Cambodge · Travailler et économie
Travailler au Cambodge quand on est français : permis, salaires, impôt et cotisations sociales
L’essentiel
Un Français ne peut travailler au Cambodge qu'avec un permis de travail et une carte d'emploi délivrés par le ministère du Travail, en complément d'un visa E prolongé en catégorie EB : le permis est valable un an et l'employeur le demande en ligne. Le salaire minimum du textile, de la chaussure et des articles de voyage est de 210 USD par mois en 2026 et passera à 212 USD au 1er janvier 2027, après la décision du 30/09/2026. L'impôt sur les salaires suit un barème de 0 % à 20 % pour un résident et un taux forfaitaire de 20 % pour un non-résident, tandis que l'employeur cotise à la NSSF. La France et le Cambodge n'ont ni convention fiscale en vigueur ni convention de sécurité sociale.
- 212 USD par mois (environ 189 €) : salaire minimum du textile, de la chaussure et des articles de voyage au 1er janvier 2027, contre 210 USD (environ 187 €) en 2026 ; décision du 30/09/2026.
- 0 % jusqu'à 1 500 000 riels par mois (environ 330 €), puis 5 %, 10 % et 15 %, et 20 % au-delà de 12 500 000 riels (environ 2 745 €) : barème mensuel de l'impôt sur les salaires d'un résident.
- 20 % : taux forfaitaire de l'impôt sur les salaires d'un non-résident, et taux appliqué à la valeur des avantages en nature.
- 182 jours : seuil de présence au-delà duquel une personne est résidente fiscale selon la loi cambodgienne sur la fiscalité.
- 0,8 % de cotisation risques professionnels et 2,6 % de cotisation santé à la charge de l'employeur, plus 2 % employeur et 2 % salarié pour la pension de la NSSF.
- 400 000 à 1 200 000 riels par mois (environ 88 à 264 €) : encadrement du salaire servant d'assiette aux cotisations de la NSSF.
Repères économiques : Cambodge
Mis à jour automatiquement- Croissance du PIB
- +5,3 %
- Inflation
- 2,4 %
- Taux de chômage
- 0,3 %
- PIB par habitant
- 2 872 $
- Population
- 17,8 millions
Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.
Droit au travail d'un Français : visa E, permis de travail et carte d'emploi
Le Code du travail cambodgien pose le principe : aucun étranger ne peut travailler sans un permis de travail et une carte d’emploi délivrés par le ministère du Travail (article 261). Le salarié doit être entré légalement dans le pays, détenir un passeport et un permis de séjour valides et justifier de son aptitude au poste, les conditions médicales étant fixées par un prakas du ministère de la Santé. Le permis est valable un an et peut être prolongé sans dépasser la durée du permis de séjour.
- Visa : le visa ordinaire E, d’un mois à l’entrée, se prolonge en catégorie EB (1, 3, 6 ou 12 mois), pour laquelle l’ambassade royale du Cambodge indique qu’une lettre d’emploi tamponnée d’une entreprise cambodgienne est généralement demandée. L’EB ne donne pas le droit de travailler : le permis de travail reste nécessaire.
- Démarche : l’employeur dépose les dossiers de permis et de carte d’emploi sur le portail en ligne du ministère du Travail dédié aux travailleurs étrangers (FWCMS). Les délais et les périodes de renouvellement sont publiés dans les annonces annuelles du ministère, à consulter à chaque début d’année.
- Droits : un prakas conjoint du ministère du Travail et du ministère de l’Économie et des Finances fixe le montant des droits de délivrance (article 262) ; le montant en vigueur se lit sur le portail avant le dépôt.
- Changement d’employeur : le ministère peut retirer le permis lorsque son titulaire reste sans emploi plus d’un mois ou est embauché par un autre employeur ; un nouveau permis suit donc chaque changement de poste.
Le guide travailler à l’étranger compare les statuts possibles et la page vivre au Cambodge détaille les visas et les prolongations.
