Fiche pays — Amériques
Assurance expatrié et assurance santé au Venezuela

En 5 lignes
Le Venezuela traverse depuis plusieurs années une crise sanitaire sévère et documentée : France Diplomatie évoque de « graves insuffisances du système sanitaire, en particulier en dehors de Caracas », et des pénuries de médicaments et de matériel médical touchant à la fois les pharmacies, les hôpitaux publics et, dans une moindre mesure, les cliniques privées. L'IVSS (Instituto Venezolano de los Seguros Sociales), régime public obligatoire financé par une cotisation patronale de 9 à 11 % et salariale de 4 % du salaire, couvre en théorie les travailleurs formels, mais les expatriés se tournent en pratique presque systématiquement vers le secteur privé, concentré à Caracas. Aucune assurance santé n'est légalement exigée pour un séjour touristique de moins de 90 jours, mais France Diplomatie la présente comme impérative pour faire face à des frais d'hospitalisation parfois très élevés, l'ambassade ne pouvant les prendre en charge. Aucune convention de sécurité sociale n'existe entre la France et le Venezuela : le CLEISS ne recense pas ce pays parmi ceux ayant conclu un accord de coordination, si bien qu'aucune totalisation des droits ni prise en charge croisée des soins n'est prévue. Il est fortement recommandé d'apporter son propre stock de médicaments avant le départ en cas de traitement spécifique, les ruptures d'approvisionnement étant documentées comme fréquentes.
Chiffres clés
- 1 997 Français inscrits au registre consulaire au Venezuela en 2025, soit -2,68 % sur un an (MEAE).
- Espérance de vie à la naissance : 72,67 ans en 2024, contre 72,51 ans en 2023 (Banque mondiale).
- Dépenses de santé : 3,78 % du PIB en 2023 (dernière donnée disponible), soit environ 185,99 USD par habitant (Banque mondiale).
- 28,4 % des officines pharmaceutiques du pays étaient en rupture de médicaments essentiels en mars 2024, selon l'ONG vénézuélienne Convite citée par Human Rights Watch.
Système de santé local
Le Venezuela dispose formellement d’un système de santé mixte, associant un secteur public géré par le ministère de la Santé et l’IVSS (Instituto Venezolano de los Seguros Sociales, l’organisme public de sécurité sociale) et un secteur privé. En pratique, France Diplomatie constate que « la crise prolongée que traverse le Venezuela induit de graves insuffisances du système sanitaire, en particulier en dehors de Caracas », et que des pénuries touchent « les médicaments […] ainsi que le matériel médical, à la fois dans les pharmacies, les hôpitaux publics, voire les cliniques privées ». Human Rights Watch, citant l’ONG vénézuélienne Convite, relevait qu’en mars 2024, les médicaments essentiels étaient indisponibles dans 28,4 % des officines pharmaceutiques du pays, une part significative des médicaments encore disponibles restant par ailleurs financièrement inaccessible pour une partie de la population.
L’IVSS couvre en théorie les risques maladie-maternité, accidents du travail, invalidité, vieillesse, survie et chômage des travailleurs formels affiliés. Son financement repose sur une cotisation patronale de 9, 10 ou 11 % du salaire selon la classification du risque de l’entreprise, et une cotisation salariale de 4 %, calculées sur une base plafonnée à cinq salaires minimums urbains. Aucune source consultée ne documente un niveau de service opérationnel de l’IVSS comparable à celui d’une sécurité sociale occidentale ; les sources disponibles portent essentiellement sur son cadre juridique et non sur son fonctionnement réel au quotidien.
Face à ces difficultés du secteur public, les expatriés et une partie de la population vénézuélienne se tournent en pratique vers le secteur privé, concentré à Caracas. La liste de notoriété de l’ambassade de France au Venezuela recense plusieurs cliniques privées de la capitale sollicitées par des praticiens francophones, parmi lesquelles l’Hospital de Clínicas Caracas, la Policlínica Metropolitana (Clínica Metropolitana) et la Clínica El Ávila. Aucune source consultée ne documente de tarification officielle ni de grille de prix publique pour ces établissements privés.
Obligations légales et de visa
- Séjour touristique (moins de 90 jours) : aucun visa ni justificatif d’assurance santé exigé légalement à l’entrée pour les titulaires d’un passeport français, sous réserve d’une validité du passeport d’au moins 6 mois après la date d’entrée. France Diplomatie qualifie néanmoins une assurance couvrant frais d’hospitalisation et rapatriement sanitaire d’impérative, en raison de frais de santé « parfois très élevés » et de l’impossibilité pour l’ambassade de les prendre en charge.
- Prolongation du séjour touristique : une autorisation du SAIME (service vénézuélien de l’immigration) permet une période supplémentaire de 90 jours ; au-delà de 180 jours cumulés, le départ du territoire est obligatoire.
