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Thaïlande · Travailler et économie

Travailler en Thaïlande quand on est français : work permit, salaires, sécurité sociale et économie

L’essentiel

Un Français travaille légalement en Thaïlande avec deux autorisations : un visa Non-Immigrant B délivré avant le départ et un permis de travail (work permit) obtenu auprès du ministère du Travail, pour 3 000 THB par an. L'employeur doit en général justifier de 2 millions THB de capital libéré et de quatre salariés thaïlandais par étranger, sauf dispositions particulières comme celles du BOI. Trente-neuf métiers sont réservés aux Thaïlandais, et le salaire minimum journalier va de 337 à 400 THB selon la province. Le salarié déclaré cotise au Social Security Office (SSO) à hauteur de 5 % du salaire, plafonné à 17 500 THB en 2026, ce qui ouvre l'accès à un hôpital désigné. L'économie thaïlandaise, avec un PIB de 577 milliards USD en 2025 et une croissance de 2,4 %, repose surtout sur les services et le tourisme.

  • 3 000 THB (environ 79 €) : frais d'un permis de travail d'un an ; 6 000 THB pour deux ans.
  • 40 métiers réservés aux Thaïlandais (liste de 2020), dont les travaux manuels, la vente au détail, le guidage touristique et la coiffure.
  • 337 à 400 THB par jour : fourchette du salaire minimum selon la province (environ 8,9 à 10,5 €), 400 THB à Bangkok et Phuket.
  • 875 THB par mois (environ 23 €) : cotisation maximale du salarié au SSO depuis le 01/01/2026, soit 5 % d'un salaire plafonné à 17 500 THB.
  • 500 000 THB (environ 13 150 €) de fonds : condition du visa DTV, qui permet de télétravailler pour un employeur étranger.
  • 2,4 % : croissance du PIB thaïlandais en 2025 ; prévision officielle de 2,0 % pour 2026 (fourchette 1,5 à 2,5 %).

Repères économiques : Thaïlande

Mis à jour automatiquement
Croissance du PIB
+2,4 %
Inflation
-0,1 %
Taux de chômage
0,8 %
PIB par habitant
8 057 $
Population
71,6 millions
Change
1 € = 38,02 THB
baht, cours BCE du jour

Dernières données publiées par la Banque mondiale et cours de référence de la Banque centrale européenne, actualisés sans intervention.

Le cadre légal : un visa Non-B puis un permis de travail

Travailler en Thaïlande suppose deux autorisations distinctes : le visa Non-Immigrant B, délivré par une ambassade ou un consulat thaïlandais, et le permis de travail, délivré en Thaïlande par le ministère du Travail (Department of Employment). Le visa permet l’entrée ; le permis autorise l’exercice du poste décrit. La législation sur le travail des étrangers retient une définition large du travail : toute activité physique ou intellectuelle, rémunérée ou non, entre dans son champ.

Le permis mentionne l’employeur, la fonction et le lieu de travail ; un changement de société ou de poste appelle une nouvelle démarche. Les dossiers se traitent désormais en ligne sur la plateforme e-WorkPermit, pour les demandes, les renouvellements et les modifications. Les délais publiés vont de trois à sept jours ouvrés pour l’examen du permis, et l’ensemble de la procédure (accord préalable, visa, permis) s’étale en général sur 6 à 12 semaines. Les frais officiels sont de 3 000 THB (environ 79 €) pour un permis d’un an et 6 000 THB (environ 158 €) pour deux ans.

Le dossier comprend le passeport avec visa Non-B (au moins six mois de validité), un certificat médical délivré par un hôpital thaïlandais, les diplômes et l’historique professionnel, ainsi que les documents de la société (immatriculation, comptes, déclarations fiscales, preuve du quota de salariés thaïlandais). Un autre guide annonce sept à dix jours ouvrés pour une société standard : les délais varient selon l’employeur et la complétude du dossier.

Ce que l'employeur doit justifier : capital, quota de salariés, BOI

Pour une société thaïlandaise standard, le ministère contrôle avant tout dossier les ratios suivants : 2 millions THB de capital libéré par étranger employé (environ 52 600 €) et au moins quatre salariés thaïlandais déclarés à la sécurité sociale pour chaque permis. Une société détenue majoritairement par des étrangers relève d’un seuil de capital plus élevé selon certains guides. Un Français qui crée sa société en Thaïlande prévoit ce quota dès le plan de financement.