Quota d'étrangers, contrat de travail et durée du travail
Le Code du travail demande aux entreprises de recruter d’abord des Cambodgiens (article 263) : un prakas du ministre du Travail fixe le pourcentage maximal d’étrangers pour chacune des trois catégories de personnel, personnel de bureau, personnel spécialisé et personnel non spécialisé (article 264). Le ministre peut autoriser un dépassement pour des spécialistes indispensables au fonctionnement de l’entreprise (article 265). Les pourcentages en vigueur se vérifient auprès du ministère ou de l’employeur.
- Contrat à durée déterminée : il comporte une date de fin précise et ne dépasse pas deux ans, renouvellements compris ; au-delà, il devient un contrat à durée indéterminée (article 67).
- Durée du travail : huit heures par jour et 48 heures par semaine au maximum (article 137).
- Congés payés : un jour et demi ouvré par mois de service continu, soit 18 jours par an, sauf dispositions plus favorables du contrat ou d’une convention collective (article 166).
Ces règles s’appliquent aux travailleurs relevant du Code du travail. Un contrat écrit précisant la rémunération, la devise de paiement, la durée et le préavis protège le salarié étranger.
Salaire minimum et niveaux de rémunération
Le Conseil national du salaire minimum s’est réuni le 30/09/2026 : deux montants ont été soumis au vote, 210 USD proposés par les employeurs et 225 USD par les syndicats ; le premier a recueilli 47 voix sur 51, puis le Premier ministre a ajouté 2 USD. Le salaire minimum du textile, de la chaussure et des articles de voyage atteindra donc 212 USD par mois (environ 189 €) au 1er janvier 2027, contre 210 USD en 2026 (environ 187 €), 208 USD en 2025, 204 USD en 2024 et 200 USD en 2023. Les primes d’assiduité, de transport, de logement et d’ancienneté portent la rémunération de ces ouvriers entre 229 et 240 USD par mois (environ 204 à 214 €). Ce secteur emploie environ un million de personnes.
- Autres secteurs : les sources officielles consultées ne publient pas de salaire moyen par métier ni de grille pour les postes qualifiés ou d’encadrement. La rémunération d’un cadre étranger se négocie avec l’employeur ; le contrat précise le caractère brut ou net du montant et la devise.
- Repère de change : au taux officiel de 4 056 riels pour 1 dollar du 02/10/2026, 1 € vaut environ 4 550 riels (BCE : 1,1225 USD pour 1 €).
- Prévoyance : la protection en cas de décès ou d’invalidité d’un salarié local reste limitée ; voir la page prévoyance de l’expatrié.
Impôt sur les salaires : résidents, non-résidents et avantages en nature
La loi cambodgienne sur la fiscalité qualifie de résident toute personne domiciliée au Cambodge ou y ayant sa résidence principale, ou présente plus de 182 jours dans l’année civile. Un résident est imposé sur ses salaires d’origine cambodgienne et étrangère ; un non-résident l’est seulement sur les salaires de source cambodgienne. L’employeur retient l’impôt chaque mois.
- Barème mensuel du résident (ministère de l’Économie et des Finances) : 0 % jusqu’à 1 500 000 riels (environ 370 USD ou 330 €), 5 % de 1 500 001 à 2 000 000 riels (environ 493 USD ou 439 €), 10 % de 2 000 001 à 8 500 000 riels (environ 2 096 USD ou 1 867 €), 15 % de 8 500 001 à 12 500 000 riels (environ 3 082 USD ou 2 745 €) et 20 % au-delà.
- Exemple chiffré : pour un salaire mensuel imposable de 4 000 000 riels (environ 986 USD ou 879 €), l’impôt s’élève à 225 000 riels (environ 55 USD ou 49 €), soit 10 % du salaire moins une somme de 175 000 riels prévue par la méthode simplifiée.
