Fiche pays — Amériques
Assurance expatrié et assurance santé en Haïti

En 5 lignes
France Diplomatie déconseille formellement tout déplacement sur l'ensemble du territoire haïtien depuis plusieurs années en raison de la présence de gangs armés, une situation qui a un impact direct et documenté sur l'accès aux soins : l'hôpital public de référence de Port-au-Prince (HUEH) reste fermé depuis son occupation en février 2024, l'hôpital universitaire de Mirebalais a suspendu son activité après des attaques armées en 2025, et France Diplomatie indique que les hôpitaux publics restants sont peu nombreux et sous-équipés. Les structures encore opérationnelles pour les urgences chirurgicales sont aujourd'hui portées en grande partie par des organisations à but non lucratif — Médecins Sans Frontières à Tabarre, réseau Zanmi Lasante/Partners In Health dans le Plateau central — plutôt que par le secteur public ou par des cliniques privées classiques, dont l'accès reste conditionné à une caution ou à une preuve d'assurance. Aucune convention de sécurité sociale ne lie la France et Haïti et le CLEISS ne publie aucune fiche pays dédiée. Un ressortissant français peut entrer sans visa pour un séjour touristique de 90 jours (renouvelable une fois), moyennant une taxe touristique de 10 USD/EUR, mais France Diplomatie recommande vivement une assurance couvrant les frais médicaux, l'hospitalisation et surtout l'évacuation et le rapatriement sanitaire, ces frais ne pouvant en aucun cas être pris en charge par l'ambassade.
Chiffres clés
- Environ 800 Français enregistrés auprès de l'ambassade de France en Haïti (chiffre communiqué par le poste, avril 2026) — une donnée arrondie, à la différence du décompte précis publié pour d'autres postes consulaires.
- Espérance de vie à la naissance : 64,94 ans en 2023 (Banque mondiale), parmi les plus basses du continent américain.
- Dépense de santé courante : 54,41 $ US par habitant en 2023, soit 3,19 % du PIB (Banque mondiale) — en baisse continue depuis le début des années 2010 (plus de 5 % du PIB en 2011-2012).
- Ensemble du territoire formellement déconseillé par France Diplomatie ; séjour touristique de 90 jours sans visa, renouvelable une fois ; aucune convention de sécurité sociale ni accord PVT avec la France.
Système de santé local
Le système de santé haïtien est piloté par le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) et reposait historiquement sur trois piliers : un réseau hospitalier public, un secteur privé concentré à Port-au-Prince, et un régime d’assurance sociale obligatoire pour les salariés du secteur formel, l’OFATMA (Office d’Assurance Accidents du Travail, Maladie et Maternité), financé par une cotisation de 6 % du salaire de base (3 % employeur, 3 % salarié) et couvrant, selon ses propres données, plus de 400 000 assurés et ayants droit via un réseau d’environ 150 établissements conventionnés. Ce système, déjà fragile avant la crise actuelle, s’est nettement affaibli depuis 2024.
France Diplomatie indique explicitement que les hôpitaux publics sont peu nombreux et sous-équipés et que la plupart des médecins sont basés à Port-au-Prince. Cet impact sur l’offre de soins est documenté par plusieurs organisations présentes sur place : l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH), principal hôpital public de la capitale, est fermé depuis son occupation par des groupes armés en février 2024 ; Zanmi Lasante/Partners In Health a annoncé la fermeture de son établissement de référence, l’Hôpital Universitaire de Mirebalais, après des attaques armées survenues en 2025 ; et Médecins Sans Frontières rapporte une saturation récurrente de son hôpital de traumatologie de Tabarre, à Port-au-Prince, face à l’afflux de blessés.