Les sociétés bénéficiant du régime du BOI (Board of Investment) ont accès à un guichet unique (One Stop Service Center) pour les visas et permis, avec des exigences de capital et de quota adaptées selon l’activité promue et des délais de traitement plus courts, de l’ordre de trois à cinq jours ouvrés selon un guide spécialisé. Un candidat gagne à vérifier si son futur employeur est promu par le BOI.

Les métiers réservés aux Thaïlandais

Une notification du ministère du Travail de 2020, prise en application du décret sur la gestion des travailleurs étrangers, réserve 40 métiers aux Thaïlandais : ces activités restent fermées aux étrangers, quel que soit le permis détenu. Les catégories couvertes sont :

  • Travaux manuels et métiers techniques : travail manuel général, agriculture, maçonnerie, menuiserie, conduite de véhicules non motorisés, vente au détail, coiffure, taille de pierres précieuses, services comptables.
  • Artisanat traditionnel thaïlandais : laque, instruments de musique thaïs, nielle, orfèvrerie, bronze, poupées thaïes, soie, fabrication d’images de Bouddha.
  • Services et professions : guide touristique, commerce ambulant, courtage, travaux de bureau et de secrétariat, services juridiques, certaines activités d’architecture et d’ingénierie civile.

Des exceptions existent pour les activités exigeant une expertise introuvable parmi les nationaux, pour le commerce international, pour la supervision de salariés thaïlandais et pour certaines nationalités en vertu de traités. Les sanctions pour exercice d’une activité réservée vont jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 100 000 THB d’amende, avec expulsion et interdiction de retour pouvant atteindre dix ans ; l’employeur encourt de 10 000 à 100 000 THB d’amende par infraction. Un professionnel dont le métier figure sur cette liste vérifie sa situation avec le ministère ou un avocat local avant de signer.

Salaire minimum par province et niveau des salaires

Le salaire minimum thaïlandais est fixé par province (et parfois par district) par le comité national des salaires, dans le cadre de la loi de protection du travail. Il va de 337 THB par jour (Narathiwat, Pattani, Yala) à 400 THB par jour dans les provinces les plus chères, dont Phuket et Bangkok :

  • Au taux maximal de 400 THB par jour (environ 10,50 €), un temps plein représente environ 10 400 THB par mois sur 26 jours (environ 274 €).
  • Au taux le plus bas de 337 THB, environ 8 762 THB par mois sur 26 jours (environ 230 €).

Le barème est réexaminé régulièrement et le ministère du Travail publie le taux exact de chaque province. Ces minima s’appliquent à tous les salariés ; les salaires proposés aux cadres étrangers se situent bien au-dessus.

Pour situer le marché local, les relevés collaboratifs donnent un salaire mensuel net moyen de 20 683 THB à Bangkok (environ 544 €), 19 793 THB à Chiang Mai (environ 521 €), 18 893 THB en moyenne nationale (environ 497 €), 16 658 THB à Phuket (environ 438 €) et 15 503 THB à Pattaya (environ 408 €). Ces montants collaboratifs reflètent surtout les salaires locaux ; un poste de cadre expatrié ou chez un employeur international se négocie à des niveaux très différents.

Statuts facilités : BOI, visa LTR, SMART

Le visa LTR (Long-Term Resident), lancé le 1er septembre 2022, s’adresse notamment aux professionnels hautement qualifiés (LTR-H) dans quinze secteurs ciblés et aux télétravailleurs d’entreprises étrangères établies (LTR-T), avec un revenu d’au moins 80 000 USD par an (ou 40 000 USD avec un diplôme supérieur pour la catégorie des professionnels qualifiés). Il est valable dix ans (5 + 5), coûte 50 000 THB (environ 1 315 €) et ouvre droit à un permis de travail numérique de 3 000 THB par an, sans quota de quatre salariés thaïlandais, avec une déclaration annuelle à l’immigration à la place des 90 jours. Les professionnels hautement qualifiés bénéficient d’un taux d’impôt forfaitaire de 17 % sur leurs revenus d’emploi, et les revenus de source étrangère sont exonérés pour trois des quatre catégories.

L’assurance santé fait partie du dossier : 50 000 USD de couverture au minimum, ou 100 000 USD de fonds déposés depuis douze mois. Le SMART Visa, valable jusqu’à quatre ans, vise également les experts et investisseurs des secteurs ciblés et dispense d’un permis de travail distinct.