- Non-résident : retenue forfaitaire de 20 % sur les salaires versés, sans barème progressif.
- Avantages en nature : l’employeur retient 20 % de la valeur totale des avantages, logement ou véhicule par exemple.
- Charges de famille : la loi prévoit des réductions pour les enfants mineurs à charge et pour un conjoint au foyer ; leurs montants en vigueur se confirment auprès de l’administration fiscale (GDT, ligne d’assistance 1277).
- Crédit d’impôt étranger : un résident qui a perçu un salaire de source étrangère et payé l’impôt à l’étranger peut imputer un crédit, sur justificatifs.
Côté français, aucune convention fiscale n’est en vigueur : le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a indiqué le 05/02/2026 qu’une négociation ouverte fin 2023 était sur le point d’aboutir. Sans convention, aucun texte n’arbitre une double résidence ; la situation personnelle se vérifie auprès du service des impôts des particuliers non-résidents.
Cotisations sociales : la NSSF et les salariés étrangers
La loi sur les régimes de sécurité sociale s’applique à tous les travailleurs relevant du Code du travail qui exercent au Cambodge pour un employeur, quelles que soient leur nationalité et la forme du contrat (article 4) ; employeurs et travailleurs cotisent à la Caisse nationale de sécurité sociale (NSSF) (article 6). Tout employeur qui emploie au moins un salarié doit l’immatriculer. L’application concrète à un salarié étranger se confirme auprès de l’employeur et de la NSSF.
- Risques professionnels : 0,8 % du salaire soumis à cotisation, à la charge de l’employeur.
- Santé : 2,6 % à la charge de l’employeur ; la NSSF propose aussi un régime de santé à cotisation volontaire, fixée à 2,6 % du revenu moyen servant d’assiette.
- Pension : première étape à 4 % du salaire soumis à cotisation, 2 % pour l’employeur et 2 % pour le salarié, pendant les cinq premières années à partir d’octobre 2022 ; deuxième étape à 8 %, soit 4 % et 4 %. La FAQ de la NSSF situe cette étape sur 2026-2030 ; le calendrier exact se confirme auprès de la caisse.
- Assiette : le salaire soumis à cotisation est encadré entre 400 000 et 1 200 000 riels par mois (environ 99 à 296 USD, ou 88 à 264 €).
Aucune convention de sécurité sociale ne lie la France et le Cambodge : les périodes cotisées à la NSSF ne se totalisent pas avec les trimestres français. Le détaché garde le régime français selon les règles du détachement hors convention, avec une possible double affiliation. La page remboursement des soins au Cambodge présente chaque situation.
Indépendants, entrepreneurs et télétravail
L’ambassade royale du Cambodge à Berlin précise que la catégorie EB couvre aussi les indépendants : l’immatriculation de l’activité et une lettre tamponnée du demandeur accompagnent la demande, et le permis de travail reste requis. Cette prolongation reste un titre de séjour ; elle ne remplace pas les formalités d’enregistrement de l’activité.
- Fiscalité de l’activité : la loi sur la fiscalité fixe l’impôt sur les bénéfices des personnes morales à 20 %, celui des personnes physiques suivant un barème progressif, et la taxe sur la valeur ajoutée à 10 % ; le régime applicable (réel, simplifié ou estimé) dépend de la forme et du chiffre d’affaires de l’activité.
- Protection sociale : l’indépendant peut examiner le régime de santé à cotisation volontaire de la NSSF, puis la CFE ou une assurance privée.
- Télétravail : les sources officielles consultées ne décrivent pas de visa spécifique pour les travailleurs à distance employés par une société étrangère ; la situation se vérifie auprès de l’immigration avant l’installation. Voir les visas des nomades numériques et l’assurance nomade digital.