Dans ce contexte, les structures encore accessibles à un résident étranger relèvent surtout d’organisations à but non lucratif : le réseau Zanmi Lasante, plus important prestataire de soins hors secteur public du pays, avec une quinzaine de cliniques et hôpitaux desservant plus de 3,3 millions de personnes dans le Plateau central et le bas Artibonite ; et Médecins Sans Frontières, présente notamment à Tabarre pour la traumatologie et les grands brûlés. Les cliniques privées encore en activité, essentiellement à Port-au-Prince, exigent en général une caution ou une preuve d’assurance avant toute prise en charge, y compris pour des soins urgents.
Obligations légales et de visa
- Séjour touristique (jusqu’à 90 jours) : aucun visa n’est exigé pour un passeport français, un visa d’entrée de 90 jours étant délivré gratuitement à la frontière ; une taxe touristique de 10 USD/EUR est due à l’arrivée. Le passeport doit rester valable six mois après la date de retour prévue. Aucune assurance santé n’est exigée légalement pour l’entrée, mais France Diplomatie recommande vivement une couverture des frais médicaux, d’hospitalisation et de rapatriement sanitaire, l’État français ne pouvant en aucun cas prendre en charge ces frais.
- Carte de sortie « Départ/Sòti » : une carte verte est remise à l’entrée par les autorités haïtiennes ; elle est obligatoire pour quitter le pays et doit être conservée avec le passeport.
- Prolongation au-delà de 90 jours : le visa d’entrée est renouvelable une fois pour une nouvelle période de 90 jours ; au-delà, une régularisation du séjour doit être demandée auprès de la Direction de l’Immigration et de l’Émigration (DIE), à Port-au-Prince.
- Salariés détachés ou en emploi formel local : affiliation obligatoire à l’OFATMA par l’employeur (cotisation de 6 % du salaire de base) ; une complémentaire privée reste indispensable pour l’accès direct aux structures internationales et pour l’évacuation sanitaire.
- Aucun accord de programme vacances-travail (PVT) ne lie la France et Haïti : le pays ne figure pas parmi les quinze destinations partenaires recensées par France Diplomatie.
- Recommandation de sécurité : France Diplomatie déconseille formellement tout déplacement sur l’ensemble du territoire haïtien en raison de la présence de gangs armés. Cette recommandation ne constitue pas en elle-même une obligation légale d’assurance, mais elle conditionne fortement la disponibilité réelle des soins et les conditions d’évacuation sanitaire.
Aucune amende chiffrée officielle n’a été identifiée pour une simple absence de couverture santé ; le risque documenté est opérationnel et financier : accès aux structures de soins fortement réduit, cliniques privées exigeant un règlement ou une garantie avant prise en charge, sans aide possible du consulat de France.
Coût de quelques actes médicaux
Ordres de grandeur relevés auprès de sources spécialisées, pas des grilles tarifaires officielles.
| Acte | Secteur public | Secteur privé |
|---|---|---|
| Consultation médecine générale, secteur privé | — | tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement |
| Consultation spécialiste, secteur privé | — | tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement |
| Passage aux urgences, clinique privée (patient non assuré) | — | caution ou preuve d'assurance exigée avant prise en charge ; montant non communiqué publiquement |
| Nuit d'hospitalisation, secteur privé | — | tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement |
| Évacuation sanitaire / rapatriement | — | coût non communiqué publiquement ; fortement recommandé par France Diplomatie compte tenu du contexte |
| Soins, hôpitaux publics et structures OFATMA | Accès conditionné à l'affiliation (emploi formel) ; réseau fortement réduit depuis 2024 selon France Diplomatie | — |
| Cotisation santé, régime OFATMA (salarié) | 6 % du salaire de base (3 % employeur + 3 % salarié), source cabinet Volmar / code du travail haïtien | — |
Accords de sécurité sociale avec la France
Aucune convention de sécurité sociale ne lie la France et Haïti : le CLEISS ne publie aucune fiche pays dédiée à Haïti parmi la centaine de fiches pays qu’il tient à jour, à la différence du Mexique, du Brésil, du Chili ou de la Colombie voisins pour lesquels une fiche existe.