Télétravail et visa DTV : le cadre pour les nomades numériques

Le Destination Thailand Visa (DTV), lancé en juillet 2024, est le visa le plus utilisé par les télétravailleurs : validité de 5 ans à entrées multiples, séjours de 180 jours par entrée, prolongation unique de 180 jours pour 1 900 THB, frais de 10 000 THB (environ 263 €) et 500 000 THB de fonds (environ 13 150 €) en épargne liquide. Il couvre le travail à distance pour un employeur ou des clients situés à l’étranger, la participation à des activités culturelles (boxe thaïlandaise, cuisine), les soins médicaux et le regroupement familial (conjoint, enfants de moins de 20 ans).

Le DTV s’accompagne d’un cadre précis : ses titulaires ne demandent pas de permis de travail, n’occupent pas d’emploi dans une société thaïlandaise et ne facturent pas de clients thaïlandais ; la déclaration d’adresse tous les 90 jours s’applique pendant les séjours. Sur le plan fiscal, une présence de 180 jours ou plus dans l’année crée la résidence fiscale thaïlandaise, et les revenus de source étrangère perçus à partir de 2024 sont imposables s’ils sont rapatriés en Thaïlande : un point à valider avec un conseil fiscal. L’assurance santé fait partie des besoins à anticiper : voir le guide visas nomades numériques 2026 et la page assurance nomade digital.

Sécurité sociale thaïlandaise (SSO) : cotisations et prestations du salarié

Un étranger titulaire d’un permis de travail et employé par une société thaïlandaise est affilié au Social Security Fund au titre de la section 33, entre 15 et 60 ans. Il cotise à hauteur de 5 % de son salaire, l’employeur versant le même montant. Depuis le 1er janvier 2026, le salaire plafonné pour le calcul passe de 15 000 à 17 500 THB : la cotisation maximale s’élève à 875 THB par mois (environ 23 €), contre 750 THB auparavant. Le plafond montera à 20 000 THB (1 000 THB de cotisation) du 1er janvier 2029 au 31 décembre 2031, puis à 23 000 THB (1 150 THB) à compter de 2032.

Les prestations principales de la section 33 :

  • Soins : consultations, hospitalisation, médicaments prescrits et ambulance dans un hôpital désigné à l’inscription, modifiable une fois par an (de la mi-décembre à la fin de mars). La condition courante est de trois mois de cotisation sur les quinze derniers mois.
  • Indemnités maladie : 50 % du salaire plafonné pendant 90 jours au maximum par arrêt, dans la limite de 180 jours par an.
  • Maternité : forfait d’accouchement de 15 000 THB (environ 395 €) et indemnité de 50 % du salaire pendant 90 jours.
  • Dentaire : 900 THB par an (environ 24 €) pour détartrage, soins et extractions.
  • Retraite et chômage : pension à partir de 55 ans (180 mois de cotisation pour la pension, capital au prorata sinon) et indemnité de chômage.

La France n’a pas de convention de sécurité sociale avec la Thaïlande (liste du CLEISS) : les périodes cotisées au SSO ne se totalisent pas avec les trimestres français, et la carte Vitale reste sans effet sur place. Pour les soins en dehors de l’hôpital désigné, dans le privé, pour la famille ou pour les soins à l’étranger, une complémentaire reste utile : le détail se trouve dans le guide remboursements des soins en Thaïlande. La comparaison détaché ou expatrié éclaire le choix du statut avant la signature du contrat.

L'économie thaïlandaise : chiffres et secteurs porteurs

Selon la Banque mondiale, le PIB de la Thaïlande atteint 577 milliards USD en 2025 (529 milliards en 2024), soit 8 057 USD par habitant pour 71,6 millions d’habitants. La croissance de 2,44 % en 2025 (2,4 % selon le NESDC) se compare à 2,95 % en 2024. Le NESDC, l’organisme thaïlandais de planification, prévoit en février 2026 une croissance de 2,0 % pour 2026 (fourchette de 1,5 % à 2,5 %), avec une consommation privée en hausse de 2,1 %, des investissements de 1,9 %, des exportations de 2,0 % et un excédent courant de 2,4 % du PIB. Les exportations avaient progressé de 11,9 % en 2025.

L’inflation moyenne est ressortie à -0,13 % en 2025 (0,40 % en 2024), et le chômage au sens de l’OIT reste inférieur à 1 % (0,78 %), reflet d’un marché du travail où le secteur informel pèse lourd. La structure du PIB en 2025 se répartit entre services (60,2 %), industrie manufacturière (23,7 %) et agriculture (8,8 %). La population vieillit : 16 % des habitants ont 65 ans ou plus, ce qui nourrit la demande de santé et de services aux seniors.