L'économie cambodgienne : secteurs, monnaie et perspectives
L’enquête sur la main-d’œuvre 2025 de l’Institut national de la statistique, dont le rapport préliminaire date de mai 2026, estime la population à 17,6 millions d’habitants. Les services concentrent 43,0 % des emplois, l’industrie 29,4 % et l’agriculture 27,6 % ; le taux de chômage est de 3,6 % et l’emploi informel de 76,7 %. L’annonce officielle du 30/09/2026 rappelle que le textile, la chaussure et les articles de voyage emploient environ un million de personnes et restent la première source de devises du pays.
- Monnaie : le salaire minimum est fixé en dollars et le taux officiel de la Banque nationale était de 4 056 riels pour 1 dollar le 02/10/2026 ; riel et dollar coexistent dans les paiements.
- Perspectives : le bloc « Repères économiques » en haut de cette page actualise la croissance, l’inflation, le chômage et le change. Un contrat qui fixe le salaire en dollars protège de la variation du riel mais expose à celle de l’euro.
Avant de signer, comparez le coût d’une couverture santé complète : la page système de santé au Cambodge décrit l’offre de soins, et Expavy propose un diagnostic gratuit pour confronter les options à votre contrat.
Questions fréquentes
Un Français peut-il travailler au Cambodge avec un simple visa touristique ?
Non : le Code du travail impose à tout étranger de détenir un permis de travail et une carte d'emploi délivrés par le ministère du Travail. Le salarié passe par un visa E prolongé en EB, et l'employeur dépose le dossier sur le portail FWCMS.
Quel est le salaire minimum au Cambodge ?
Le salaire minimum du textile, de la chaussure et des articles de voyage est de 210 USD par mois en 2026 (environ 187 €) et sera de 212 USD au 1er janvier 2027 (environ 189 €), selon la décision du 30/09/2026. Les autres secteurs ne figurent pas dans cette décision.
Comment est calculé l'impôt sur le salaire au Cambodge ?
Un résident paie un impôt mensuel progressif : 0 % jusqu'à 1 500 000 riels, puis 5 %, 10 %, 15 % et 20 % au-delà de 12 500 000 riels. Un non-résident subit une retenue forfaitaire de 20 %. Est résident qui est présent plus de 182 jours dans l'année.
Y a-t-il une convention fiscale entre la France et le Cambodge ?
Aucune convention n'est en vigueur. Le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères a indiqué le 05/02/2026 qu'une négociation ouverte fin 2023 était sur le point d'aboutir ; l'état du texte se vérifie sur impots.gouv.fr avant toute décision.
Un salarié étranger cotise-t-il à la NSSF ?
La loi vise tous les travailleurs relevant du Code du travail, quelle que soit leur nationalité. L'employeur cotise 0,8 % pour les risques professionnels et 2,6 % pour la santé, et la pension prévoit 2 % pour l'employeur et 2 % pour le salarié. L'affiliation effective se confirme auprès de l'employeur et de la NSSF.
Existe-t-il un quota d'étrangers dans une entreprise cambodgienne ?
Oui : un prakas du ministre du Travail fixe un pourcentage maximal d'étrangers par catégorie de personnel (bureau, spécialisé, non spécialisé), avec possibilité de dépassement autorisé par le ministre pour des spécialistes indispensables.
Un indépendant peut-il s'installer au Cambodge avec le visa EB ?
La catégorie EB accueille les indépendants sur présentation de l'immatriculation de leur activité et d'une lettre tamponnée, mais elle ne donne pas le droit de travailler : un permis de travail reste nécessaire.
Les autres guides : Cambodge
- Vivre sur place →Avantages et inconvénients, villes, coût de la vie, logement, installation.
- Système de santé →Public et privé, hôpitaux, assurance maladie locale, accès aux soins.
- Remboursements des soins →Qui rembourse quoi, selon votre situation : salarié, indépendant, retraité, étudiant.
- Prendre sa retraite →Visa, fiscalité de la pension, santé des retraités, formulaire S1, coût de la vie.