- Aucune coordination des régimes : pas de reprise de droits, pas de totalisation des périodes de cotisation entre les deux pays.
- Aucun formulaire de détachement (A1, SE…) ne s’applique : un salarié envoyé en Haïti relève, sauf disposition contractuelle spécifique, du régime haïtien (OFATMA) dès qu’il y travaille formellement.
- L’affiliation volontaire à la Caisse des Français de l’étranger (CFE) ou une assurance privée internationale couvrant explicitement l’évacuation sanitaire sont les seules options pour disposer d’une couverture reconnue en France en parallèle.
Pour les foyers aux revenus modestes, le service social du consulat général de France peut orienter, selon les mêmes modalités que dans d’autres postes, vers une aide sous conditions de ressources pour la cotisation à la CFE ; compte tenu du contexte sécuritaire, une vérification directe des modalités d’accès au consulat est recommandée avant tout déplacement.
Quelle assurance selon mon profil
Matrice générale — ne recommande aucun produit ni assureur précis.
| Profil | Contrainte réglementaire | Points d’attention |
|---|---|---|
| Séjour ou mission de courte durée | Aucune assurance légalement exigée ; visa 90 jours gratuit à la frontière, carte Départ/Sòti obligatoire | Territoire formellement déconseillé par France Diplomatie ; couverture médicale et évacuation sanitaire indispensable avant tout départ |
| Volontaire, coopérant, personnel d'ONG ou d'organisation internationale | Statut et couverture généralement définis par l'organisation d'envoi, non par un régime haïtien | Vérifier précisément l'étendue de la couverture fournie (soins, évacuation, rapatriement) auprès de l'organisation employeuse |
| Salarié en emploi formel local | Affiliation obligatoire à l'OFATMA par l'employeur (cotisation de 6 % du salaire de base) | Réseau de soins conventionnés fortement réduit depuis 2024 ; complémentaire privée internationale utile pour l'évacuation sanitaire |
| Résident retraité / rentier | Aucune affiliation automatique à un régime haïtien identifiée dans les sources consultées | Assurance privée internationale ou CFE indispensable, compte tenu de l'absence de convention et de la fragilité du système local |
| Famille avec enfants | Chaque membre doit justifier de son propre statut de résidence ou d'affiliation | Vérifier la couverture pédiatrique, maternité et évacuation sanitaire auprès de l'assureur privé choisi, l'offre de soins locale étant réduite |
Hôpitaux et réseau de soins
- Cap-Haïtien : Hôpital Universitaire Justinien — principal hôpital public du Nord d'Haïti, environ 250 lits, hôpital universitaire formant des résidents en médecine interne, chirurgie générale et médecine familiale.
- Tabarre (Port-au-Prince) : hôpital de traumatologie et grands brûlés de Médecins Sans Frontières — l'une des rares structures encore opérationnelles pour les urgences chirurgicales à Port-au-Prince, sujette à une saturation récurrente selon MSF.
- Tabarre : Hôpital Saint-Damien (Nos Petits Frères et Soeurs / NPH) — hôpital pédiatrique de référence.
- Plateau central (Cange et environs) : réseau Zanmi Lasante / Partners In Health — une quinzaine de cliniques et hôpitaux, principal prestataire de soins hors secteur public du pays ; son établissement de référence, l'Hôpital Universitaire de Mirebalais, est fermé depuis 2025 après des attaques armées.
Démarches
- Avant tout départ : consulter les dernières recommandations de France Diplomatie pour Haïti, le territoire étant formellement déconseillé.
- Avant le départ, quelle que soit la durée du séjour : souscrire une assurance couvrant frais médicaux, hospitalisation et surtout évacuation et rapatriement sanitaire, en l'absence de toute convention franco-haïtienne.
- À l'arrivée : conserver précieusement la carte verte « Départ/Sòti » remise par les autorités, indispensable pour quitter le pays ; s'acquitter de la taxe touristique de 10 USD/EUR.
