Aller au contenu principal
Santé internationaleExpavy

Fiche pays — Europe

Assurance expatrié et assurance santé en Russie

Rue résidentielle calme d'un quartier ancien de Saint-Pétersbourg, architecture classique russe

En 5 lignes

La Russie et la France n'étant liées par aucune convention bilatérale de sécurité sociale, il n'existe ni carte européenne d'assurance maladie ni formulaire de coordination applicable : un résident salarié ou une personne détenant un titre de séjour russe est affilié à l'assurance médicale obligatoire (OMS, Обязательное медицинское страхование, ОМС), financée par une cotisation sociale unifiée prélevée par l'employeur, tandis qu'un visiteur temporaire (tourisme, visa court séjour) n'y a pas accès et doit présenter, dès la demande de visa, une attestation d'assurance santé couvrant au moins 30 000 € de frais médicaux et de rapatriement. Depuis 2022, les principaux assureurs voyage occidentaux ont cessé de couvrir le territoire russe et les cartes bancaires Visa, Mastercard et American Express émises à l'étranger n'y fonctionnent plus, ce qui complique le règlement de frais médicaux sur place ; les vols directs entre la France et la Russie restent par ailleurs suspendus, allongeant les délais d'une évacuation sanitaire via un pays tiers. Le secteur privé international, concentré à Moscou et Saint-Pétersbourg, reste la référence pour les expatriés en mesure de le financer. Un salarié envoyé en Russie par un employeur français peut être maintenu au régime français par la voie du détachement unilatéral prévu par le droit français (jusqu'à 3 ans renouvelables une fois), sans dispense des éventuelles charges dues localement.

Source : France Diplomatie — Russie, Santé

Chiffres clés

  • 3 531 Français inscrits au registre consulaire en 2025 (+0,77 % sur un an).
  • Espérance de vie à la naissance : 73,25 ans en 2023 (Banque mondiale) — parmi les plus basses d'Europe.
  • Dépenses de santé courantes : 7,04 % du PIB en 2023 (Banque mondiale).
  • Couverture minimale exigée pour l'obtention d'un visa russe : 30 000 € de frais médicaux et de rapatriement (assureurs voyage).

Système de santé local

Le système de santé russe repose sur l’assurance médicale obligatoire (OMS, Обязательное медицинское страхование, ОМС), régime public unique qui finance les soins des personnes assurées auprès des établissements publics et de certains prestataires privés sous contrat. Depuis la réforme entrée en vigueur en 2023 (loi fédérale n° 236-FZ), les cotisations sociales russes — pension, assurance sociale et assurance maladie obligatoire — sont regroupées en une cotisation unique versée par l’employeur, sans détail public du taux spécifique réservé à la part santé. L’affiliation à l’OMS suppose de détenir un statut de résident (citoyen russe ou titulaire d’un titre de séjour temporaire ou permanent) : un visiteur en simple visa de court séjour n’y a pas accès et reste couvert, le cas échéant, par la seule assurance santé souscrite avant le départ.

Le panier OMS couvre les soins de premier recours, les urgences courantes, une large part de la chirurgie et de l’hospitalisation en secteur public ; le dentaire, l’optique, les prothèses et une partie des médicaments restent le plus souvent à la charge du patient. Le système public souffre de disparités marquées selon les régions et d’une pénurie de personnel en dehors des grandes villes, avec un personnel soignant qui ne parle généralement ni anglais ni français. En réponse, un secteur privé international s’est développé à Moscou et à Saint-Pétersbourg, avec des établissements aux standards occidentaux, un personnel multilingue et des délais réduits, à la charge du patient ou de son assurance santé internationale.

Obligations légales et de visa

  • Visa obligatoire pour tout séjour, quelle qu’en soit la durée : passeport valide au moins 6 mois au-delà de la date d’expiration du visa, comportant au moins deux pages vierges. Une carte de migration est délivrée à l’entrée et doit être conservée jusqu’à la sortie du territoire.
  • Assurance santé exigée dès la demande de visa : une attestation couvrant au minimum 30 000 € de frais médicaux et de rapatriement, valable sur tout le territoire russe, doit être présentée au dossier ; son absence entraîne un refus de délivrance.
  • Affiliation à l’OMS : réservée aux personnes disposant d’un statut de résident (titre de séjour temporaire ou permanent) ; un salarié local y est affilié par son employeur, sans démarche personnelle à effectuer.
  • Absence de coordination franco-russe : sans convention bilatérale de sécurité sociale, aucune carte équivalente à la CEAM ni aucun formulaire ne permet à un assuré français de faire valoir ses droits sur place ; hors OMS et hors assurance privée, les soins sont facturés au tarif plein, non communiqué publiquement de façon uniforme.
  • Salarié détaché : en l’absence de convention, le maintien au régime français relève du seul droit français (détachement unilatéral), pour une durée de 3 ans renouvelable une fois, sans dispense des cotisations éventuellement dues en Russie.
  • Enregistrement du lieu d’hébergement : à l’arrivée, le voyageur doit faire enregistrer son passeport et sa carte de migration auprès de son lieu d’hébergement (hôtel ou structure d’accueil), qui notifie l’arrivée aux autorités.

