permet d’inscrire le pensionné à la CNSS avec le formulaire SE 350-07, moyennant 3,2 % de cotisation sur la pension de base et 4,2 % sur la complémentaire. C’est le poste à sécuriser en premier, car les délais d’inscription sont longs.

  • Carte d’immatriculation « visiteur » de 1 à 10 ans, renouvelable ; carte de résident après au moins 4 ans de résidence régulière et ininterrompue (loi n° 02-03).
  • Formulaire SE 350-07 : inscription du pensionné et de ses ayants droit à la CNSS pour les soins de maladie et de maternité (CLEISS, convention de 2007).
  • Sans résidence fiscale française, la CSG, la CRDS et la Casa sont remplacées par une cotisation de 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur la pension complémentaire (CLEISS).
  • Soins en France lors de visites : pris en charge pour le pensionné inscrit, avec reconnaissance préalable de nécessité pour une hospitalisation de plus d’un mois ; le conjoint accompagnant n’est pas couvert automatiquement (CLEISS).
  • Inflation de 0,7 % en 2025 (Banque mondiale) ; environ 10,7 MAD pour 1 euro (France Diplomatie).

Repères économiques : Maroc

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+4,6 %
Inflation
0,7 %
Taux de chômage
9,0 %
PIB par habitant
4 672 $
Population
38,4 millions

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Partir vivre au Maroc à la retraite : ce qu’il faut savoir avant de choisir

Le Maroc attire les retraités français pour la proximité de la métropole, le climat, la langue et un coût de la vie souvent plus modéré qu’en France. La décision se prépare toutefois sur trois sujets que les budgets sous-estiment : le titre de séjour, la fiscalité de la pension et surtout la couverture santé. La France et le Maroc sont liés par une convention de sécurité sociale (signée le 22 octobre 2007, en vigueur depuis le 1er juin 2011), qui offre un accès à la couverture maladie marocaine, et par une convention fiscale qui évite la double imposition.

Le pays compte 58 016 Français inscrits au registre consulaire en 2025, et six consulats de France (Rabat, Casablanca, Marrakech, Tanger, Agadir, Fès). La page vivre au Maroc détaille le quotidien, et le guide retraite à l’étranger explique les mécanismes généraux de couverture santé.

Titre de séjour du retraité : carte d’immatriculation « visiteur » puis carte de résident

Un séjour touristique est possible 90 jours sans formalité, avec un passeport valide pour toute la durée du séjour. Pour s’installer, la loi n° 02-03 prévoit la carte d’immatriculation, qui vaut autorisation de séjour de 1 à 10 ans selon le motif invoqué, renouvelable. Elle porte la mention « visiteur » lorsque l’étranger apporte la preuve qu’il peut vivre de ses seules ressources et s’engage à n’exercer aucune activité professionnelle soumise à autorisation : c’est le cas typique du retraité, dont la pension constitue la preuve de ressources.

Après au moins quatre années de résidence régulière et ininterrompue, l’étranger peut demander la carte de résident, dont l’octroi tient compte de ses moyens d’existence et de son intention de s’établir durablement. Attention : une carte de résident est considérée comme périmée si son titulaire quitte le Maroc plus de deux ans. Le conjoint étranger d’un ressortissant marocain reçoit la carte de résident de plein droit dans les conditions prévues par la loi. Les pièces demandées (justificatifs de pension, de domicile, certificat médical) peuvent varier selon l’autorité : vérifiez-les auprès de la préfecture de votre futur lieu de résidence.

Fiscalité de la pension française au Maroc : la convention fiscale franco-marocaine

Les deux États ont signé en 1970 une convention contre les doubles impositions, modifiée depuis par des avenants. Le principe, pour les pensions de retraite versées au titre d’un emploi privé, est une imposition dans l’État de résidence : un retraité qui devient résident fiscal au Maroc déclare sa pension au Maroc et peut demander à la caisse française de ne plus effectuer de retenue à la source en lui remettant une attestation de résidence fiscale établie par l’administration marocaine. Les pensions versées par l’État français à d’anciens fonctionnaires ou militaires suivent une règle différente : elles restent en principe imposables en France, sauf situations particulières liées à la nationalité du bénéficiaire.

Côté marocain, le Code général des impôts prévoit un abattement de 80 % sur les pensions de source étrangère (article 76), sous conditions : il constitue une règle de droit interne, pas un avantage de la convention. L’impôt effectif dépend donc de votre pension et du barème marocain. Les revenus fonciers de biens situés en France restent imposables en France. Les cotisations sociales françaises obéissent à leurs propres règles : sans résidence fiscale en France, la CSG, la CRDS et la Casa ne sont pas appliquées (CLEISS).