Le tourisme reste un moteur : 32 974 321 visiteurs étrangers en 2025 selon le ministère du Tourisme et des Sports, pour 1 530 milliards THB de recettes (environ 40 milliards €). Les cinq premiers marchés sont la Malaisie (4,52 millions de visiteurs), la Chine (4,47 millions), l’Inde (2,49 millions), la Russie (1,9 million) et la Corée du Sud (1,55 million). Le niveau de 2025 représente environ 83 % des 39,9 millions de visiteurs de 2019 (Banque mondiale).

Indicateurs économiques de la Thaïlande

IndicateurValeurSource et année
PIB577 milliards USDBanque mondiale, 2025
PIB par habitant8 057 USDBanque mondiale, 2025
Croissance du PIB2,44 % (2,4 % NESDC)Banque mondiale et NESDC, 2025
Prévision de croissance2,0 % (fourchette 1,5 à 2,5 %)NESDC, février 2026
Inflation moyenne-0,13 %Banque mondiale, 2025
Chômage (modèle OIT)0,78 %Banque mondiale, 2025
Services, industrie manufacturière, agriculture60,2 %, 23,7 %, 8,8 % du PIBBanque mondiale, 2025
Visiteurs étrangers32 974 321 (1 530 milliards THB de recettes)Ministère du Tourisme et des Sports, 2025
Taux de change38,023 THB pour 1 €BCE, 01/10/2026

Les chiffres de croissance et de tourisme 2026 sont des prévisions susceptibles d'être révisées par le NESDC.

Questions fréquentes

Un Français a-t-il besoin d'un work permit pour travailler en Thaïlande ?

Oui. Il faut un visa Non-Immigrant B délivré avant le départ, puis un permis de travail obtenu auprès du ministère du Travail. Les frais officiels sont de 3 000 THB (environ 79 €) pour un an et 6 000 THB (environ 158 €) pour deux ans. Le permis mentionne l'employeur, le poste et le lieu de travail.

Quels métiers sont réservés aux Thaïlandais ?

Une notification du ministère du Travail de 2020 réserve 40 métiers aux Thaïlandais, notamment : travail manuel général, agriculture, vente au détail, coiffure, guidage touristique, commerce ambulant, services juridiques, travaux de bureau, certains métiers d'artisanat traditionnel. Des exceptions existent pour les expertises introuvables localement, le commerce international ou la supervision de salariés thaïlandais.

Quel est le salaire minimum en Thaïlande ?

Il est fixé par province : de 337 à 400 THB par jour, soit environ 8,9 à 10,5 €. Le taux maximal de 400 THB s'applique notamment à Phuket et Bangkok. Les barèmes sont réexaminés périodiquement : le ministère du Travail donne le taux en vigueur.

Peut-on télétravailler en Thaïlande avec le visa DTV ?

Oui, pour un employeur ou des clients situés à l'étranger. Le DTV vaut 10 000 THB, exige 500 000 THB de fonds et dure 5 ans, avec des séjours de 180 jours prolongeables une fois de 180 jours pour 1 900 THB. Le travail pour une société thaïlandaise ou des clients thaïlandais requiert un permis de travail.

Comment fonctionne la sécurité sociale thaïlandaise pour un salarié étranger ?

Le salarié titulaire d'un permis de travail est affilié au SSO (section 33) : il cotise 5 % de son salaire plafonné à 17 500 THB depuis le 01/01/2026, soit 875 THB par mois au maximum, avec une part équivalente de l'employeur. Il accède aux soins dans un hôpital désigné et perçoit des indemnités maladie, maternité et chômage sous conditions de cotisation.

Les cotisations SSO comptent-elles pour la retraite française ?

La France et la Thaïlande n'ont pas de convention de sécurité sociale (liste du CLEISS), donc pas de totalisation des périodes : les cotisations thaïlandaises ouvrent des droits thaïlandais, et les trimestres français se valident séparément.

Quelle est la situation économique de la Thaïlande ?

La croissance a atteint 2,4 % en 2025 et le NESDC prévoit 2,0 % en 2026 (fourchette 1,5 à 2,5 %). L'inflation est proche de zéro (-0,13 % en 2025) et les services pèsent 60,2 % du PIB.

Les autres guides : Thaïlande