Un dépassement de la durée de séjour autorisée par le visa peut entraîner une mesure d’expulsion assortie d’une interdiction de territoire pouvant aller jusqu’à 5 ans ; en matière de santé, le risque reste avant tout financier en l’absence d’assurance adaptée, sans aide de l’ambassade de France pour les frais médicaux.

Coût de quelques actes médicaux

Ordres de grandeur relevés auprès de sources spécialisées, pas des grilles tarifaires officielles.

Coût de quelques actes médicaux en Russie, secteur public et privé
ActeSecteur publicSecteur privé
Consultation médecin généraliste, assuré OMS (secteur public)Prise en charge (financée par la cotisation employeur)—
Hospitalisation, assuré OMS (secteur public)Prise en charge dans le panier de base—
Consultation en clinique internationale (Moscou, Saint-Pétersbourg)—Tarif variable selon établissement, non communiqué publiquement
Consultation sans affiliation OMS ni assurance privéeTarif plein facturé par l'établissement, non communiqué publiquement de façon uniforme—
Dentaire, optique, prothèses (hors panier OMS de base)Majoritairement à la charge du patientTarif variable selon établissement, non communiqué publiquement

Accords de sécurité sociale avec la France

La France et la Russie ne sont liées par aucune convention bilatérale de sécurité sociale (CLEISS) : il n’existe ni carte européenne d’assurance maladie applicable, ni formulaire A1 ou S1 opposable aux autorités russes, ni mécanisme de remboursement direct entre les deux systèmes.

  • Séjour temporaire : aucune coordination européenne ni bilatérale ne s’applique ; seule l’assurance santé/voyage souscrite avant le départ (exigée pour le visa, à hauteur d’au moins 30 000 €) couvre les frais sur place.
  • Détachement depuis la France : en l’absence de convention, le droit français prévoit un détachement unilatéral de 3 ans renouvelable une fois. Le salarié reste affilié au régime français, avec des cotisations versées en France, mais sans dispense des cotisations éventuellement dues en Russie. Les soins reçus sur place sont remboursés a posteriori par la caisse française, dans la limite des tarifs français, sur présentation de justificatifs et du formulaire S3125.
  • Installation durable : affiliation à l’OMS conditionnée à l’obtention d’un titre de séjour russe ; aucun transfert de droits depuis la France n’est prévu, retraité compris.
  • Depuis 2022, la plupart des assureurs voyage et santé occidentaux (dont les assureurs français) excluent le territoire russe de leurs contrats standards, les sanctions économiques ayant rendu impossible le transfert de fonds vers la Russie ; une couverture localement valable suppose généralement de souscrire auprès d’un assureur agréé en Russie. Les cartes bancaires Visa, Mastercard et American Express émises hors de Russie n’y sont plus utilisables depuis mars 2022, ce qui complique le règlement direct de frais médicaux sur place.

Quelle assurance selon mon profil

Matrice générale — ne recommande aucun produit ni assureur précis.

Quelle assurance selon le profil, pour Russie
ProfilContrainte réglementairePoints d’attention
Tourisme / visa court séjourAssurance santé/rapatriement d'au moins 30 000 € exigée dès la demande de visaVérifier que l'assureur choisi couvre effectivement le territoire russe et reste opérationnel localement
ÉtudiantPas d'accès à l'OMS sans titre de séjour ; assurance étudiante ou voyage à souscrire avant le départCouverture à maintenir pendant toute la durée du visa étudiant
Salarié détachéDétachement unilatéral français (3 ans renouvelable une fois), sans dispense des charges russes éventuellesRemboursement des soins locaux limité aux tarifs français (formulaire S3125) ; complémentaire recommandée pour l'accès rapide au privé
Salarié local / résident installéAffiliation OMS par l'employeur, conditionnée à l'obtention d'un titre de séjour russePanier OMS limité (dentaire, optique, prothèses hors base) ; secteur privé international recommandé pour un accès rapide aux soins
Indépendant / freelanceStatut et affiliation à vérifier au cas par cas, aucune coordination avec le régime françaisModalités précises non communiquées de façon uniforme ; assurance santé internationale privée fortement recommandée
RetraitéAucun transfert de droits depuis la France (pas de formulaire S1 applicable)Assurance santé internationale indispensable en l'absence d'affiliation locale automatique