Avant de vendre votre résidence principale ou d’ouvrir un compte au Maroc, faites valider votre situation par un professionnel de la fiscalité internationale : la notion de résidence fiscale (foyer, centre des intérêts, durée de présence) s’apprécie au regard des deux droits.

Couverture santé du retraité au Maroc : SE 350-07, CNSS, CFE

La convention de 2007 permet aux titulaires d’une pension de vieillesse française (retraités salariés ou non-salariés, fonctionnaires, préretraités), français, marocains ou européens, d’être couverts au Maroc s’ils n’ont pas de droits au régime marocain. Il faut demander à la caisse française qui verse la pension le formulaire SE 350-07, « Attestation pour l’inscription du pensionné et de ses ayants droit », qui permet l’inscription à la CNSS et l’accès aux prestations en nature de l’assurance maladie et maternité marocaine. Pour le régime général, la demande passe par l’Assurance retraite (service « droit aux soins de santé », à Tours) ; pour une pension civile ou militaire, par la DSFIPE. Les ayants droit (conjoint, enfants jusqu’à 21 ans, 26 ans en études) sont couverts s’ils résident avec le retraité.

Trois réserves sont à connaître. D’abord, des délais de traitement de plusieurs mois sont signalés : lancez la demande avant de partir. Ensuite, l’AMO rembourse en général 70 % d’un tarif de référence très inférieur aux prix des cliniques privées. Enfin, lors de séjours en France, le pensionné est pris en charge mais le conjoint qui l’accompagne ne l’est pas automatiquement.

C’est pourquoi beaucoup de retraités ajoutent une couverture complémentaire : l’offre de la CFE pour retraités, ouverte sous conditions (durée de cotisation au régime français ou résidence dans un pays dont le Maroc, voir assurance retraite à l’étranger), ou une assurance santé internationale au premier euro. Les assurances privées appliquent généralement un questionnaire médical et un tarif lié à l’âge : lisez les conditions avant de souscrire. La santé est le poste à sécuriser avant le départ, et Expavy aide à comparer ces options. Le détail par situation figure dans notre page remboursement des soins au Maroc.

Coût de la vie du retraité au Maroc : budget et pouvoir d’achat

Il n’existe pas de budget type : le logement, la fréquence des voyages vers la France et la santé font varier la facture. Quelques repères solides : l’inflation est faible (0,7 % en 2025, après 1,0 % en 2024), le dirham s’échange à environ 10,7 MAD pour 1 euro et le FMI anticipe une inflation autour de 2 % d’ici mi-2027. Votre pension en euros conserve donc un pouvoir d’achat confortable, mais le change et les prix des services de santé peuvent varier.

Pour la santé, prévoyez une enveloppe dédiée : une consultation de généraliste en cabinet privé coûte 150 à 300 MAD (environ 14 à 28 euros), une consultation de spécialiste 400 à 800 MAD, une nuit en clinique privée 1 500 à 5 000 MAD, soit 140 à 465 euros. Voir le guide coût de la santé pays par pays.

Où s’installer à la retraite : villes prisées

  • Marrakech : douceur de l’hiver, vie culturelle, forte communauté étrangère, consulat de France ; étés très chauds.
  • Agadir : climat doux toute l’année et cadre balnéaire, consulat de France sur place.
  • Rabat : capitale calme, ambassade et pôle hospitalier universitaire, bonne offre de soins.
  • Casablanca : la plus grande offre de cliniques et de spécialistes, mais une ville dense et bruyante.
  • Tanger : façade méditerranéenne et atlantique, proche de l’Europe.
  • Fès : patrimoine exceptionnel, vie plus traditionnelle, consulat de France.

Au-delà du cadre de vie, regardez la distance à la clinique et à l’aéroport : en cas d’hospitalisation, la proximité d’un établissement de qualité est un critère majeur. Hors de Casablanca et de Rabat, l’offre de soins spécialisés est plus limitée.