- Pour un séjour supérieur à 90 jours : demander une régularisation auprès de la Direction de l'Immigration et de l'Émigration (DIE) à Port-au-Prince avant l'expiration du visa initial.
- Dès l'emploi formel local : vérifier l'affiliation à l'OFATMA par l'employeur et l'étendue réelle de la couverture offerte.
- Dès l'arrivée : inscription au registre des Français établis hors de France auprès de l'ambassade de France en Haïti (gratuite), et prise de contact avec le poste pour connaître les consignes de sécurité en vigueur.
- En l'absence de convention de sécurité sociale : adhésion volontaire à la CFE ou souscription d'une assurance privée internationale incluant explicitement l'évacuation sanitaire ; catégorie aidée possible sous conditions de ressources auprès du service social du consulat.
Questions fréquentes
L'assurance santé est-elle obligatoire pour se rendre en Haïti ?
Non, aucun texte consulté n'impose de justificatif d'assurance pour l'entrée sur le territoire. France Diplomatie recommande cependant vivement une couverture des frais médicaux, de l'hospitalisation et du rapatriement sanitaire, l'État français ne pouvant en aucun cas prendre en charge ces frais.
Que signifie concrètement la mise en garde de France Diplomatie pour l'accès aux soins en Haïti ?
France Diplomatie déconseille formellement tout déplacement sur l'ensemble du territoire haïtien en raison de la présence de gangs armés. Cette situation a un impact direct et documenté sur l'accès aux soins : l'hôpital public de référence de Port-au-Prince est fermé depuis 2024, un hôpital de référence du réseau Zanmi Lasante a suspendu son activité après des attaques armées en 2025, et les structures encore opérationnelles pour les urgences chirurgicales sont sujettes à une saturation récurrente selon Médecins Sans Frontières.
Existe-t-il une convention de sécurité sociale entre la France et Haïti ?
Non. Le CLEISS ne publie aucune fiche pays dédiée à Haïti, à la différence de plusieurs pays voisins d'Amérique latine. Aucune coordination des régimes n'existe entre les deux pays.
Un salarié en emploi formel en Haïti est-il couvert par un régime public ?
Les salariés du secteur formel sont affiliés obligatoirement à l'OFATMA (Office d'Assurance Accidents du Travail, Maladie et Maternité), financé par une cotisation de 6 % du salaire de base partagée entre employeur et salarié. Son réseau de soins conventionnés s'est toutefois fortement réduit depuis 2024, ce qui rend une complémentaire privée internationale indispensable, notamment pour l'évacuation sanitaire.
Existe-t-il un programme vacances-travail (PVT) entre la France et Haïti ?
Non. Haïti ne figure pas parmi les quinze pays et territoires partenaires du PVT recensés par France Diplomatie.
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Rédaction Expavy
Sources
- France Diplomatie — Haïti, Santé
- France Diplomatie — Haïti, Sécurité
- France Diplomatie — Haïti, Entrée / séjour
- France Diplomatie — Programme Vacances-Travail (pays partenaires, obligations d'assurance)
- La France en Haïti — Communauté française
- CLEISS — Fiches pays (absence de fiche Haïti)
- Partners In Health — Haïti, réseau Zanmi Lasante
- Partners In Health — Déclaration sur l'attaque armée de l'Hôpital Universitaire de Mirebalais
- Médecins Sans Frontières — Hôpital traumatologique de MSF à Port-au-Prince au bord de la saturation
- OFATMA — présentation, régime et taux de cotisation (cabinet Volmar)
- Banque mondiale — Espérance de vie à la naissance, Haïti
- Banque mondiale — Dépenses de santé courantes (% du PIB), Haïti
- Banque mondiale — Dépenses de santé courantes par habitant, Haïti
- Wikipedia (EN) — Hôpital Universitaire Justinien, Cap-Haïtien