Hôpitaux et réseau de soins

  • Moscou : Institut Sklifossovski (N.V. Sklifosovsky Research Institute for Emergency Medicine), principal centre public de médecine d'urgence et de traumatologie de la capitale.
  • Moscou : European Medical Center (EMC) et GMS Clinic, cliniques privées internationales aux standards occidentaux, personnel en partie francophone et anglophone, urgences 24h/24.
  • Saint-Pétersbourg : American Medical Clinic et clinique internationale MEDSI, établissements privés ouverts 24h/24 travaillant avec plusieurs assureurs internationaux.

Démarches

  1. Avant le départ : signaler son départ aux organismes français (CPAM, CAF, France Travail, caisses de retraite).
  2. Avant la demande de visa : souscrire une assurance santé/rapatriement couvrant au moins 30 000 €, valable sur tout le territoire russe, et vérifier auprès de l'assureur que la Russie est effectivement couverte.
  3. Salarié détaché : organiser avec l'employeur le détachement unilatéral auprès de sa caisse française avant le départ (durée maximale 3 ans renouvelable une fois).
  4. Constituer le dossier de visa (passeport valide 6 mois au-delà du visa, deux pages vierges minimum, attestation d'assurance) auprès des autorités consulaires russes.
  5. Dès l'arrivée : faire enregistrer le passeport et la carte de migration auprès du lieu d'hébergement.
  6. Salarié local : vérifier auprès de l'employeur l'affiliation à l'OMS, conditionnée à l'obtention d'un titre de séjour.
  7. Conserver les justificatifs de soins et le formulaire S3125 pour toute demande de remboursement a posteriori auprès de la caisse française (cas du détachement).
  8. Inscription au registre des Français établis hors de France (ambassade de France à Moscou ou consulat concerné).

Questions fréquentes

Existe-t-il une convention de sécurité sociale entre la France et la Russie ?

Non. Aucune convention bilatérale de sécurité sociale ne lie la France et la Russie : ni carte européenne d'assurance maladie, ni formulaire A1 ou S1 ne s'appliquent, et aucun mécanisme de coordination ne relie les deux systèmes.

Une assurance santé est-elle obligatoire pour obtenir un visa russe ?

Oui. Une attestation d'assurance couvrant au moins 30 000 € de frais médicaux et de rapatriement, valable sur tout le territoire russe, doit être présentée au dossier de demande de visa ; son absence entraîne un refus.

Les assurances santé françaises fonctionnent-elles en Russie ?

Depuis 2022, la plupart des assureurs voyage et santé occidentaux, dont les assureurs français, excluent le territoire russe de leurs contrats standards, les sanctions économiques ayant rendu impossible le transfert de fonds vers la Russie. Une couverture localement valable suppose généralement de souscrire auprès d'un assureur agréé en Russie.

Peut-on régler des frais médicaux en Russie avec une carte bancaire française ?

Non. Les cartes Visa, Mastercard et American Express émises hors de Russie n'y sont plus utilisables depuis mars 2022, ce qui complique le règlement direct de frais médicaux sur place.

Un salarié détaché depuis la France doit-il s'affilier à l'assurance russe (OMS) ?

Non, s'il bénéficie du détachement unilatéral prévu par le droit français en l'absence de convention (jusqu'à 3 ans renouvelable une fois). Il reste affilié au régime français, mais n'est pas pour autant dispensé des cotisations éventuellement dues en Russie.

L'ambassade de France peut-elle organiser une évacuation sanitaire rapide en cas d'urgence grave ?

Les vols directs entre la France et la Russie restent suspendus, ce qui allonge les délais d'un rapatriement sanitaire, généralement organisé via un pays tiers. Les frais restent à la charge du patient ou de son assurance ; l'ambassade ne prend pas en charge les dépenses médicales.

Vous partez vous installer à destination de Russie ? Obtenir un devis