Démarches du retraité qui part au Maroc, dans l’ordre

  • Avant le départ : informer la caisse de retraite du changement de résidence et demander le formulaire SE 350-07 (Assurance retraite pour le régime général, DSFIPE pour une pension civile ou militaire). Les caisses peuvent exiger une preuve d’existence périodique : renseignez-vous sur la procédure.
  • À l’arrivée : demander la carte d’immatriculation dès que le séjour dépasse 90 jours, avec les justificatifs de ressources et de domicile.
  • Santé : s’inscrire à la CNSS avec le SE 350-07 ; souscrire une complémentaire (CFE, assurance internationale) pour les soins privés, le retour en France et l’assistance. Voir aussi rapatriement et assistance.
  • Fiscalité : demander l’attestation de résidence fiscale marocaine, la remettre à la caisse française et déclarer sa pension selon les règles de résidence.
  • Consulat : s’inscrire au registre des Français établis hors de France, recommandé pour tout séjour de plus de six mois.
  • Au quotidien : faire valider ou échanger son permis de conduire après un an, et garder son passeport valide.

Pension et impôt : qui taxe quoi quand on s’installe au Maroc

RevenuRègle généralePoint d’attention
Pension privée (régime général, retraites complémentaires)Imposable au Maroc, État de résidence ; retenue à la source française levée sur attestation de résidence fiscaleCSG, CRDS et Casa non appliquées sans résidence fiscale française
Pension publique (fonctionnaires, militaires)En principe imposable en France, État qui la verseExceptions liées à la nationalité : vérifier votre cas
Abattement marocain sur pension de source étrangère80 % (Code général des impôts marocain, article 76)Règle de droit interne, sous conditions ; à vérifier auprès de l’administration fiscale marocaine
Cotisation maladie du pensionné inscrit avec SE 350-073,2 % sur la pension de base, 4,2 % sur la complémentaireRemplace la CSG et la CRDS (CLEISS)
Revenus fonciers de biens situés en FranceImposables en FranceRègles françaises propres aux non-résidents

Synthèse indicative : la fiscalité dépend de votre situation personnelle. Faites valider votre cas par un professionnel de la fiscalité internationale.

Questions fréquentes

Peut-on partir vivre au Maroc à la retraite quand on est français ?

Oui. Il faut une carte d’immatriculation « visiteur » de 1 à 10 ans, accordée à l’étranger qui justifie de ressources suffisantes et s’engage à ne pas travailler. Après 4 ans de résidence régulière et ininterrompue, la carte de résident peut être demandée. Un séjour sans titre est limité à 90 jours.

Comment est imposée la pension française d’un retraité vivant au Maroc ?

Pour une pension privée, la convention fiscale franco-marocaine prévoit en principe l’imposition dans l’État de résidence, donc au Maroc, avec une attestation de résidence fiscale à fournir à la caisse française. Les pensions publiques restent en principe imposables en France. Le Maroc prévoit un abattement de 80 % sur les pensions de source étrangère, sous conditions.

Quelle couverture maladie pour un retraité français au Maroc ?

Le formulaire SE 350-07, délivré par la caisse qui verse la pension, permet l’inscription du pensionné et de ses ayants droit à la CNSS pour les soins de maladie et de maternité. Il suppose de ne pas avoir de droits propres au régime marocain. La cotisation est de 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur la complémentaire.

Combien de temps faut-il pour obtenir le SE 350-07 ?

Des délais de plusieurs mois sont signalés pour le traitement du dossier par les caisses. Il est conseillé de demander le formulaire avant le départ et de prévoir une couverture provisoire (assurance privée ou CFE) pour la période d’attente.

Le retraité est-il soigné en France lors d’un séjour temporaire ?

Oui, le pensionné inscrit avec le SE 350-07 bénéficie d’une prise en charge lors de ses visites en France, avec une reconnaissance préalable de nécessité pour une hospitalisation de plus d’un mois. Le conjoint qui l’accompagne n’est pas automatiquement couvert et doit souscrire une assurance complémentaire.

Quel budget prévoir pour vivre au Maroc à la retraite ?

Il n’existe pas de budget unique : le logement, les voyages et la santé varient beaucoup. L’inflation est faible (0,7 % en 2025) mais un séjour en clinique privée peut coûter 1 500 à 5 000 MAD la nuit. Prévoyez une enveloppe santé et une assurance complémentaire adaptée à votre âge.

Quelles sont les meilleures villes du Maroc pour prendre sa retraite ?

Marrakech et Agadir sont très prisées pour leur climat, Rabat et Casablanca pour la qualité de l’offre de soins, Tanger pour la proximité de l’Europe et Fès pour son patrimoine. Pour un retraité, la proximité d’une bonne clinique et d’un aéroport pèse autant que le climat.

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