- Travail, affaires, famille, études, motif religieux : un visa est obligatoire quelle que soit la durée du séjour envisagé. Aucune exigence d’assurance santé spécifique associée à la délivrance de ces visas n’a pu être confirmée dans les sources consultées ; à vérifier directement auprès du consulat du Venezuela compétent en France avant toute démarche.
- Salariés détachés et résidents sous contrat local : affiliation à l’IVSS en principe automatique dès l’embauche formelle, avec une cotisation salariale de 4 % et une cotisation patronale de 9 à 11 % du salaire selon la classification de risque de l’entreprise.
- Vaccination fièvre jaune : certificat exigé en cas d’arrivée depuis la Guyane française.
Aucune amende chiffrée officielle n’a été identifiée pour une simple absence de couverture santé hors obligations de visa. Le risque documenté est la facturation intégrale des soins dans le secteur privé et des ruptures de stock possibles de médicaments et de matériel médical, y compris dans les cliniques privées ; il est fortement recommandé d’apporter son propre stock de médicaments avant le départ en cas de traitement spécifique.
Coût de quelques actes médicaux
Ordres de grandeur relevés auprès de sources spécialisées, pas des grilles tarifaires officielles.
| Acte | Secteur public | Secteur privé |
|---|---|---|
| Consultation généraliste, secteur privé (patient non assuré) | IVSS : accès réservé aux personnes affiliées, niveau de service non documenté | tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement |
| Consultation spécialiste, secteur privé | — | tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement |
| Hospitalisation, secteur privé (Caracas) | — | tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement ; frais qualifiés de « parfois très élevés » par France Diplomatie |
| Rapatriement sanitaire | — | non pris en charge par l'ambassade ; à couvrir intégralement par un contrat d'assistance ou une assurance avant le départ |
| Cotisation IVSS (salarié affilié) | 4 % du salaire (part salariale), plafonné à 5 salaires minimums urbains | — |
Accords de sécurité sociale avec la France
Aucune convention de sécurité sociale n’a été signée entre la France et le Venezuela : le Venezuela ne figure pas dans la liste des fiches pays du CLEISS, qui ne couvre que les pays ayant conclu un accord de coordination avec la France.
- En l’absence d’accord bilatéral, aucune totalisation des périodes d’assurance entre les deux pays n’est possible pour l’ouverture de droits à la retraite.
- Aucun mécanisme de coordination ne permet la prise en charge, même partielle, de soins reçus au Venezuela au titre d’une affiliation française, ni l’inverse pour des soins reçus en France au titre d’une affiliation à l’IVSS.
- Un salarié affilié à l’IVSS via son employeur vénézuélien bénéficie d’une couverture locale, mais celle-ci ne se substitue à aucune protection sociale française et n’est pas reconnue comme telle en cas de retour en France.
Faute de convention, pour tout Français s’installant au Venezuela — salarié affilié à l’IVSS, indépendant ou retraité — une adhésion volontaire à la Caisse des Français de l’étranger (CFE) ou la souscription d’une assurance santé internationale restent les seules solutions pour disposer d’une couverture reconnue en France, en complément d’une éventuelle couverture locale — d’autant plus recommandée compte tenu des pénuries documentées et des insuffisances du système sanitaire hors de Caracas.
Quelle assurance selon mon profil
Matrice générale — ne recommande aucun produit ni assureur précis.
| Profil | Contrainte réglementaire | Points d’attention |
|---|---|---|
| Touriste (moins de 90 jours) | Aucune assurance santé exigée légalement à l'entrée | Assurance couvrant hospitalisation et rapatriement jugée impérative par France Diplomatie ; ambassade non habilitée à prendre en charge des frais médicaux |
| Travail, études, famille | Visa obligatoire quelle que soit la durée du séjour | Aucune exigence d'assurance santé associée au visa confirmée dans les sources consultées ; vérifier auprès du consulat du Venezuela en France |
| Salarié détaché / résident sous contrat local | Affiliation IVSS en principe automatique dès l'embauche formelle, cotisation salariale de 4 % et patronale de 9 à 11 % | Aucune convention France-Venezuela : la couverture IVSS ne remplace pas une protection sociale française, à envisager via la CFE |
| Retraité | Aucune convention de sécurité sociale : aucune coordination des pensions ni des soins de santé entre les deux pays | CFE ou assurance privée internationale fortement recommandées, compte tenu des insuffisances documentées du système sanitaire public |
| Personne suivant un traitement médical spécifique | Aucune garantie de disponibilité continue des médicaments dans les pharmacies et hôpitaux, y compris cliniques privées | Prévoir un stock suffisant de médicaments avant le départ, recommandation explicite de France Diplomatie |
Hôpitaux et réseau de soins
- Caracas : Hospital de Clínicas Caracas — établissement privé pluridisciplinaire, cité dans la liste de notoriété de l'ambassade de France au Venezuela.
- Caracas : Policlínica Metropolitana (Clínica Metropolitana) — établissement privé, cité dans la liste de notoriété de l'ambassade de France au Venezuela.
- Caracas : Clínica El Ávila et Clínica La Floresta — établissements privés, cités dans la liste de notoriété de l'ambassade de France au Venezuela.
Démarches
- Avant le départ : souscrire une assurance couvrant frais médicaux, hospitalisation et rapatriement sanitaire, quelle que soit la durée du séjour envisagée — jugée impérative par France Diplomatie compte tenu de frais d'hospitalisation parfois très élevés.
- Avant le départ, en cas de traitement médical en cours : constituer un stock suffisant de médicaments personnels, les pénuries de médicaments et de matériel médical étant documentées dans les pharmacies, les hôpitaux publics et certaines cliniques privées.
- Pour un séjour de travail, d'études ou familial : obtenir un visa avant le départ auprès du consulat du Venezuela en France et se renseigner sur d'éventuelles exigences d'assurance santé propres à ce visa.
- Pour une prolongation du séjour touristique au-delà de 90 jours : solliciter une autorisation auprès du SAIME avant l'expiration du délai initial, dans la limite de 180 jours cumulés.
- Dès l'embauche formelle au Venezuela : vérifier auprès de l'employeur l'affiliation à l'IVSS.
- Dans les meilleurs délais après l'arrivée : inscription au registre des Français établis hors de France auprès de l'ambassade de France à Caracas (gratuite, valable 5 ans, recommandée).
- En l'absence de convention bilatérale : adhésion volontaire à la CFE ou souscription d'une assurance santé internationale dès l'installation.
Questions fréquentes
Les hôpitaux publics vénézuéliens sont-ils fiables pour un Français expatrié ?
France Diplomatie documente de « graves insuffisances du système sanitaire, en particulier en dehors de Caracas », avec des pénuries de médicaments et de matériel médical touchant aussi bien les hôpitaux publics que, dans une moindre mesure, les cliniques privées. En pratique, les expatriés se tournent presque systématiquement vers le secteur privé, concentré à Caracas.
Une assurance santé est-elle obligatoire pour entrer au Venezuela en tant que touriste ?
Non, aucun texte consulté n'impose de justificatif d'assurance à l'entrée pour un séjour de moins de 90 jours. France Diplomatie la présente néanmoins comme impérative en pratique, l'ambassade ne pouvant prendre en charge des frais médicaux parfois très élevés dans le secteur privé.
La France et le Venezuela ont-ils signé une convention de sécurité sociale ?
Non. Le Venezuela ne figure pas parmi les pays ayant conclu un accord de coordination de sécurité sociale avec la France recensés par le CLEISS. Aucune totalisation des périodes d'assurance ni prise en charge croisée des soins n'est donc prévue entre les deux pays.
Qu'est-ce que l'IVSS et qui couvre-t-il ?
L'IVSS (Instituto Venezolano de los Seguros Sociales) est l'organisme public de sécurité sociale du Venezuela. Il couvre en théorie les travailleurs formels affiliés pour la maladie-maternité, les accidents du travail, l'invalidité, la vieillesse et le chômage, financé par une cotisation patronale de 9 à 11 % et salariale de 4 % du salaire.
Existe-t-il un PVT (programme vacances-travail) entre la France et le Venezuela ?
Non, le Venezuela ne fait pas partie des pays ayant conclu un accord de programme vacances-travail avec la France, à la différence de plusieurs voisins comme le Pérou, l'Équateur, la Colombie, le Brésil, le Chili, l'Argentine ou l'Uruguay.
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Rédaction Expavy
Sources
- France Diplomatie — Venezuela, Santé
- France Diplomatie — Venezuela, Entrée / séjour
- France Diplomatie — Registre des Français établis hors de France (données 2025)
- CLEISS — Liste des fiches pays (absence du Venezuela, aucune convention)
- Ambassade de France au Venezuela — Social - Santé
- Ambassade de France au Venezuela — Liste de notoriété (médecins, cliniques, traducteurs)
- Human Rights Watch — World Report 2025, chapitre Venezuela
- PAHO/OMS — Représentation au Venezuela
- PwC Tax Summaries — Venezuela, Individual, Other taxes (cotisations IVSS)
- pvtistes.net — Liste des pays PVT (absence du Venezuela)
- Banque mondiale — Espérance de vie à la naissance, Venezuela
- Banque mondiale — Dépenses de santé courantes (% du PIB), Venezuela
- Banque mondiale — Dépenses de santé courantes par habitant, Venezuela